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Cette infographie
présente une mangrove côtière de Nouvelle-Guinée, écosystème
tropical situé à l’interface entre terre et mer, soumis aux
marées et caractérisé par des eaux saumâtres, des sols vaseux pauvres en
oxygène et une végétation capable de supporter une forte salinité. Les
arbres dominants représentés sont Rhizophora apiculata,
reconnaissable à ses grandes racines-échasses qui stabilisent
l’arbre dans la vase et piègent les sédiments, Bruguiera
gymnorhiza, autre mangrove typique de l’Indo-Pacifique, et
Avicennia marina, entourée de nombreux pneumatophores
verticaux permettant les échanges gazeux dans un substrat
régulièrement inondé et très pauvre en oxygène. La scène montre
parfaitement comment les racines de mangrove créent un habitat
tridimensionnel extrêmement complexe, servant simultanément de
refuge, de nurserie, de zone d’alimentation et de support à de nombreux
organismes. Parmi les grands vertébrés figure le Crocodile marin
(Crocodylus porosus), prédateur majeur des estuaires et
mangroves indo-pacifiques, ainsi que le Serpent marin à tête noire
(Hydrophis melanocephalus) indiqué dans l’eau. Sur la vase
apparaît Periophthalmus novaeguineensis, un gobie
amphibie capable d’exploiter les vasières découvertes à marée basse
grâce à des adaptations lui permettant de rester temporairement hors de
l’eau.
Les racines accueillent également un Varan des mangroves, tandis
que le Crabe de mangrove (Scylla serrata) constitue
l’un des grands crustacés caractéristiques de ces habitats. La partie
immergée montre plusieurs poissons associés aux environnements côtiers
et estuariens, notamment Chanos chanos, appelé ici « mulet
» mais correspondant plus précisément au milkfish ou chano, ainsi
que Toxotes jaculatrix, le célèbre Poisson-archer,
capable de capturer des insectes situés au-dessus de l’eau en projetant
un jet d’eau. Les vasières accueillent également le Crabe violoniste
(Uca vocans), reconnaissable chez certains individus à sa
pince hypertrophiée, Neosarmatium smithii, ainsi que les
gastéropodes Terebralia palustris et Cassidula
nucleus, qui participent notamment à l’exploitation et au
recyclage de la matière organique accumulée dans la mangrove. Dans la
canopée sont représentés Halcyon chloris, martin-pêcheur
également connu sous le nom de Martin-chasseur à collier blanc,
et Butorides striata, le Héron strié, deux oiseaux
utilisant les zones littorales et les mangroves pour rechercher leurs
proies. La partie inférieure droite insiste sur une biodiversité
beaucoup plus discrète avec plusieurs mousses et hépatiques,
notamment Calymperes motleyi, Calymperes afzelii,
Octoblepharum albidum, Syrrhopodon prolifer,
Fissidens zollingeri, Leucophanes octoblepharioides,
Thuidium cymbifolium et Lejeunea flava,
montrant que la biodiversité des mangroves ne se limite pas aux grands
animaux visibles. Un second encadré rassemble Grapsus albolineatus,
Scylla serrata, Terebralia palustris,
Cassidula nucleus, Onchidium sp.,
Periophthalmus novaeguineensis, Crocodylus novaeguineae,
Varanus salvadorii et un python réticulé, mais
cette partie mérite une vérification biogéographique espèce par
espèce, car toutes les espèces illustrées ne sont pas nécessairement
caractéristiques d’une véritable mangrove littorale et certaines peuvent
davantage appartenir aux forêts, marais ou eaux douces voisins.
Il faut notamment distinguer Crocodylus porosus,
parfaitement caractéristique des mangroves et estuaires côtiers, de
Crocodylus novaeguineae, davantage associé aux eaux douces
intérieures de Nouvelle-Guinée. De même, la présence de
Varanus salvadorii, grand varan arboricole des forêts de
Nouvelle-Guinée, dans une liste spécifiquement consacrée aux espèces de
mangrove doit être considérée avec prudence. Le message écologique
général de l’image est néanmoins très pertinent : la mangrove constitue
une zone de transition extrêmement productive où les racines des
palétuviers protègent les côtes, retiennent les sédiments et créent une
multitude de microhabitats, permettant la coexistence de poissons,
crustacés, mollusques, reptiles, oiseaux, microorganismes et végétaux
spécialisés. La mangrove de Nouvelle-Guinée apparaît ainsi comme un
écosystème complexe où les échanges permanents entre milieu terrestre,
eau douce et milieu marin produisent une biodiversité particulièrement
riche, mais certaines associations d’espèces de l’infographie doivent
être interprétées comme représentatives de la région de Nouvelle-Guinée
plutôt que strictement de la mangrove elle-même. |


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