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Illustration |
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La
Traversée par mer
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La traversée par mer est l’un des moments les plus risqués et
décisifs des croisades : les armées chrétiennes doivent quitter l’Europe pour
atteindre la Terre sainte, et cela implique de franchir la
Méditerranée, un espace dominé par les flottes italiennes. Les croisés
embarquent depuis Venise, Gênes, Pise,
Marseille, parfois depuis Brindisi ou
Bari. Les navires sont des nef, des galères,
des cogges, chargés de soldats, chevaux, vivres, armes. La mer
n’est pas un simple trajet : c’est un enjeu stratégique. Les Italiens contrôlent
les routes, fixent les prix, imposent leurs conditions. La traversée est
dangereuse : tempêtes, naufrages, pirates, maladies, manque d’eau. La
Quatrième croisade en est l’exemple parfait : les croisés, incapables
de payer Venise, se retrouvent détournés vers Zara,
puis vers Constantinople, preuve que la mer peut décider du
destin d’une croisade. |
Les
voyages
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Les voyages, dans le monde médiéval, sont bien plus que des déplacements
: ce sont des épreuves, des rites, des
aventures, des risques, des
rencontres, des transformations. Qu’on parle
des pèlerins vers Jérusalem, des marchands arabes vers
l’Inde, des croisés traversant la Méditerranée,
ou des érudits se rendant à Bagdad, chaque voyage est
une traversée du danger et du monde. Les routes sont longues, les mers
imprévisibles, les déserts hostiles, les montagnes infranchissables. On
voyage à pied, à cheval, en caravane, en nef, en galère. On dort dans
des caravansérails, des monastères, des campements. On affronte les
tempêtes, les pirates, les brigands, les maladies. Mais le voyage est
aussi un carrefour de cultures : on échange des idées,
des objets, des langues, des croyances. Les voyageurs rapportent des
récits, des cartes, des savoirs, des marchandises. |
L'Orient à l'époque des croisades
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L’Orient au temps des croisades est un monde riche,
puissant, structuré, loin de l’image
d’un espace chaotique. Les grandes forces régionales —
Seldjoukides, Fatimides, puis Zengides,
Ayyoubides de Saladin — dominent un
territoire immense allant de l’Anatolie à l’Égypte. Les villes sont des
centres brillants : Damas, Alep,
Bagdad, Le Caire, Antioche.
On y trouve des marchés, des savants, des artisans, des bibliothèques,
des mosquées, des madrasas. L’économie repose sur le commerce des
épices, de la soie, du sucre, des armes, des chevaux. Les routes
caravanières relient l’Inde, la Perse, l’Arabie, la Méditerranée.
Politiquement, l’Orient n’est pas un bloc : il est traversé par des
rivalités entre dynasties, entre sunnites et chiites, entre Turcs,
Arabes, Kurdes. Cette fragmentation explique la réussite initiale des
croisés, mais la puissance de chefs comme Nûr ad‑Dîn ou
Saladin permet ensuite une reconquête méthodique. |
L'influence arabe
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L’influence arabe, du VIIᵉ au XIIIᵉ siècle, est immense : elle traverse
les sciences, les arts, les techniques, la pensée, la langue, et façonne
durablement l’Europe médiévale. Les savants arabes et persans —
Ibn Sînâ, Al‑Khwarizmi, Al‑Farabi,
Ibn Rushd — transmettent l’algèbre, la médecine, la
philosophie grecque, l’astronomie indienne, la cartographie, la chimie.
Les villes comme Bagdad, Damas,
Cordoue, Le Caire deviennent des
centres intellectuels où circulent manuscrits, instruments, idées.
L’Europe reçoit ces savoirs par Tolède, Sicile,
les marchands italiens, les contacts des croisades. Dans la langue
française, des centaines de mots viennent de l’arabe : alcool,
algèbre, zéro, safari,
nadir, azimut, coton,
sucre, tasse, matelas.
Dans les arts, les arabesques, les motifs géométriques,
la calligraphie, les mosaïques influencent l’Espagne,
la Sicile, puis l’Italie. Dans les techniques, l’irrigation, les
moulins, les instruments de navigation, le papier, les systèmes de
comptabilité se diffusent. |
L'attrait de l'Orient
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L’attrait de l’Orient, au temps des croisades et du Moyen Âge, est
immense : pour les Européens, c’est un monde de richesses,
de raffinement, de mystères, de
savoirs, de luxes inconnus en
Occident. Les récits de voyageurs comme Ibn Jubayr,
Marco Polo, ou les chroniques des croisés décrivent des
villes éclatantes — Damas, Alep,
Bagdad, Le Caire — où abondent les
marchés, les parfums, les étoffes, les épices, les jardins, les
bibliothèques. L’Orient fascine par ses palais, ses
mosquées, ses bazars, ses
caravanes, ses routes de la soie, ses savants,
ses médecins, ses astronomes. Pour les chevaliers, c’est un monde plus
riche, plus organisé, plus cultivé que l’Europe féodale. Pour les
marchands italiens, c’est une source de profits colossaux. Pour les
pèlerins, c’est la terre sacrée. |
L'architecture des Croisés
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L’architecture des Croisés n’est pas un style autonome : c’est un
mélange, un hybride, né de la
rencontre entre l’Occident féodal et l’Orient musulman. Les croisés
importent en Terre sainte leurs techniques : châteaux massifs,
donjons, murailles épaisses,
plans rectangulaires, comme en Europe. Mais une fois sur place,
ils doivent s’adapter : ils adoptent les voûtes brisées,
les arcades en plein cintre, les salles
hypostyles, les citernes, les murs
inclinés, les barbacanes, hérités des
traditions byzantines et arabes. Les grandes forteresses comme le
Krak des Chevaliers, Margat,
Belvoir, Montfort, ou Saône
deviennent des chefs‑d’œuvre de l’architecture militaire : terrasses,
glacis, tours rondes, défenses en profondeur, systèmes de tir croisés.
Les croisés construisent aussi des églises mêlant influences latines et
orientales : arcs outrepassés, décor sobre, pierres claires. |
Les
Etats Chrétiens de Terre Sainte
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Les États chrétiens de Terre sainte, nés après la Première
croisade (1099), forment un ensemble fragile mais ambitieux :
le royaume de Jérusalem, la principauté
d’Antioche, le comté d’Édesse et le
comté de Tripoli. Ce ne sont pas des copies de l’Europe : ce
sont des États latins d’Orient, mêlant institutions
féodales occidentales et réalités politiques orientales. Les croisés y
construisent des forteresses puissantes, comme le Krak des
Chevaliers ou Belvoir, organisent des
seigneuries, des ordres militaires (Templiers,
Hospitaliers), et s’appuient sur les populations locales —
Arabes, Syriens, Arméniens — pour l’agriculture, le commerce,
l’administration. Leur survie dépend des alliances, des mariages, des
pactes avec les princes musulmans, car ils sont entourés de puissances
comme les Seldjoukides, les Zengides,
puis les Ayyoubides de Saladin |
La
1ère croisade (1096-99) |
La Première croisade naît de l’appel d’Urbain
II au concile de Clermont (1095), dans un
contexte où Byzance, menacée par les Seldjoukides,
demande de l’aide. Des dizaines de milliers d’hommes — chevaliers,
seigneurs, pèlerins — se mettent en route vers l’Orient. Après les
expéditions désordonnées de la “croisade populaire”, les armées féodales
franchissent l’Anatolie, remportent la victoire décisive de
Dorylée, puis assiègent Antioche dans une
lutte terrible où famine, trahisons et miracles supposés se mêlent. Une
fois Antioche prise, les croisés marchent vers Jérusalem,
qu’ils assiègent en 1099 et conquièrent après un assaut final d’une
violence extrême. La croisade se termine par la création des
États latins d’Orient : royaume de Jérusalem,
Antioche, Édesse, Tripoli |
(1099-1147)
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Entre 1099 (prise de Jérusalem) et
1147
(départ de la Deuxième croisade), l’Orient latin vit une période
décisive : les croisés, victorieux mais minoritaires, doivent
consolider, organiser et défendre
leurs nouveaux États. Le royaume de Jérusalem s’étend,
construit des forteresses, organise des seigneuries, développe le
commerce avec l’Europe. Les Templiers (fondés en 1119)
et les Hospitaliers deviennent des forces militaires
essentielles. Mais les États latins restent fragiles : le comté
d’Édesse est isolé, la principauté d’Antioche
menacée par les Seldjoukides, et les Latins doivent
sans cesse négocier avec les princes musulmans. En parallèle, l’Orient
musulman se réorganise : montée de Zengî, renforcement
des Seldjoukides, rivalités entre Damas et Alep.
Le tournant arrive en 1144 : Zengî prend Édesse,
premier État latin à tomber, choc immense en Europe |
La
2ème croisade (1147-49)
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La Deuxième croisade est lancée après la chute du
comté d’Édesse (1144), premier État latin fondé en
Orient. L’émotion en Europe est immense : le pape Eugène III
appelle à une nouvelle expédition, prêchée avec force par
Bernard de Clairvaux. Deux rois se joignent à la croisade, fait
exceptionnel : Louis VII de France et Conrad
III d’Allemagne. Mais la campagne tourne au désastre. Les
armées allemandes sont décimées en Anatolie par les Seldjoukides,
les Français souffrent de famine, de trahisons et d’embuscades. Arrivés
en Terre sainte, les croisés échouent à prendre Damas,
pourtant alliée ponctuelle des Latins, erreur stratégique majeure qui
ruine la croisade. |
(1149-89)
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Entre 1149 (fin de la Deuxième croisade) et
1189 (début de la Troisième), les États latins d’Orient vivent
une période de recul, de tensions internes
et de montée en puissance musulmane. Après l’échec de
la croisade, les Latins restent divisés : querelles entre barons,
rivalités entre Templiers et Hospitaliers,
conflits dynastiques à Antioche et Jérusalem.
Pendant ce temps, l’Orient musulman se réunit sous des chefs
exceptionnels : Nûr ad‑Dîn unifie Alep et Damas, impose
une discipline militaire, renforce le jihad, affaiblit les Latins par
une pression constante. En 1174, son héritier
Saladin prend le relais, conquiert l’Égypte, puis la Syrie,
bâtissant un État puissant et cohérent. Les Latins, eux, s’enfoncent
dans les crises : la régence de Raymond III, les
intrigues de Renaud de Châtillon, les tensions autour
de Guy de Lusignan, les erreurs stratégiques répétées.
Le tournant arrive en 1187 : Saladin écrase l’armée
franque à Hattîn, capture la Vraie Croix, puis reprend
Jérusalem et presque toutes les villes latines |
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La
3ème croisade (1189-92) |
La Troisième croisade naît du choc immense provoqué par
la prise de Jérusalem par Saladin en
1187. L’Europe réagit en mobilisant trois souverains :
Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre,
Philippe Auguste, roi de France, et Frédéric
Barberousse, empereur germanique. Barberousse meurt noyé en
route, son armée se disperse ; Philippe Auguste rentre en France après
la prise d’Acre ; Richard reste seul face à Saladin. La
croisade est marquée par des épisodes spectaculaires : le siège d’Acre,
les victoires de Richard à Arsouf et Jaffa,
les négociations fines entre les deux chefs, mêlant respect, diplomatie
et stratégie. Richard ne parvient pas à reprendre Jérusalem : manque de
troupes, divisions latines, logistique impossible. La croisade se
termine par une trêve (1192) : les Francs conservent la
côte (Acre, Jaffa), les pèlerins chrétiens obtiennent l’accès à
Jérusalem, mais la ville reste sous contrôle musulman |
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(1192-1202) |
Entre 1192 (fin de la Troisième croisade) et
1202 (départ de la Quatrième), l’Orient latin vit une période
de réorganisation fragile, tandis que l’Europe prépare
une nouvelle expédition. Après la trêve conclue entre Richard
Cœur de Lion et Saladin, les Francs conservent
une bande côtière autour d’Acre, Jaffa,
Beyrouth, mais perdent l’intérieur du pays. Le
royaume de Jérusalem n’a plus Jérusalem : il est désormais basé
à Acre, dirigé par des régents et des barons souvent
divisés. Les ordres militaires — Templiers,
Hospitaliers — deviennent les véritables forces armées du
royaume. Du côté musulman, la mort de Saladin (1193)
ouvre une période de rivalités entre ses héritiers, mais l’équilibre
général reste défavorable aux Latins. En Europe, l’idée d’une nouvelle
croisade renaît : le pape Innocent III, élu en 1198,
prêche avec énergie une expédition destinée à reprendre Jérusalem. Les
princes hésitent, mais les villes italiennes — surtout Venise
— voient une opportunité. |
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La
4ème croisade (1202-04) |
La Quatrième croisade est la plus étonnante, la plus
détournée, la plus scandaleuse de toutes. Prêchée par Innocent
III pour reprendre Jérusalem, elle se
transforme en une expédition totalement déviée. Les croisés, incapables
de payer Venise pour le transport, acceptent d’aider la
cité à reprendre Zara, pourtant chrétienne, provoquant
la colère du pape. Puis, manipulés par les intérêts vénitiens et les
prétentions byzantines du prince Alexis IV, ils se
dirigent vers Constantinople. En 1203, ils imposent
Alexis IV comme empereur, mais les tensions explosent. En 1204,
les croisés assiègent et pillent Constantinople, l’une
des plus grandes villes du monde, dans un sac d’une violence extrême :
incendies, massacres, profanations, trésors emportés. Ils fondent l’Empire
latin de Constantinople, tandis que les Byzantins se replient à
Nicée, Trébizonde et Épire. |
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(1204-17) |
Entre 1204 (sac de Constantinople) et 1217
(départ de la Cinquième croisade), le monde latin et oriental traverse
une période de recomposition, de crises
et de rééquilibrages. Après la Quatrième croisade, les
Latins fondent l’Empire latin de Constantinople, mais
il est faible, mal défendu,
constamment attaqué par les États grecs de Nicée,
Trébizonde et Épire. Les Byzantins,
loin d’être vaincus, se réorganisent rapidement : Théodore
Lascaris à Nicée reconstruit un État solide, qui devient le
principal adversaire des Latins. En Terre sainte, le royaume de
Jérusalem reste basé à Acre, dirigé par des
régents, tandis que les Templiers et
Hospitaliers assurent la défense. L’Orient musulman, lui, se
renforce : les Ayyoubides règnent sur l’Égypte et la
Syrie, mais sont divisés entre plusieurs princes, ce qui crée des
opportunités pour les Latins. En Europe, le pape Innocent III
poursuit son immense effort de mobilisation : conciles, prédications,
organisation financière. Il prépare une nouvelle croisade, plus
structurée, plus méthodique, visant l’Égypte, considérée comme la clé de
Jérusalem |
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La
5ème croisade (1217-21) |
La Cinquième croisade est la première tentative
vraiment stratégique depuis longtemps : frapper
l’Égypte, cœur économique et militaire des Ayyoubides,
pour forcer ensuite la restitution de Jérusalem. En
1217, les armées croisées — Hongrois, Autrichiens,
Frisons, puis Français et Anglais — arrivent en Terre sainte, mais leurs
opérations en Palestine sont stériles. En 1218,
la croisade se concentre enfin sur son objectif : Damiette,
grande ville du delta du Nil. Le siège est long, difficile, mais les
croisés finissent par prendre la ville en 1219,
victoire majeure. Pourtant, les Latins refusent une offre incroyable :
le sultan Al‑Kâmil propose de rendre Jérusalem
en échange de Damiette. Les chefs croisés, divisés, rejettent l’accord.
En 1221, ils tentent de marcher vers Le Caire,
mais la crue du Nil les piège ; Al‑Kâmil encercle l’armée, qui doit
capituler et rendre Damiette. |
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(1221-28) |
Entre 1221 (échec de la Cinquième croisade) et
1228 (départ de Frédéric II), le monde latin traverse une
période de attente, tensions politiques
et recomposition diplomatique. Après la catastrophe du
Nil, les États latins restent cantonnés à Acre,
Jaffa, Beyrouth, incapables de reprendre
l’initiative. L’Europe, elle, mise désormais sur un homme :
Frédéric II, empereur du Saint‑Empire, qui a juré de partir en
croisade mais retarde sans cesse son départ, provoquant
la colère du pape Honorius III, puis celle de
Grégoire IX. Pendant ce temps, les Ayyoubides
se divisent : Al‑Kâmil règne en Égypte, Al‑Mu’azzam
à Damas, Al‑Ashraf à Alep. Ces rivalités ouvrent une
fenêtre diplomatique : Al‑Kâmil cherche un accord avec l’Occident pour
se protéger de ses frères. Frédéric II en profite : il entretient une
correspondance secrète avec le sultan, préparant une
croisade plus diplomatique que militaire. |
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La
6ème croisade (1228-29) |
La Sixième croisade est unique : c’est la
croisade sans bataille, menée par Frédéric II,
empereur du Saint‑Empire, excommunié par le pape Grégoire IX
au moment même où il embarque pour l’Orient. Arrivé en Terre sainte en
1228, Frédéric II ne cherche pas l’affrontement : il exploite les
rivalités internes des Ayyoubides. Le sultan d’Égypte,
Al‑Kâmil, menacé par ses frères, préfère négocier. En
février 1229, un traité stupéfiant est signé :
Jérusalem est rendue aux Latins, ainsi que Bethléem
et Nazareth, sans combat. Les musulmans conservent le
Haram al‑Sharif (esplanade du Temple), et les
forteresses stratégiques restent hors de portée des Francs. Frédéric II
entre dans Jérusalem et s’y couronne lui‑même, malgré
l’excommunication. |
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(1229-48) |
Entre 1229 (traité de Frédéric II) et 1248
(départ de la Septième croisade), les États latins vivent une période de
fragilité, de guerres internes et de
reconquête musulmane progressive. Après la récupération
pacifique de Jérusalem, les Francs restent profondément
divisés : querelles entre les partisans de Frédéric II
et ceux du pape, rivalités entre Templiers et
Hospitaliers, tensions entre les barons locaux et les régents
impériaux. En 1240‑1241, les Barons de la
croisade (Thibaut de Champagne, Richard de Cornouailles)
obtiennent quelques succès diplomatiques, mais rien de durable. Pendant
ce temps, les Ayyoubides se réorganisent : Al‑Kâmil
meurt, Al‑Salih Ayyoub prend le pouvoir en Égypte et
prépare la revanche. En 1244, un événement majeur
survient : les Khwarezmiens, nomades redoutables,
déferlent sur la Palestine, saccagent Jérusalem et
écrasent les Francs à La Forbie, bataille
catastrophique qui anéantit l’armée du royaume. Dès lors, les Latins ne
contrôlent plus que la côte autour d’Acre. L’Europe
réagit : le roi de France Louis IX, profondément
religieux, prépare une nouvelle croisade, méthodique, massive, visant
encore une fois l’Égypte, clé stratégique de la région. |
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La
7ème croisade (1248-54) |
La Septième croisade est l’œuvre personnelle de
Louis IX, roi de France, animé d’une foi intense et d’une
volonté de restaurer les États latins après les désastres de La
Forbie (1244). Le plan est clair : frapper l’Égypte,
cœur stratégique des Ayyoubides, pour ensuite récupérer
Jérusalem. En 1249, les croisés
prennent Damiette sans résistance, victoire éclatante
qui semble annoncer un succès rapide. Mais l’expédition s’enlise :
lenteur, maladies, chaleur, manque de coordination. En 1250,
l’armée avance vers Le Caire, mais est stoppée à
Mansourah, où les troupes du sultan Al‑Salih
Ayyoub, puis de son fils Turan Shah, infligent
une défaite sévère. Louis IX est capturé, son armée
décimée. Damiette doit être rendue pour obtenir sa libération. Le roi
reste ensuite en Terre sainte jusqu’en 1254,
réorganisant les forteresses, apaisant les querelles entre barons,
Templiers et Hospitaliers, et
stabilisant ce qui peut l’être autour d’Acre |
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(1254-70) |
Entre 1254 (retour de Louis IX en France) et
1270 (départ de sa dernière croisade), les États latins
d’Orient vivent une période de affaiblissement continu,
de guerres internes, et de pression musulmane
croissante. Après le départ du roi, les Francs retombent dans
leurs travers : rivalités entre les grandes familles (notamment les
Lusignan), conflits entre Templiers et
Hospitaliers, querelles entre les barons d’Acre,
incapables de s’unir. Pendant ce temps, une nouvelle puissance surgit :
les Mamelouks, anciens esclaves-soldats d’Égypte, menés
par des chefs redoutables comme Baybars. Ils reprennent
l’initiative militaire : en 1260, ils écrasent les
Mongols à Aïn Djalout, devenant les
maîtres de la Syrie. Dès lors, ils s’attaquent méthodiquement aux
forteresses latines : Césarée, Arsouf,
Safed, Jaffa, Antioche
(prise en 1268, catastrophe majeure). Les États latins se réduisent à
une poignée de ports autour d’Acre. En Europe, Louis IX, profondément
marqué par l’effondrement progressif de la Terre sainte, prépare une
nouvelle croisade, mais choisit une cible inattendue : Tunis,
espérant convertir son souverain et ouvrir une voie stratégique vers
l’Égypte. |
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La
dernière croisade (1270) |
La dernière croisade, celle de 1270,
est l’ultime expédition de Louis IX, roi de France, et
la dernière croisade médiévale menée par un souverain occidental. Après
l’effondrement progressif des États latins sous les coups des
Mamelouks, Louis IX veut relancer l’effort chrétien, mais
choisit une cible inattendue : Tunis. Il espère
convertir son souverain, al‑Mustansir, et ouvrir une
voie stratégique vers l’Égypte. L’armée débarque en été 1270, mais la
campagne tourne au désastre : chaleur écrasante, manque d’eau, maladies.
Une épidémie ravage le camp ; Louis IX meurt le 25 août
1270, événement qui brise la croisade. Son frère Charles d’Anjou,
roi de Sicile, négocie une paix rapide avec Tunis, obtenant des
avantages commerciaux mais aucun gain stratégique pour la Terre sainte. |
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Etats
Chrétiens de Terre Sainte |
Les États chrétiens de Terre sainte, appelés
États latins d’Orient ou Outremer, sont les
quatre entités politiques fondées par les croisés après la
Première croisade : le comté d’Édesse
(1098‑1150), la principauté d’Antioche (1098‑1268), le
comté de Tripoli (1102‑1289) et le royaume de
Jérusalem (1099‑1291). Ces États, organisés selon la
féodalité occidentale, étaient minoritaires au milieu de
populations locales arabes, syriaques, arméniennes et grecques. Leur
apogée se situe vers 1130‑1140, avant la chute d’Édesse en 1144. Ils
survivent ensuite deux siècles, mais s’effondrent progressivement sous
la pression des Zengides, des Ayyoubides
de Saladin, puis des Mamelouks, qui
prennent Antioche en 1268, Tripoli en
1289 et Acre en 1291, mettant fin au royaume de
Jérusalem |
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