Le genre Arapaima
regroupe les plus grands poissons d’eau douce d’Amérique du Sud,
adaptés aux eaux pauvres en oxygène et comprenant aujourd’hui
cinq espèces reconnues. Voici une synthèse complète, structurée
et fondée sur les sources disponibles .
Les
Arapaima
sont de très grands poissons néotropicaux au corps cylindrique,
massif et fuselé, devenant plus comprimé vers l’arrière. Leur
tête est recouverte de plaques osseuses, leur bouche porte une
langue osseuse dentée,
caractéristique des
Osteoglossiformes,
et leurs écailles sont
fortement minéralisées,
formant une véritable armure protectrice contre les prédateurs
comme les piranhas . Les adultes présentent une coloration
gris‑brun avec des marques rouges sur la partie postérieure du
corps.
Les
Arapaima
sont
natifs du bassin de l’Amazone,
présents au
Brésil,
en
Colombie,
au
Pérou,
en
Équateur,
au
Guyana
et dans le bassin du
Tocantins
. Ils vivent dans les
lacs de plaine inondable,
les
grands affluents,
les
forêts inondées (várzea)
et les
zones marécageuses
souvent pauvres en oxygène, ce qui explique leur capacité à
respirer l’air atmosphérique
grâce à une vessie natatoire modifiée .
Les
Arapaima
comptent parmi les plus grands poissons d’eau douce du monde.
Des individus historiques dépassaient
3 m
et
150–200 kg,
même si la taille moyenne actuelle est plutôt de
2 m
pour
100–125 kg,
en raison de la surexploitation . La taille maximale documentée
atteint environ
2,90 m
.
Les
Arapaima
sont des prédateurs opportunistes, se nourrissant de poissons,
crustacés et parfois de petits vertébrés. Ils doivent remonter à
la surface toutes les 5 à 15 minutes pour respirer. Leur
comportement est fortement influencé par le
cycle des crues
: ils exploitent les zones inondées en saison humide et se
concentrent dans les lacs résiduels en saison sèche. Les adultes
ont peu de prédateurs naturels grâce à leur taille et leurs
écailles renforcées. Les juvéniles peuvent être prédatés par des
poissons carnivores, des oiseaux et des reptiles. Le principal
prédateur reste
l’humain,
via la pêche intensive.
La reproduction est
saisonnière
et synchronisée avec la baisse des eaux. Les
Arapaima
construisent un
nid circulaire
d’environ 50 cm
de diamètre dans un fond sableux durant la saison sèche
(février–avril). Les œufs éclosent lorsque les eaux montent,
permettant aux jeunes de profiter de la saison des crues
(mai–août) pour se développer dans les zones inondées riches en
nourriture . Les parents, surtout le mâle, assurent une
protection active
des jeunes.
Le genre Arapaima,
longtemps considéré comme monotypique, comprend aujourd’hui cinq
espèces reconnues grâce aux travaux de
Stewart (2013)
:
Arapaima gigas,
Arapaima arapaima,
Arapaima mapae,
Arapaima agassizii
et
Arapaima à museau fin,
ces espèces se distinguant par des critères morphologiques
précis ainsi que par une répartition plus fine et régionalisée
au sein du bassin de l’Amazone.
La pêche des Arapaima,
notamment
Arapaima gigas,
est historiquement très importante en
Amazonie,
où ce poisson géant constitue une ressource alimentaire majeure
pour les communautés locales, mais la surexploitation au XXᵉ
siècle a entraîné un effondrement des populations sauvages,
poussant plusieurs pays comme le
Brésil,
le
Pérou
et la
Colombie
à instaurer des quotas, des saisons de pêche strictes et des
programmes de gestion communautaire tels que les réserves de «várzea»,
tandis que la consommation reste principalement locale sous
forme de filets frais ou séchés, même si l’exportation
internationale augmente via l’aquaculture, notamment vers l’Asie,
l’Europe**
et l’Amérique
du Nord,
où l’arapaïma est apprécié pour sa chair maigre et sans arêtes,
la pêche durable étant aujourd’hui considérée comme un modèle de
gestion participative en Amazonie, bien que les pressions
illégales persistent dans certaines zones isolées.
Le genre Arapaima comprend cinq espèces
reconnues —
Arapaima gigas,
Arapaima arapaima,
Arapaima mapae,
Arapaima agassizii et
Arapaima leptosome — qui partagent une
silhouette allongée, un corps cuirassé d’écailles ganoïdes et
une respiration aérienne obligatoire, mais se distinguent par
plusieurs critères morphologiques précis : A. gigas,
l’espèce la plus massive, atteint 2 à 3 m
(parfois plus), possède un corps très large,
une tête massive, et des marbrures
rouges bien marquées sur la partie postérieure du corps
; ses écailles sont grandes, épaisses et fortement pigmentées ;
A. arapaima, morphologiquement proche mais
distinct, présente une tête plus allongée, un
profil plus fin, et des motifs rouges
moins étendus, souvent limités à la queue ; il montre
aussi une forme de crâne légèrement différente, avec un museau
plus étroit ; A. mapae, plus petit (souvent
1,5 à 2 m), possède un corps plus
élancé, une tête plus triangulaire, et
une coloration globalement plus sombre, avec des reflets rouges
discrets ; il se distingue aussi par des variations dans la
forme des écailles et la structure des nageoires ; A.
agassizii, espèce rare, montre un corps plus
cylindrique, une tête plus fine, et
une coloration moins contrastée, avec peu ou
pas de rouge ; ses écailles sont légèrement plus petites et son
profil général est plus gracile ; A. leptosome,
la plus élancée du genre, possède un corps très fin,
une tête étroite, un profil fusiforme,
et une coloration plus uniforme, souvent gris‑olive, avec des
marques rouges très réduites ; c’est l’espèce la plus
“hydrodynamique” morphologiquement ; en résumé, A. gigas
est le plus massif et le plus rouge, A. arapaima est
plus fin avec un museau étroit, A. mapae est plus petit
et sombre, A. agassizii est gracile et peu coloré, et
A. leptosome est l’espèce la plus élancée et la moins
marquée.