Lémuriformes

Lémuriformes

Accueil Remonter Notre Monde Le Monde Vivant Personnel World Of Warcraft

 

Classification (15 gen, 101 esp)
Mammifères-Euthèriens-Primates-Lémuriformes
(Singes de Madagascar)


 

 

Familles

Espèces représentatives

Description

Cheirogaleidés
(5 gen, 41 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
6. Variétés et espèce des Cheirogaleidés

 

Cheirogaleus medius — microcèbe moyen
Cheirogaleus major
— grand cheirogale
Cheirogaleus crossleyi
— cheirogale de Crossley
Cheirogaleus sibreei
— cheirogale de Sibree
 Microcebus murinus — microcèbe mignon
Microcebus rufus
— microcèbe roux
Microcebus berthae
— microcèbe de Berthe
Mirza coquereli
— cheirogale de Coquerel

Les Cheirogaleidés sont strictement endémiques de Madagascar, présents dans presque tous les types de forêts de l’île : forêts tropicales humides de l’Est, forêts sèches de l’Ouest, forêts épineuses du Sud, forêts de montagne, et même des zones dégradées ; leur distribution couvre toute l’île, du niveau de la mer jusqu’à plus de 1800 m d’altitude, avec une forte diversité locale selon les micro‑habitats.

Les Cheirogaleidés sont les plus petits primates du monde, avec des tailles variant de 12 à 30 cm (queue comprise) et des poids allant de 30 g chez les microcèbes à 600 g chez les lémuriens nains ; ils possèdent un corps compact, une queue longue servant d’équilibre ou de réserve de graisse, de grands yeux adaptés à la vision nocturne, un museau court, et une fourrure douce variant du gris au roux.

Les Cheirogaleidés sont strictement nocturnes et arboricoles, se déplaçant par sauts rapides ou quadrupédie agile ; ils sont omnivores, consommant insectes, fruits, nectar, gomme, petits vertébrés et fleurs ; plusieurs espèces entrent en torpeur prolongée ou en hibernation, stockant de la graisse dans la queue ou sous la peau ; la reproduction est saisonnière, avec des portées de 1 à 3 petits, souvent synchronisées avec la saison des pluies ; les jeunes sont sevrés en quelques semaines et atteignent la maturité en moins d’un an.

Les Cheirogaleidés possèdent plusieurs particularités uniques : ce sont les seuls primates capables d’hibernation prolongée, parfois jusqu’à 7 mois ; ils présentent une spéciation cryptique très élevée, avec de nombreuses espèces morphologiquement proches mais génétiquement distinctes ; leur toothcomb et leur griffe de toilette sont typiques des strepsirrhiniens ; leur écologie nocturne et leur petite taille en font des primates discrets, difficiles à observer ; certains microcèbes ont des vocalisations ultrasoniques.

Les Cheirogaleidés sont la proie de nombreux rapaces nocturnes, serpents, mangoustes, civettes, fossas, et parfois de lémuriens carnivores comme Eulemur rufifrons ; les jeunes sont particulièrement vulnérables ; leur défense repose sur la furtivité, l’immobilité, la camouflage, et pour certaines espèces, la torpeur qui réduit l’odeur corporelle.

Les Cheirogaleidés comprennent 5 genres et plus de 40 espèces, ce qui en fait la famille de lémuriens la plus diversifiée : – Microcebus : microcèbes, primates les plus petits du monde, plus de 20 espèces ; – Cheirogaleus : lémuriens nains, robustes, hibernants ; – Mirza : lémurs souris géants, territoriaux, insectivores ; – Allocebus : lémur à oreilles velues, rare et peu connu ; – Phaner : lémurs fourmiliers, spécialisés dans la gomme et le nectar.

Lémuridés
(5 gen,  21 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
6. Variétés et espèce des Lémuridés

 

 

Lemur catta — maki catta
 Eulemur fulvus — maki brun
Eulemur macaco
— maki noir
Eulemur rubriventer
— maki à ventre roux
 Hapalemur griseus — hapalémur gris
Hapalemur aureus
— hapalémur doré
Varecia variegata
— vari noir et blanc
 Varecia rubra — vari roux

Les Lémuridés sont présents dans toute la partie est et nord de Madagascar, ainsi que dans certaines zones ouest et centrales, selon les espèces ; ils occupent principalement les forêts tropicales humides de l’Est, les forêts sèches de l’Ouest, les forêts de montagne, les mosaïques forestières, et parfois des zones dégradées ; les varis sont surtout forestiers humides, tandis que les lémurs bruns et makis peuvent tolérer des habitats plus ouverts.

Les Lémuridés présentent une grande variation de taille : les plus petits (lémurs à front blanc) pèsent 1,5 à 2 kg, tandis que les plus grands (varis) atteignent 3 à 4,5 kg ; leur longueur totale varie de 80 à 120 cm queue comprise ; ils possèdent un corps robuste, une queue longue et touffue, un museau allongé, des yeux expressifs, et une fourrure dense aux couleurs variées (gris, roux, noir, blanc).

Les Lémuridés sont diurnes (sauf quelques espèces cathemerales), sociaux, vivant en groupes de 5 à 20 individus selon les espèces ; leur régime est omnivore‑frugivore, composé de fruits, feuilles, fleurs, nectar, graine, et parfois insectes ; les varis sont parmi les lémuriens les plus frugivores ; la reproduction est saisonnière, avec une gestation de 90 à 130 jours et des portées de 1 à 3 petits ; les varis construisent des nids, une rareté chez les primates, tandis que les makis transportent leurs petits agrippés au ventre ou au dos.

Les Lémuridés possèdent plusieurs particularités : une forte vocalisation, notamment chez les varis, capables d’appels puissants portant sur plusieurs kilomètres ; une hiérarchie sociale souvent matriarcale, les femelles dominant les mâles ; une queue longue utilisée pour l’équilibre et la communication ; un toothcomb (peigne dentaire) et une griffe de toilette typiques des strepsirrhiniens ; une grande plasticité écologique, leur permettant d’occuper des habitats variés ; certains groupes pratiquent des déplacements quadrupèdes rapides ou des sauts agiles dans la canopée.

Les principaux prédateurs des Lémuridés sont le fossa, les rapaces (buses, aigles), les serpents, et parfois les mangoustes ; les jeunes sont particulièrement vulnérables ; les stratégies anti‑prédateurs incluent les cris d’alarme, la fuite arboricole, la vigilance collective, et chez certaines espèces, la crypticité du pelage.

Les Lémuridés comprennent 5 genres et environ 25 espèces, répartis comme suit : – Eulemur : lémurs bruns, lémurs à front blanc, lémurs à collier ; groupe le plus diversifié, omnivore, très variable en coloration ; – Lemur : le maki catta (Lemur catta), espèce emblématique des zones sèches du Sud ; – Varecia : varis noir‑blanc et varis roux, grands frugivores, très vocaux ; – Hapalemur : lémurs bambous, spécialisés dans la consommation de bambou ; – Prolemur : le grand hapalémur (Prolemur simus), espèce rare et menacée, également spécialiste du bambou.

Lépilemuridés
(1 gen, 25 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
6. Variétés et espèce des Lépilemuridés

 

Lepilemur mustelinus — lépilémur mustéliné
 Lepilemur ruficaudatus — lépilémur à queue rousse Lepilemur leucopus — lépilémur aux pieds blancs Lepilemur septentrionalis — lépilémur septentrional Lepilemur dorsalis — lépilémur dorsal
Lepilemur edwardsi
— lépilémur d’Edward
Lepilemur microdon
— lépilémur à petites dents Lepilemur jamesorum — lépilémur de James

Les Lépilemuridés sont présents dans presque toute l’île de Madagascar, mais leur distribution est fragmentée selon les espèces ; ils occupent les forêts tropicales humides de l’Est, les forêts sèches de l’Ouest, les forêts épineuses du Sud, les forêts de transition, ainsi que des zones dégradées ; chaque espèce possède un territoire restreint, souvent limité à une petite région ou un massif forestier, ce qui explique leur forte vulnérabilité.

Les Lépilemuridés mesurent 50 à 60 cm queue comprise, avec un corps de 25 à 30 cm ; leur poids varie de 500 à 900 g selon les espèces ; ils possèdent un corps compact, une queue longue, des yeux très grands adaptés à la vision nocturne, des membres postérieurs puissants pour le saut vertical, et une fourrure douce allant du gris au brun.

Les Lépilemuridés sont strictement nocturnes et arboricoles, se déplaçant par sauts verticaux entre les troncs ; ils sont folivores stricts, consommant principalement feuilles, bourgeons, fleurs, et parfois un peu de fruit ; leur digestion est facilitée par un caecum volumineux et une fermentation microbienne ; ils vivent en solitaires, mais les territoires de mâles et femelles peuvent se chevaucher ; la reproduction est saisonnière, avec 1 petit par an, porté sur le ventre puis laissé dans un nid ou une cache végétale pendant que la mère se nourrit.

Les Lépilemuridés possèdent plusieurs particularités : ce sont les seuls lémuriens strictement folivores nocturnes ; ils pratiquent une coprophagie sélective pour optimiser la digestion des feuilles ; leur territorialité est marquée par des vocalisations et des marquages odorants ; leur morphologie de sauteur vertical rappelle celle des indriidés, mais en version miniature ; leur spéciation explosive a conduit à plus de 25 espèces, souvent très proches morphologiquement mais génétiquement distinctes.

Les principaux prédateurs des Lépilemuridés sont le fossa, les rapaces nocturnes, les serpents, les mangoustes, et parfois les civettes malgaches ; les jeunes sont particulièrement vulnérables ; leurs stratégies de défense reposent sur la fuite verticale, l’immobilité, le camouflage, et l’utilisation de cachettes pendant la journée.

Les Lépilemuridés comprennent un seul genre, Lepilemur, mais une diversité exceptionnelle de 26 espèces, chacune strictement endémique d’une région ou d’un massif forestier de Madagascar ; cette spéciation explosive résulte de l’isolement géographique des forêts malgaches ; les espèces reconnues incluent Lepilemur mustelinus, L. microdon, L. edwardsi, L. dorsalis, L. leucopus, L. ruficaudatus, L. septentrionalis, L. ankaranensis, L. sahamalazensis, L. milanoii, L. jamesorum, L. ahmansoni, L. hollandorum, L. tymerlachsoni, L. fleuretae, L. grewcockorum, L. petteri, L. betsileo, L. randrianasoli, L. otto, L. scottorum, L. seali, L. wrightae, L. hubbardorum, L. mittermeieri et L. aeeclis, formant l’un des ensembles de primates les plus riches en espèces cryptiques.

Indriidés
(3 gen, env 19 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
6. Variétés et espèce des Indriidés

 

 

Indri indri — indri
Propithecus verreauxi
— sifaka de Verreaux
 Propithecus coquereli — sifaka de Coquerel
Propithecus diadema
— sifaka diadème
Propithecus candidus
— sifaka soyeux
 Propithecus edwardsi — sifaka d’Edward
 Propithecus tattersalli — sifaka doré
Propithecus perrieri
— sifaka de Perrier

Les Indriidés sont strictement endémiques de Madagascar, répartis principalement dans les forêts tropicales humides de l’Est, les forêts sèches de l’Ouest, les forêts de transition, et les forêts de montagne ; les indris occupent surtout la bande forestière orientale, les sifakas sont présents dans l’Est, l’Ouest et le Sud selon les espèces, tandis que les avahis sont répartis dans les forêts humides et sèches du Nord au Sud de l’île.

Les Indriidés comptent parmi les plus grands lémuriens actuels ; les indris mesurent 70 à 90 cm (sans la queue, quasi absente) pour 6 à 9,5 kg ; les sifakas mesurent 40 à 55 cm avec une queue de longueur similaire, pour 3 à 6 kg ; les avahis, plus petits, mesurent 25 à 35 cm pour 1 à 1,5 kg ; tous possèdent des membres postérieurs très allongés, une colonne vertébrale flexible, et une fourrure dense variant du blanc au brun foncé.

Les Indriidés sont diurnes (indris, sifakas) ou nocturnes (avahis), arboricoles, et spécialisés dans le saut vertical entre les troncs ; leur régime est folivore‑frugivore, composé de feuilles, bourgeons, fleurs, fruits, et parfois écorce ; ils vivent en groupes familiaux de 2 à 10 individus, avec des liens sociaux forts ; la reproduction est saisonnière, avec 1 petit après une gestation de 120 à 150 jours ; les indris ont un intervalle de reproduction très long (tous les 2 à 3 ans), ce qui les rend particulièrement vulnérables.

Les Indriidés possèdent plusieurs particularités remarquables : ce sont les maîtres du saut vertical, capables de bonds de 8 à 10 m ; les indris sont célèbres pour leurs chants puissants, audibles à plus de 2 km, utilisés pour la cohésion sociale et la défense territoriale ; les sifakas présentent une locomotion bipède latérale au sol, unique chez les primates ; les avahis sont les seuls Indriidés nocturnes ; leur dentition est adaptée à la folivorie, avec un toothcomb et des molaires spécialisées ; leur système social est souvent monogame ou basé sur de petits groupes stables.

Les principaux prédateurs des Indriidés sont le fossa, les rapaces (aigles, buses), les serpents, et parfois les mangoustes ; les jeunes sont les plus vulnérables ; leurs stratégies de défense incluent les cris d’alarme, la fuite verticale, la vigilance collective, et chez les indris, l’utilisation de chants territoriaux pour éviter les rencontres dangereuses.

Les Indriidés comprennent 3 genres et environ 19 espèces : – Indri : Indri indri, seule espèce du genre, le plus grand lémurien vivant ; – Propithecus : les sifakas, environ 9 espèces dont P. verreauxi, P. coquereli, P. diadema, P. tattersalli, P. edwardsi ; – Avahi : les avahis, environ 9 espèces nocturnes dont A. laniger, A. occidentalis, A. cleesei, A. peyrierasi, A. meridionalis ; Cette diversité reflète une radiation évolutive ancienne, façonnée par la fragmentation écologique de Madagascar.

Daubentoniidés
(1 gen, 1 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
6. Statut et effectif du aye-aye

Daubentonia madagascariensis — aye‑aye

 

L’aye‑aye est strictement endémique de Madagascar, présent dans les forêts tropicales humides de l’Est, les forêts sèches de l’Ouest, les forêts de transition, les forêts secondaires, ainsi que dans certaines zones dégradées ; il occupe aussi bien les plaines côtières que les forêts de montagne jusqu’à environ 1800 m d’altitude, mais ses populations sont très fragmentées.

 

L’aye‑aye mesure 70 à 90 cm queue comprise, avec un corps de 30 à 40 cm et une queue touffue souvent plus longue que le corps ; son poids varie de 2 à 3 kg ; il possède de grandes oreilles, un crâne robuste, des incisives à croissance continue rappelant les rongeurs, et un troisième doigt extrêmement allongé, fin et flexible, utilisé pour extraire les larves.

L’aye‑aye est strictement nocturne et arboricole, parcourant de vastes territoires en se déplaçant par quadrupédie agile ; il est omnivore, mais spécialisé dans la prédation de larves xylophages, qu’il localise par percussion auditive (tap‑foraging) avant de ronger le bois et d’extraire la larve avec son doigt allongé ; il consomme aussi fruits, graines, nectar, champignons et œufs ; la reproduction est asynchrone, avec 1 petit après une gestation d’environ 170 jours ; les jeunes restent avec la mère plus d’un an, ce qui limite fortement le taux de reproduction.

L’aye‑aye possède un ensemble de particularités uniques chez les primates : des incisives à croissance continue, un troisième doigt hyper‑spécialisé, une écoute fine permettant de détecter les cavités dans le bois, une queue très longue rappelant celle des écureuils, et une morphologie convergente avec les pics et les écureuils ; il est le seul primate utilisant une technique de forage percussif pour se nourrir ; son apparence singulière lui a valu une réputation culturelle ambivalente dans certaines régions de Madagascar.

Les principaux prédateurs de l’aye‑aye sont le fossa, les rapaces nocturnes, les serpents, et parfois les mangoustes ; les jeunes sont particulièrement vulnérables ; l’espèce est également menacée par des croyances locales qui conduisent parfois à des mises à mort rituelles ; ses stratégies de défense reposent sur la discrétion, la fuite arboricole, et son activité strictement nocturne.

L’aye‑aye est classé En Danger (EN) par l’UICN, en raison de la déforestation, de la fragmentation des habitats, de la chasse liée aux croyances, et de son faible taux de reproduction ; les estimations d’effectifs sont difficiles à établir car l’espèce est cryptique, nocturne et largement dispersée, mais les études suggèrent une forte diminution des populations ; les effectifs globaux sont probablement de l’ordre de quelques milliers d’individus, avec des noyaux viables dans certaines aires protégées (Masoala, Mananara‑Nord, Nosy Mangabe, Ankarafantsika), mais des extinctions locales sont suspectées dans plusieurs régions.