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Cent
ans ?
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La Guerre de Cent Ans dura en réalité 116 ans,
du 24 mai 1337 au 9 octobre 1453,
alternant phases de combats intenses et longues trêves, et opposa
principalement la France et l’Angleterre autour des revendications
dynastiques d’Édouard III contre Philippe VI
ainsi que du contrôle de la Guyenne, jusqu’à la victoire finale
française sous Charles VII qui mit fin à la présence
anglaise en dehors du Calaisis.
La peste noire provoque un effondrement démographique massif qui décime
les populations civiles et militaires, entraînant une pénurie de
main‑d’œuvre, un affaiblissement des armées et
une chute brutale des ressources fiscales, ce qui
oblige les rois de France et d’Angleterre à suspendre les
hostilités à plusieurs reprises ; la crise sanitaire aggrave
aussi les troubles sociaux, comme les révoltes et le marasme économique
en France, tandis que l’Angleterre peine à financer son effort de guerre
en raison de la baisse des impôts ; enfin, la peste perturbe les
stratégies militaires, force les deux camps à accepter des
armistices forcés, et contribue à prolonger un conflit déjà
structurellement long, faisant de l’épidémie un facteur
multiplicateur de chaos au cœur de la guerre. |
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Pourquoi la
guerre ?
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La guerre éclate principalement pour deux raisons majeures
: une querelle dynastique et une querelle
féodale, qui s’entremêlent et rendent le conflit inévitable.
D’un côté, le roi d’Angleterre Édouard III revendique
la couronne de France après la mort de Charles IV, en
s’appuyant sur sa filiation par sa mère, ce que refuse la noblesse
française en invoquant la loi salique ; de l’autre, les rois de France
cherchent à reprendre le contrôle de la Guyenne, fief
détenu par les rois d’Angleterre, qui supportent mal d’être les vassaux
du roi de France. Ces tensions politiques, territoriales et féodales,
nourries par des rivalités économiques et culturelles entre les deux
royaumes, constituent les causes profondes du conflit |
| Une
succession difficile
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La succession difficile qui suit la mort de
Charles IV en 1328 est l’élément déclencheur central de la
Guerre de Cent Ans. Les trois fils de Philippe le Bel
étant morts sans héritier mâle, la couronne passe à Philippe VI
de Valois, choisi par les grands du royaume en appliquant la
loi salique, qui exclut la transmission par les femmes. Mais
Édouard III, roi d’Angleterre et petit‑fils de Philippe
le Bel par sa mère Isabelle de France,
revendique lui aussi la couronne, estimant que sa proximité généalogique
lui donne un droit supérieur. Cette crise de succession, confirmée par
les sources , crée un conflit direct entre les Valois
et les Plantagenêt, chacun considérant que l’autre
usurpe la légitimité royale. À cette rivalité dynastique s’ajoute la
tension féodale autour du duché de Guyenne, que les
rois de France cherchent à reprendre et que les rois d’Angleterre
refusent de perdre, ce qui transforme la querelle de succession en
guerre longue et structurelle. |
| Les
forces en présence
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La guerre oppose principalement le royaume de France,
dirigé successivement par les Valois (Philippe
VI, Jean II le Bon, Charles V,
Charles VI, Charles VII), et le
royaume d’Angleterre, dominé par les
Plantagenêt puis les Lancastre (Édouard
III, Richard II, Henri IV,
Henri V, Henri VI), chacun mobilisant
ses vassaux, ses compagnies de mercenaires et ses alliés ; la France
bénéficie du soutien variable des Écossais via l’Auld
Alliance, tandis que l’Angleterre s’appuie sur des alliances avec les
Flandres, la Bretagne (selon les
périodes) et plusieurs princes du Saint‑Empire, ce qui
transforme le conflit en une lutte européenne complexe où s’affrontent
non seulement deux monarchies, mais aussi deux réseaux féodaux, deux
économies et deux visions de la souveraineté. |
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Premières batailles
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Les premières batailles de la Guerre de Cent
Ans commencent dès 1337‑1340 et installent le
rapport de force entre France et Angleterre
: la bataille de Cadzand en 1337 ouvre les hostilités,
suivie des premiers affrontements navals comme Arnemuiden
en 1338 et surtout l’Écluse en 1340, où la flotte
française est écrasée par les Anglais ; ces combats précèdent les
premières grandes opérations terrestres, notamment la chevauchée
d’Édouard III en 1339 et les sièges de Cambrai
et Tournai, qui annoncent les grandes batailles rangées
à venir comme Crécy en 1346, l’une des premières
confrontations majeures du conflit . |
| Le Roi
Jean
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Jean II le Bon est l’une des figures centrales du
premier tiers de la Guerre de Cent Ans, et son règne
(1350‑1364) marque un tournant dramatique du conflit. Roi de France,
fils de Philippe VI, il est surtout connu pour avoir
été vaincu et capturé à la bataille de Poitiers en 1356
par le Prince Noir, fils d’Édouard III,
ce qui plonge le royaume dans une crise politique majeure . Son règne
est dominé par les difficultés financières, les intrigues de
Charles le Mauvais, la pression militaire anglaise et les
conséquences de la Peste noire, qui affaiblissent
durablement l’autorité des premiers Valois . Après sa capture, la France
sombre dans le chaos : révoltes urbaines menées par Étienne
Marcel, soulèvements paysans, montée en puissance du dauphin
Charles (futur Charles V), et
négociations du traité de Brétigny (1360), qui libère
le roi mais cède un tiers du royaume à l’Angleterre . Jean II meurt en
1364 à Londres, laissant un royaume affaibli mais un héritier capable de
redresser la situation. |
| La
France en désarroi
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La France en désarroi pendant la Guerre de Cent
Ans résulte d’un enchaînement de crises simultanées —
militaires, politiques, sociales et économiques — qui plongent le
royaume dans une situation de fragilité profonde. Les sources montrent
que la guerre s’inscrit dans la « crise du XIVᵉ siècle »,
marquée par les famines, la Peste noire
et une mutation des structures économiques et sociales,
ce qui accentue la saignée démographique et bouleverse les équilibres du
royaume . À cela s’ajoutent les
défaites militaires (Crécy, Poitiers), la capture du
roi Jean II, les révoltes urbaines et paysannes,
les luttes internes entre Armagnacs et
Bourguignons, et les ravages causés par les
compagnies d’écorcheurs, qui déstabilisent durablement les
populations et l’ordre commercial . Le
royaume, fragmenté, appauvri et ravagé, peine à maintenir l’autorité
royale jusqu’au redressement progressif sous Charles V,
puis surtout sous Charles VII, qui réorganise l’armée
et restaure l’autorité monarchique. |
| La
misère du peuple
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La misère du peuple pendant la Guerre de Cent
Ans atteint un niveau rarement égalé au Moyen Âge : les
campagnes sont ravagées par les chevauchées anglaises,
les armées françaises en retraite, puis par les
compagnies d’écorcheurs qui pillent, violent et incendient sans
distinction ; la Peste noire réduit encore la
population, provoquant l’abandon de villages entiers, la chute des
récoltes et une hausse brutale des prix ; les impôts — taille,
gabelle, aides extraordinaires — explosent pour
financer la guerre, écrasant les paysans déjà ruinés ; les famines se
multiplient, les routes deviennent dangereuses, et les populations
fuient vers les villes, elles‑mêmes frappées par la maladie, la disette
et les révoltes comme la Jacquerie. Le peuple vit donc
dans un cycle continu de pillage, famine, maladie et insécurité,
conséquence directe de l’effondrement de l’autorité royale et de la
durée exceptionnelle du conflit. |
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Charles V, le roi habile
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Charles V, dit le Sage, est considéré
comme l’un des souverains les plus habiles de toute la
Guerre de Cent Ans : son règne (1364‑1380) marque un spectaculaire
redressement du royaume, confirmé par les sources
. En accédant au trône après les
catastrophes de Crécy et Poitiers, la captivité de Jean II,
les révoltes urbaines et paysannes, et les ravages de la Peste noire, il
hérite d’un pays au bord de l’effondrement. Pourtant, grâce à une
stratégie fondée sur la prudence, l’intelligence politique et la réforme
de l’État, il parvient à restaurer l’autorité royale, à
stabiliser le royaume et à reprendre la
quasi‑totalité des territoires perdus. Il s’appuie sur des
conseillers lettrés comme Nicolas Oresme, renforce
l’administration, réforme la fiscalité, et surtout confie la reconquête
militaire à Du Guesclin, dont les victoires permettent
de chasser les Anglais de la plupart de leurs possessions. Très
instruit, mécène, fondateur de la première librairie royale,
il incarne un modèle de roi stratège, intellectuel et réformateur, dont
l’action met fin à la première phase du conflit et prépare le renouveau
capétien. |
| Des
rois fragiles
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Dans la Guerre de Cent Ans, plusieurs souverains français apparaissent
comme des rois fragiles, non par manque de légitimité,
mais parce que leur règne est marqué par des crises politiques,
militaires ou psychologiques qui affaiblissent l’autorité royale :
Jean II le Bon, capturé à Poitiers en
1356, plonge le royaume dans le chaos ; Charles VI,
frappé de folies récurrentes dès 1392, laisse le
pouvoir aux factions rivales des Armagnacs et des
Bourguignons, ce qui provoque une quasi‑guerre civile ;
Charles VII, d’abord surnommé le « roi de Bourges »,
paraît incapable de gouverner avant l’intervention de Jeanne
d’Arc et la réorganisation progressive du royaume ; ces
fragilités individuelles, aggravées par les défaites, les famines, la
peste et les luttes nobiliaires, contribuent à l’effondrement temporaire
de l’État capétien et expliquent la profondeur de la crise française au
cœur du conflit. |
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Armagnacs et Bourguignons
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Le conflit entre Armagnacs et Bourguignons
éclate au cœur de la Guerre de Cent Ans et plonge la France dans une
quasi‑guerre civile : les Armagnacs, menés par
Bernard VII d’Armagnac et soutenant le dauphin Charles
(futur Charles VII), défendent l’autorité royale face
aux Bourguignons, dirigés par Jean sans Peur
puis Philippe le Bon, qui cherchent à contrôler le
gouvernement en profitant de la folie de Charles VI ;
l’assassinat du duc d’Orléans en 1407 par les Bourguignons déclenche une
spirale de violences, puis l’assassinat de Jean sans Peur
en 1419 radicalise encore le conflit ; cette division interne affaiblit
dramatiquement la France, permet aux Anglais de Henri V
d’imposer le traité de Troyes en 1420, et retarde le
redressement du royaume jusqu’à la réunification progressive opérée par
Charles VII. |
| La
reprise de la guerre
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La reprise de la guerre intervient après la mort de
Charles V en 1380, lorsque son fils Charles VI,
encore mineur puis frappé de crises de folie, laisse le royaume aux
mains de conseillers rivaux ; cette faiblesse du pouvoir central permet
aux Anglais, désormais dirigés par les rois
Henri IV puis surtout Henri V, de relancer les
hostilités : profitant des divisions entre Armagnacs et
Bourguignons, ils débarquent en Normandie et remportent
la terrible victoire d’Azincourt en 1415, ouvrant une
nouvelle phase de conquêtes qui culmine avec le traité de Troyes
en 1420, par lequel Charles VI reconnaît Henri
V comme héritier du trône de France, plongeant le royaume dans
sa période la plus sombre avant le redressement sous Charles VII. |
| Le
Roi de Bourges
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Le surnom de « Roi de Bourges » désigne Charles
VII au moment le plus sombre de la Guerre de Cent Ans, lorsque
le traité de Troyes (1420), imposé par Henri V
et les Bourguignons, déshérite le dauphin et reconnaît
le roi d’Angleterre comme héritier légitime de Charles VI
; rejeté de Paris, abandonné par une partie de la noblesse, contesté par
les Bourguignons et menacé par les Anglais, Charles VII
ne contrôle plus qu’un réduit misérable autour de Bourges,
d’où il gouverne tant bien que mal un royaume fragmenté, ruiné et en
pleine guerre civile ; pourtant, ce « roi de Bourges » parvient
progressivement à se réaffirmer grâce à l’action de Jeanne d’Arc,
à la reconquête militaire, à la réorganisation de l’armée et à la
restauration de l’autorité royale, transformant une position de
faiblesse extrême en point de départ du redressement français. |
| La
fin de la guerre
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La Guerre de Cent Ans s’achève lorsque Charles VII,
après avoir réorganisé l’armée, instauré les compagnies
d’ordonnance et renforcé l’artillerie grâce à des ingénieurs
comme Jean Bureau, lance une série de campagnes
décisives qui chassent. La guerre prend fin en 1453
lorsque les armées françaises de Charles VII,
réorganisées, disciplinées et dotées d’une artillerie moderne,
remportent la victoire décisive de Castillon contre les
troupes anglaises du comte de Shrewsbury, mettant un
terme à la présence anglaise en Guyenne ; cette reconquête est le
résultat d’un long redressement amorcé après l’intervention de
Jeanne d’Arc, poursuivi par les réformes militaires (compagnies
d’ordonnance, impôt permanent) et la reconquête méthodique du territoire
; affaiblie par les défaites, les crises internes et la perte de ses
alliés, l’Angleterre ne conserve plus en France que Calais,
tandis que la France sort du conflit unifiée, centralisée et renforcée
autour de la monarchie de Charles VII, marquant la
véritable fin de la domination anglaise sur le continent. |
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