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Humus (Décomposition des matières organiques)

1. Description du biotope
2. Richesse des espèces
3. Particularité et adaptation au climat
4. Faune présente dans l'Humus (Décomposition des matières
organiques) |
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L’humus est la
couche supérieure du sol forestier,
sombre, légère et riche en matière organique décomposée ; il se
forme par la
décomposition des feuilles, bois morts, mousses, racines, cadavres
d’animaux et excréments,
sous l’action combinée des champignons, bactéries et animaux du sol
; ce biotope est un
milieu humide, acide ou neutre selon les forêts,
très riche en micro‑habitats (galeries, pores, agrégats, débris
végétaux), où la matière organique passe progressivement de l’état
frais à l’état humifié.
La richesse spécifique de l’humus est
exceptionnellement élevée,
comparable à celle d’un récif corallien à l’échelle du sol ; on y
trouve des milliers d’espèces de
bactéries,
champignons,
acariens,
collemboles,
vers de terre,
coléoptères,
diptères,
myriapodes,
ainsi que de nombreux micro‑organismes invisibles ; cette
biodiversité constitue la
faune du sol,
un réseau complexe où chaque groupe joue un rôle dans la
fragmentation, la digestion ou la minéralisation de la matière
organique.
L’humus
est présent partout où la matière organique peut se décomposer, mais
il est surtout abondant dans les zones tempérées humides,
les forêts boréales, les forêts tropicales
de montagne et les régions à sols riches en litière
; dans les
forêts tempérées d’Europe, d’Amérique du Nord et
d’Asie orientale, l’humus est très développé grâce à l’alternance
saisonnière, aux feuilles mortes abondantes et à l’activité intense
des décomposeurs ; dans la
taïga,
l’humus s’accumule en couches épaisses et acides (mor) car la
décomposition est lente à cause du froid, ce qui crée de vastes sols
podzoliques riches en matière organique partiellement dégradée ;
dans les
forêts tropicales humides, l’humus est
paradoxalement peu épais car la décomposition est extrêmement
rapide, mais il est continuellement renouvelé par la chute massive
de feuilles et de débris végétaux ; dans les régions
méditerranéennes, l’humus est plus mince et discontinu à
cause de la sécheresse estivale qui ralentit l’activité des
décomposeurs ; dans les zones froides de montagne
(Alpes, Andes, Rocheuses, Himalaya), l’humus s’accumule dans les
sous‑bois humides et les sols acides, souvent sous forme de mor ou
moder ; dans les prairies tempérées d’Amérique du
Nord, d’Asie centrale et d’Europe de l’Est, l’humus est très riche
et profond (mull) grâce à l’abondance de racines herbacées et à
l’activité intense des vers de terre ; en revanche, dans les
déserts, l’humus est presque absent car la matière
organique est rare et la décomposition très lente ; globalement, la
répartition mondiale de l’humus suit la distribution
des climats humides, des forêts et des prairies, formant une
mosaïque de sols riches là où l’eau, la végétation et les
décomposeurs sont suffisamment présents pour transformer la matière
organique en un horizon sombre et fertile.
Les organismes de l’humus sont adaptés à un milieu
obscur, humide et stable,
où la température varie peu ; les champignons développent des
hyphes capables de pénétrer le bois,
les collemboles possèdent des
cuticules fines
pour absorber l’humidité, les vers de terre respirent par la
peau,
ce qui les rend dépendants d’un sol humide, et les acariens ont des
cycles de vie rapides
pour exploiter les ressources saisonnières ; dans les climats
froids, la décomposition est lente et l’humus s’accumule, tandis que
dans les climats chauds et humides, la décomposition est rapide et
l’humus est plus mince.
La faune de l’humus comprend les
décomposeurs primaires
comme les
vers de terre,
collemboles,
cloportes,
larves de diptères,
champignons saprophytes,
les
fragmentateurs
comme les
coléoptères,
myriapodes,
acariens,
et les
micro‑décomposeurs
comme les
bactéries
et
protozoaires
; les
champignons décomposeurs
transforment la cellulose et la lignine, les
vers de terre
mélangent l’humus au sol minéral, les
collemboles
consomment les hyphes fongiques, et les
acariens du sol
broient les débris végétaux ; l’ensemble forme une
chaîne de décomposition
qui transforme la matière organique en nutriments assimilables par
les plantes. |
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Champignons, Métaphytes et algues vertes
Mycena galericulata
— mycène des troncs
Marasmius oreades — marasme des prés
Clitocybe nebularis — clitocybe nébuleux
Coprinellus micaceus — coprin micacé
Oxalis acetosella
— oxalis des bois
Anemone nemorosa — anémone des bois
Hepatica nobilis — hépatique noble
Maianthemum bifolium — maïanthème à deux feuilles
Klebsormidium flaccidum
— klebsormidium flasque
Trentepohlia aurea — trentepohlie dorée
Zygnema insigne — zygéma remarquable
Ulothrix zonata — ulothrix zonée

Les champignons adaptés à l’humus
incluent des espèces saprophytes comme
Mycena galericulata, qui décompose le bois mort et
étend son mycélium dans l’humus forestier;
Clitocybe nebularis, qui colonise les litières
épaisses de feuilles et aiguilles;
Marasmius oreades, capable de réactiver son mycélium
après dessiccation et de dégrader la litière herbacée;
Coprinellus micaceus, qui consomme bois enfoui et
humus riche en lignine;
Laccaria laccata, très commun dans les sols
humifères acides;
Gymnopus dryophilus, spécialisé dans la
décomposition des feuilles mortes;
Tricholoma terreum, fréquent dans les humus de
conifères;
Amanita rubescens, qui participe à la transformation
de la litière via son réseau mycorhizien;
Scleroderma citrinum, très présent dans les sols
riches en humus;
Hebeloma crustuliniforme, colonisateur des sols
humifères perturbés; et
Lepista nuda, qui se développe dans les litières
épaisses et humides. Ces champignons sont adaptés à l’humus grâce à
des enzymes capables de dégrader cellulose, lignine et composés
organiques complexes, un mycélium résistant à la dessiccation, et
une capacité à exploiter les micro‑habitats humides et riches en
débris végétaux.
Les Métaphytes adaptés à l’humus
incluent des espèces forestières typiques comme
Oxalis acetosella,
plante de sous‑bois qui prospère dans les humus frais grâce à une
photosynthèse efficace en faible lumière;
Anemone nemorosa, qui utilise les nutriments libérés
par la décomposition pour fleurir très tôt au printemps;
Hepatica nobilis, dont les racines fines exploitent
parfaitement les couches superficielles riches en humus;
Maianthemum bifolium, qui colonise les sols
humifères acides des forêts de conifères;
Dryopteris filix‑mas, fougère qui dépend de la forte
humidité et de la richesse organique;
Athyrium filix‑femina, très fréquente dans les humus
profonds et frais;
Paris quadrifolia, indicatrice de sols riches en
matière organique;
Mercurialis perennis, qui ne pousse que dans les
humus forestiers très fertiles;
Viola reichenbachiana, adaptée aux litières
épaisses;
Luzula sylvatica, qui tolère l’acidité des humus de
conifères;
Galium odoratum, strictement lié aux sols riches en
humus; et
Asarum europaeum, dont le rhizome s’enfonce dans les
couches organiques profondes. Ces métaphytes sont adaptés à l’humus
grâce à des racines fines exploitant les nutriments libérés par la
décomposition, une tolérance à l’ombre, une capacité à pousser dans
des sols acides et une dépendance aux micro‑habitats humides créés
par la litière forestière.
Les algues vertes présentes dans
l’humus appartiennent surtout à des genres terrestres ou subaériens
capables de vivre dans les sols humides, les litières forestières et
les micro‑films d’eau autour des particules organiques; on y trouve
des espèces comme
Klebsormidium flaccidum, très fréquente dans les
sols humifères ombragés grâce à sa tolérance à la dessiccation et sa
capacité à se réhydrater instantanément;
Trentepohlia aurea, algue orangée vivant sur l’humus
humide, les mousses et les troncs, protégée par ses caroténoïdes;
Zygnema insigne, qui forme des tapis gélatineux dans
les sols saturés d’eau et les litières décomposées;
Ulothrix zonata, présente dans les sols froids et
humides proches des suintements forestiers;
Chlorococcum infusionum, algue unicellulaire très
commune dans les sols riches en humus;
Chlorella vulgaris, qui colonise les films d’eau des
litières humides;
Desmococcus olivaceus, algue verte terrestre
résistante aux variations d’humidité; et
Mesotaenium caldariorum, typique des sols forestiers
humides et des mousses. Ces algues sont adaptées à l’humus grâce à
une résistance extrême à la dessiccation, des parois cellulaires
épaisses, des pigments protecteurs contre les UV diffusés par la
canopée, et une capacité à vivre dans des micro‑habitats très
pauvres en lumière mais riches en matière organique décomposée. |
Nématodes et Protozoaires
Plectus parvus
— plectus nain des sols humifères
Aphelenchus avenae — aphélencus des matières végétales
Panagrolaimus rigidus — panagrolaimus des litières
Acrobeloides nanus — acrobéloïde des sols organiques
Colpoda cucullus
— colpode des sols organiques
Colpoda steinii — colpode des litières humides
Amoeba proteus — amibe des sols riches en humus
Paramecium putrinum — paramécie des matières en
décomposition

Les nématodes adaptés à l’humus
appartiennent surtout à des genres spécialisés dans les sols
organiques, comme
Plectus parvus, espèce vivant dans les micro‑poches
d’eau de l’humus froid et humide grâce à une grande tolérance aux
variations d’humidité;
Aphelenchus avenae, nématode fongivore qui prospère
dans les litières riches en hyphes et débris végétaux;
Panagrolaimus rigidus, extrêmement résistant à la
dessiccation et capable d’anhydrobiose, ce qui lui permet de
survivre dans les horizons humifères soumis à des cycles
secs‑humides;
Acrobeloides nanus, très commun dans les sols
organiques riches en bactéries;
Rhabditis terricola, colonisateur rapide des
litières en décomposition;
Mesorhabditis longespiculosa, adaptée aux sols
humides et riches en micro‑débris; et
Caenorhabditis elegans, souvent présent dans les
humus riches en bactéries et matières organiques en fermentation.
Ces nématodes sont adaptés à l’humus grâce à une tolérance
extrême aux variations d’humidité, une capacité à
entrer en anhydrobiose, un régime fongivore ou
bactériophage parfaitement adapté aux sols organiques, et
une capacité à se déplacer dans les micro‑films d’eau
entourant les particules d’humus. Ils jouent un rôle essentiel dans
la décomposition en consommant bactéries, champignons et débris
organiques, accélérant ainsi la formation de l’humus forestier.
Les protozoaires adaptés à l’humus
appartiennent surtout à des genres capables de vivre dans les films
d’eau entourant les particules organiques; on y trouve des espèces
comme
Colpoda cucullus, cilié très commun dans les sols
humifères grâce à sa capacité à former des kystes résistants lors
des phases sèches;
Colpoda steinii, spécialiste des litières humides où
il alterne activité et enkystement selon l’humidité;
Amoeba proteus, amibe vivant dans les micro‑poches
d’eau de l’humus riche en bactéries;
Paramecium putrinum, cilié des matières organiques
en décomposition très humides;
Euglena mutabilis, présente dans les sols acides et
riches en humus grâce à sa tolérance aux faibles niveaux d’oxygène;
Acanthamoeba castellanii, capable de survivre dans
les sols forestiers secs grâce à des kystes très résistants;
Vahlkampfia avara, amibe des sols organiques
instables; et
Cercomonas longicauda, flagellé très commun dans les
sols humifères riches en bactéries. Ces protozoaires sont adaptés à
l’humus grâce à une tolérance extrême aux variations
d’humidité, une capacité à former des kystes
résistants, un régime bactériophage ou fongivore
parfaitement adapté aux sols organiques, et une capacité à
se déplacer dans les micro‑films d’eau entourant les
particules d’humus. Ils jouent un rôle essentiel dans la
décomposition en régulant les populations bactériennes et en
accélérant la minéralisation de la matière organique. |
Arthropodes
Glomeris marginata
— gloméris des forêts
Porcellio scaber — cloporte rugueux
Orchesella cincta — collembole des litières
Lepidocyrtus cyaneus — collembole bleu des sols humifères
Lithobius forficatus — scolopendre brune des forêts
Pterostichus melanarius — carabe noir des sols
forestiers
Staphylinus olens — staphylin odorant
Acari Oribatida — acariens oribates
Les arthropodes vivant dans l’humus
incluent des espèces spécialisées comme
Glomeris marginata, diplopode capable de s’enrouler
pour conserver l’humidité et se nourrissant de débris végétaux;
Porcellio scaber, cloporte tolérant aux sols humides
et riches en matière organique;
Orchesella cincta, collembole très commun dans les
litières épaisses où il consomme champignons et micro‑débris;
Lepidocyrtus cyaneus, collembole des sols humifères
très humides;
Lithobius forficatus, chilopode prédateur se
glissant entre les particules d’humus;
Pterostichus melanarius, carabe chassant dans les
couches profondes de litière;
Staphylinus olens, staphylin prédateur fouillant les
débris organiques;
Acari Oribatida, acariens micro‑décomposeurs
extrêmement abondants dans l’humus;
Julus scandinavius, diplopode consommateur de
matière organique en décomposition;
Folsomia candida, collembole des sols humides riches
en champignons; et
Isotoma viridis, espèce très fréquente dans les
horizons humifères acides. Ces arthropodes sont adaptés à l’humus
grâce à une tolérance élevée à l’humidité, une
résistance à la faible luminosité, des
enzymes digestives capables de dégrader cellulose et champignons,
et une capacité à se déplacer dans les micro‑films d’eau
entourant les particules organiques. Ils jouent un rôle essentiel
dans la décomposition, la fragmentation de la litière et la
formation de l’humus forestier.
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Poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles
Aucun poisson ne vit dans l’humus, car l’humus
est un milieu terrestre, sans colonne d’eau, sans oxygénation
aquatique, et totalement inadapté à la respiration branchiale.
Turdus merula
— merle noir
Erithacus rubecula — rouge-gorge familier
Scolopax rusticola — bécasse des bois
Prunella modularis — accenteur mouchet
Salamandra salamandra
— salamandre tachetée
Triturus marmoratus — triton marbré
Rana temporaria — grenouille rousse
Bufo bufo — crapaud commun |
Mammifères Carnivores
Aucun mammifère carnivore ne vit dans l’humus au sens
strict — l’humus est un milieu du sol, réservé aux
invertébrés, micro‑organismes et petites faunes du sol. |
Mammifères insectivores ou herbivores
Erinaceus europaeus
— hérisson européen
Sorex araneus — musaraigne carrelet
Talpa europaea — taupe d’Europe
Crocidura russula — musaraigne musette
Apodemus sylvaticus — mulot sylvestre
Myodes glareolus — campagnol roussâtre
Microtus agrestis — campagnol agreste
Lepus europaeus — lièvre d’Europe |
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