Autres Mammifères disparus

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Marsupiaux éteints récemment

Nom Statut Parcours et cause disparition (EX)
Thylacine (Thylacinus cynocephalus)
(Moins de 130 cm, moins de 30 kg)
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Origine et évolution Le thylacine (Thylacinus cynocephalus), aussi appelé tigre de Tasmanie ou loup marsupial, était un mammifère carnivore marsupial appartenant à l’ordre des Dasyuromorphia. Il ne partageait aucun lien évolutif direct avec les canidés malgré sa ressemblance morphologique, fruit d’une évolution convergente. Son lignage remonte au Miocène, avec plusieurs espèces fossiles apparentées. Le thylacine était le dernier représentant de la famille des Thylacinidae, aujourd’hui éteinte. Des études génétiques ont révélé une faible diversité génétique bien avant l’arrivée des humains en Australie, ce qui aurait compromis sa résilience évolutive.
Répartition et écologie
Autrefois largement répandu en Australie continentale et en Nouvelle-Guinée, le thylacine a vu son aire se réduire à la seule île de Tasmanie il y a environ 3000 ans, probablement à cause de la compétition avec le dingo. Il occupait des habitats variés, notamment les forêts et les zones ouvertes. Prédateur solitaire, nocturne ou crépusculaire, il se nourrissait de kangourous, wallabies, oiseaux nichant au sol et petits mammifères. Il possédait une poche marsupiale et un pelage rayé distinctif sur le dos, d’où son surnom de tigre de Tasmanie.
Causes de la disparition
La disparition du thylacine est principalement due à la chasse intensive encouragée par des primes gouvernementales dès le XIXe siècle, les colons le considérant comme une menace pour le bétail. L’introduction de chiens domestiques, la perte d’habitat, les maladies et la faible diversité génétique ont aggravé son déclin. Le dernier individu connu est mort en captivité au zoo de Hobart en 1936. Des observations non confirmées ont été rapportées depuis, mais aucune preuve scientifique n’a validé leur véracité
Confirmation de l’extinction
L’UICN classe officiellement le thylacine comme espèce éteinte depuis 1982. Malgré des recherches et des signalements sporadiques en Tasmanie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aucune preuve tangible n’a été apportée. Des projets de désextinction sont en cours, notamment à l’université de Melbourne, visant à recréer une forme génétiquement proche à partir d’ADN ancien, mais ces initiatives restent controversées et expérimentales
Chaeropus ecaudatus (Bandicoot à pieds de cochon)
(Moins de 30 cm, moins de 300 g)
 

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Origine et évolution Chaeropus ecaudatus, appelé bandicoot à pieds de cochon, était un petit marsupial australien appartenant à la famille aujourd’hui éteinte des Chaeropodidae. Il représentait un genre unique, Chaeropus, distinct des autres bandicoots par sa morphologie singulière. Son évolution a produit des adaptations inhabituelles, notamment des pieds antérieurs avec deux orteils fonctionnels dotés de sabots, et des pieds postérieurs avec un seul orteil locomoteur en forme de petit sabot de cheval. Ces traits évoquent une convergence évolutive avec des ongulés, bien qu’il s’agisse d’un marsupial.
Répartition et écologie
L’espèce était présente dans les plaines arides et semi-arides de l’intérieur de l’Australie, notamment dans le nord-ouest du Victoria, l’Australie-Méridionale, l’Australie-Occidentale et le Territoire du Nord. Elle occupait divers habitats allant des prairies herbeuses aux zones à spinifex. Les témoignages aborigènes indiquent qu’il construisait des nids d’herbe pour dormir le jour et pouvait fuir à grande vitesse s’il était dérangé. Il creusait aussi des terriers courts et rectilignes. Herbivore, il se nourrissait probablement de végétaux secs adaptés aux milieux désertiques.
Causes de la disparition
Le bandicoot à pieds de cochon a souffert de la modification de son habitat par le pâturage intensif, de la prédation par les espèces introduites comme les renards et les chats, et de maladies potentiellement transmises par le bétail. Sa faible densité et sa discrétion ont rendu difficile sa détection et sa protection. Le dernier spécimen connu a été collecté en 1901, bien que l’espèce ait été officiellement considérée comme éteinte seulement en 2004.
Confirmation de l’extinction
L’UICN classe Chaeropus ecaudatus comme espèce éteinte. Aucun individu vivant n’a été observé depuis le début du XXe siècle. Les rares spécimens conservés dans les musées et les témoignages aborigènes constituent les seules sources d’information sur son comportement. Sa disparition illustre la fragilité des espèces endémiques face aux bouleversements écologiques rapides et non maîtrisés
Caloprymnus campestris (Kangourou-rat du désert)
(Moins de 25 cm, moins de 200 g)
 

 

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Le Caloprymnus campestris, ou kangourou-rat du désert, a disparu officiellement en 1935, victime de la dégradation de son habitat et de l’introduction de prédateurs exogènes.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est découverte en 1841 dans le centre de l’Australie, notamment dans les zones arides du Sturt Stony Desert, du Birdsville Track et du Bunda Plateau. Elle est décrite par John Gould en 1843 à partir de spécimens envoyés par George Grey. Le Caloprymnus campestris vivait dans les regs, les dunes et les sols argileux, construisant des abris rudimentaires sous les buissons ou à l’air libre. Il était endémique d’Australie centrale et jamais abondant.
Observations et raréfaction
Après sa découverte, l’espèce n’est plus observée pendant plusieurs décennies. Des témoignages non confirmés apparaissent entre 1876 et 1905, notamment près de Birdsville et du lac Killalpaninna. En 1935, Hedley Finlayson photographie et collecte les derniers spécimens connus. Des observations non vérifiées sont rapportées après les pluies de 1956-1957 et 1974-1975, mais aucune preuve tangible ne permet de confirmer leur validité.
Causes de la disparition
La disparition du Caloprymnus campestris est attribuée à plusieurs facteurs convergents. La dégradation de son habitat par le surpâturage, les feux mal gérés et l’exploitation humaine a réduit ses zones de refuge. L’introduction de prédateurs comme le renard roux et le chat domestique a accentué la pression sur une population déjà fragile. La compétition avec les lapins pour les ressources alimentaires a aggravé la situation. L’espèce, peu mobile et spécialisée, n’a pas pu s’adapter à ces bouleversements rapides.
Statut actuel et perspectives
L’espèce est classée comme éteinte par l’UICN depuis 1994. Toutefois, des recherches récentes sur sa morphologie crânienne et ses habitudes alimentaires suggèrent qu’elle pourrait survivre dans des zones reculées du désert australien. Des campagnes de suivi basées sur ces données sont envisagées pour tenter une redécouverte.
Macrotis leucura (Bilby à queue blanche)
(Moins de 45 cm, moins de 1,5 kg)
 

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Le Macrotis leucura, ou bilby à queue blanche, a disparu officiellement dans les années 1960, victime de la prédation par des espèces introduites et de la modification de son habitat désertique.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1887 par Oldfield Thomas. Elle occupait les déserts de sable du centre de l’Australie : désert de Gibson, Grand Désert de Sable, Simpson Desert, et zones arides du Territoire du Nord, d’Australie-Occidentale et d’Australie-Méridionale. Elle creusait des terriers profonds en spirale, obstrués à l’entrée, dans les dunes et les plaines sableuses.
Morphologie et mode de vie
Plus petit que le bilby actuel, le Macrotis leucura mesurait entre 32 et 44 cm, avec une queue blanche de 11 à 27 cm. Il possédait trois doigts aux pattes arrière, dont deux fusionnés. Nocturne et solitaire, il se nourrissait d’insectes, de petits mammifères, de graines et de fruits, notamment du genre Solanum. Il ne buvait pas d’eau, tirant son hydratation de son alimentation. La femelle portait huit mamelles et donnait naissance à un à trois petits après une gestation de 21 jours.
Observations et raréfaction
Les derniers spécimens vivants sont observés en 1931 à Koonchera Dune. Un crâne est retrouvé en 1967 dans un nid d’aigle au sud-est d’Alice Springs, suggérant une survie jusqu’au début des années 1950. Des témoignages aborigènes évoquent sa présence jusqu’en 1960 dans certaines zones reculées.
Causes de la disparition
La principale cause est la prédation par le renard roux et le chat domestique, introduits par les colons européens. Ces prédateurs ont décimé les populations de petits marsupiaux dans les déserts australiens. La disparition des pratiques traditionnelles de brûlage par les communautés aborigènes a modifié les régimes de feu, réduisant la diversité végétale et les refuges. L’espèce, déjà rare et peu étudiée, n’a pas résisté à ces pressions combinées.
Statut actuel et perspectives
Classé comme éteint par l’UICN, le Macrotis leucura n’a pas été revu depuis les années 1960. Aucun programme de réintroduction n’est envisageable faute de spécimens vivants. Il reste un symbole de l’impact des espèces invasives sur la faune australienne.

Siréniens éteints récemment

Nom Staut Parcours et cause disparition (EX)
Rhytine de Steller (hydromalys gigas)
(moins de 9 m, mois de 6t)
 

 

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La Rhytine de Steller (Hydrodamalis gigas) a disparu en 1768, seulement 27 ans après sa découverte, victime d’une chasse intensive et de son extrême vulnérabilité comportementale.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est découverte en 1741 par Georg Wilhelm Steller lors de l’expédition de Vitus Béring dans la mer de Béring. Elle vivait exclusivement autour des îles du Commandeur (Béring et Medny), bien que des fossiles indiquent une répartition historique plus large sur le pourtour du Pacifique nord, du Japon à la Californie.
Morphologie et écologie
La Rhytine mesurait entre 8 et 9 mètres pour un poids de 8 à 10 tonnes. Elle appartenait à la famille des dugongidés, mais se distinguait par sa taille massive, sa peau noire épaisse et plissée, et sa flottabilité positive qui l’empêchait de s’immerger complètement. Elle se nourrissait exclusivement d’algues marines et vivait en groupes familiaux. Sa gestation était longue et sa reproduction lente, ce qui la rendait particulièrement vulnérable.
Causes de la disparition
La disparition est due à une chasse systématique dès le retour de l’expédition Béring. Les marins et marchands de fourrure exploitent sa graisse, sa viande, son lait et sa peau. Son comportement placide, son absence de peur de l’homme et sa lenteur ont facilité son extermination. En l’absence de prédateurs naturels et de mécanismes de défense, la population estimée à 2 000 individus est éradiquée en moins de trois décennies.
Statut actuel et postérité
L’espèce est classée comme éteinte par l’UICN. Elle représente l’un des cas les plus rapides d’extinction post-découverte chez les mammifères. Des témoignages non vérifiés ont circulé au XIXe siècle, mais aucune preuve scientifique n’a confirmé leur validité. La Rhytine de Steller est aujourd’hui un symbole de l’impact humain sur les écosystèmes marins arctiques.

 

Rongeurs éteints récemment

Nom Statut Parcours et cause disparition (EX)
Melomys rubicola — Rat de Bramble Cay
(moins de 20 cm, mions de 120 g)

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Le Melomys rubicola, ou rat de Bramble Cay, est le premier mammifère officiellement déclaré éteint à cause du changement climatique anthropique.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est découverte en 1845 sur Bramble Cay, un îlot corallien situé à l’extrémité nord de la Grande Barrière de corail, dans le détroit de Torrès. Elle est décrite scientifiquement en 1924 par Oldfield Thomas. Endémique de cette île de 340 mètres sur 150, elle n’a jamais été observée ailleurs, malgré des recherches sur le continent papou à 50 km de distance.
Morphologie et écologie
Ce rongeur possédait une fourrure brun rougeâtre sur le dos et grisâtre sur le ventre, une queue préhensile à écailles en mosaïque, et mesurait environ 15 cm pour un poids de 80 à 160 g. Il se nourrissait de végétation herbacée et vivait dans les zones les plus élevées de l’île, à peine 3 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Observations et raréfaction
L’espèce était encore modérément commune dans les années 1920. Elle est photographiée en 2001, mais aucune observation n’est enregistrée après 2009. Une enquête exhaustive menée en 2014 par le gouvernement du Queensland et l’Université du Queensland confirme l’absence totale de spécimens vivants. L’extinction est officiellement reconnue en 2016 par l’UICN et en 2019 par le gouvernement australien.
Causes de la disparition
La cause principale est la montée du niveau de la mer, qui a submergé l’habitat et détruit plus de 90 % de la végétation de Bramble Cay entre 2004 et 2014. Les tempêtes tropicales et les inondations répétées ont aggravé la situation. L’espèce, confinée à une zone minuscule sans possibilité de migration, n’a pas pu survivre à cette perte d’habitat. Aucun prédateur ou facteur humain direct n’est impliqué, ce qui rend cette extinction emblématique du changement climatique.
Statut actuel et postérité
Le Melomys rubicola est considéré comme le premier mammifère dont l’extinction est directement liée à l’impact climatique humain. Il est devenu un symbole de la vulnérabilité des espèces insulaires face à la montée des océans et à la perte d’habitat causée par les dérèglements climatiques.
Megalomys desmarestii — Rat géant de la Martinique
(moions de 40 cm, moins de 1,5 kg)

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Le Megalomys desmarestii, ou rat géant de la Martinique, a disparu au début du XXe siècle, victime de la prédation par des espèces introduites et de bouleversements écologiques majeurs.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1829 par Johann Fischer. Elle était endémique de la Martinique et représentait l’un des plus grands rongeurs des Petites Antilles. Elle occupait divers habitats de l’île, des zones côtières aux forêts d’altitude, avec une préférence pour les milieux humides et boisés.
Morphologie et écologie
Ce rongeur pouvait atteindre 30 à 40 cm de long, avec une queue presque aussi longue que le corps. Il possédait une fourrure dense, une tête massive et des incisives puissantes. Il se nourrissait de végétaux, de fruits et de racines. Les populations amérindiennes et esclaves le consommaient, malgré une odeur forte qui nécessitait une cuisson prolongée et un assaisonnement spécifique.
Raréfaction et dernières observations
Au XIXe siècle, l’espèce devient rare, se repliant dans les forêts d’altitude sur les contreforts de la montagne Pelée. Aucune observation confirmée n’est enregistrée après l’éruption de 1902, qui détruit Saint-Pierre et bouleverse les écosystèmes du nord de l’île.
Causes de la disparition
La principale cause est l’introduction du rat noir (Rattus rattus) par les colons européens, qui entre en compétition pour les ressources et transmet des maladies. L’arrivée de la mangouste indienne (Herpestes javanicus) pour lutter contre les serpents et les rats accentue la pression prédatrice. L’éruption de la montagne Pelée en 1902, bien que secondaire, a pu achever les dernières populations isolées.
Statut actuel et postérité
L’espèce est classée comme éteinte par l’UICN. Elle illustre les effets combinés de la bioturbation coloniale, de la prédation invasive et des catastrophes naturelles sur les espèces insulaires. Elle fait partie d’un groupe de rongeurs géants antillais aujourd’hui disparus, dont Megalomys audreyae (Barbade) et Megalomys curazensis (Curaçao).
Megalomys luciae — Rat géant de Sainte-Lucie
(moins de 30 cm, moins 1,2 kg)
 
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Le Megalomys luciae, ou rat géant de Sainte-Lucie, a disparu au milieu du XIXe siècle, victime de la prédation invasive et de la colonisation écologique.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1901 par Forsyth Major à partir de spécimens collectés sur l’île de Sainte-Lucie. Elle était endémique de cette île des Caraïbes et représentait l’un des plus grands rongeurs insulaires antillais. Elle occupait les zones boisées et humides, probablement en altitude, mais son écologie reste mal documentée.
Morphologie et écologie
Ce rongeur possédait une taille imposante, comparable à celle d’un gros rat musqué, avec une queue longue et écailleuse. Il se nourrissait de végétaux, de fruits et de racines. Son comportement était probablement nocturne et discret, ce qui a limité les observations directes. Il n’a jamais été abondant dans les récits coloniaux.
Captivité et dernières observations
Le dernier spécimen connu meurt au zoo de Londres en 1852 après trois ans de captivité. Aucun individu vivant n’a été observé depuis. Seuls deux spécimens naturalisés sont conservés dans des collections muséales, notamment à Paris et à Londres
Causes de la disparition
La disparition est attribuée à l’introduction du rat noir (Rattus rattus) et de la mangouste indienne (Herpestes javanicus), qui ont décimé les populations de rongeurs indigènes dans les Petites Antilles. La compétition alimentaire, la prédation directe et la transmission de maladies ont affaibli l’espèce. La colonisation agricole et la déforestation ont réduit son habitat. L’absence de mesures de conservation et la faible résilience démographique ont accéléré son extinction.
Statut actuel et postérité
L’espèce est classée comme éteinte par l’UICN. Elle incarne la fragilité des faunes insulaires face aux bouleversements coloniaux et écologiques. Elle fait partie du groupe des Megalomys, tous disparus au XXe siècle, et illustre l’effacement silencieux des mammifères endémiques des Caraïbes.
Gyldenstolpia fronto — Rat du Brésil
(moins de 25 cm, mopins de 300 g)

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Le Gyldenstolpia fronto, ou rat fouisseur géant du Brésil, est considéré comme éteint depuis le début du XXe siècle, victime de la fragmentation de son habitat et d’une absence totale de données contemporaines.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1888 par Herluf Winge sous le nom de Kunsia fronto. Elle est ensuite reclassée dans le genre Gyldenstolpia, qui ne comprend que deux espèces. Le Gyldenstolpia fronto était présent dans le Chaco humide d’Argentine et dans les savanes sèches du Brésil, notamment dans le Minas Gerais. Les seuls spécimens connus proviennent de collectes anciennes, le dernier datant de 1896.
Morphologie et écologie
Ce rongeur de grande taille possédait un crâne robuste, des oreilles arrondies et peu visibles, des yeux petits, une queue courte et une fourrure dorsale épaisse et hérissée. Il présentait une morphologie semi-fossoriale, adaptée à la vie souterraine. Son écologie reste inconnue, mais il est supposé avoir habité les savanes sèches et les zones herbeuses, avec un mode de vie discret et fouisseur.
Raréfaction et absence de données
Aucun spécimen vivant n’a été observé depuis plus d’un siècle. Des campagnes de recherche ciblées dans le Chaco argentin et le Cerrado brésilien n’ont donné aucun résultat. L’espèce est absente des milliers de prélèvements indirects (egagrópilas de rapaces) réalisés dans ces régions. Aucun fossile récent ni trace génétique n’a été détecté.
Causes de la disparition
La disparition est attribuée à la fragmentation de son habitat par l’agriculture, l’élevage et l’urbanisation. L’absence de données contemporaines empêche d’identifier des causes précises, mais la faible densité, la spécialisation écologique et la pression anthropique sont les facteurs les plus probables. L’espèce a disparu sans jamais avoir été étudiée in situ.
Statut actuel et postérité
Le Gyldenstolpia fronto est classé comme éteint par les autorités argentines et comme en danger critique (possiblement éteint) par l’UICN depuis 2018. Il incarne la disparition silencieuse des rongeurs sud-américains méconnus, et souligne les lacunes dans la connaissance et la conservation des petits mammifères fossoriales.
Peromyscus pembertoni — Souris de Pemberton
(moins de 12 cm, moins de 30 g)

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La souris de Pemberton (Peromyscus pembertoni) a disparu en 1931, victime de son isolement insulaire, de la compétition interspécifique et de la fragilité écologique de son habitat.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1932 par William H. Burt à partir de spécimens collectés sur l’île San Pedro Nolasco, dans le golfe de Californie, au large de Sonora (Mexique). Elle était endémique de cette île aride de 3,7 km², caractérisée par une végétation clairsemée et une faune limitée. Aucun autre site n’a jamais abrité cette espèce.
Morphologie et écologie
La souris de Pemberton appartenait au groupe des Peromyscus à pattes blanches. Elle se distinguait par sa taille modeste, sa fourrure brun-gris, ses grandes oreilles et sa queue velue. Elle était probablement nocturne, granivore et insectivore, occupant les zones rocheuses et les crevasses pour se protéger des prédateurs et des températures extrêmes. Son comportement reste mal connu, faute d’observations prolongées.
Dernières observations et extinction
Le dernier spécimen vivant est collecté le 26 décembre 1931. Aucune trace n’est relevée lors des expéditions ultérieures. L’UICN confirme son extinction dans les années 1990. L’espèce n’a jamais été observée sur le continent ni sur d’autres îles du golfe.
Causes de la disparition
La cause principale est la compétition avec Peromyscus boylii, une espèce continentale introduite accidentellement sur l’île, probablement par des pêcheurs ou des navigateurs. Ce concurrent plus adaptable a supplanté la souris de Pemberton dans les niches écologiques disponibles. L’absence de diversité génétique, la faible résilience démographique et l’absence de refuge ont accéléré l’extinction. Aucun programme de conservation n’a été envisagé à l’époque.
Statut actuel et postérité
L’espèce est classée comme éteinte par l’UICN. Elle incarne la vulnérabilité des espèces insulaires face aux introductions biologiques et à l’absence de surveillance écologique. Elle est souvent citée comme exemple dans les études sur l’extinction rapide des petits mammifères insulaires
Nesoryzomys indefessus  — Rat de rizière des Galapagos
(moins de 18 cm, moins de 80 g)

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Le Nesoryzomys indefessus, ou rat de rizière des Galápagos, a disparu dans les années 1930, victime de l’introduction du rat noir et de la fragilité écologique insulaire.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1899 par Oldfield Thomas. Elle était endémique des îles Santa Cruz et Baltra, dans l’archipel des Galápagos. Elle appartenait au genre Nesoryzomys, un groupe de rongeurs sigmodontinés spécifiques aux Galápagos, et occupait les zones boisées et les milieux semi-arides de basse altitude.
Morphologie et écologie
Ce rongeur possédait une taille modeste, une fourrure brun-gris, une queue velue et une dentition adaptée à un régime omnivore. Il se nourrissait de graines, de fruits, d’insectes et de petits invertébrés. Son comportement était probablement nocturne et discret, avec une activité concentrée dans les zones de végétation dense. Il jouait un rôle écologique important dans la dispersion des graines et le contrôle des insectes.
Raréfaction et extinction
L’espèce devient rare dès le début du XXe siècle. Les dernières observations confirmées datent des années 1930. Aucune trace n’a été relevée lors des expéditions scientifiques ultérieures. L’UICN classe l’espèce comme éteinte, bien que des espèces proches comme Nesoryzomys narboroughi aient été redécouvertes sur d’autres îles.
Causes de la disparition
La principale cause est l’introduction du rat noir (Rattus rattus) par les navires européens. Ce prédateur opportuniste a décimé les populations indigènes en détruisant les nids, en consommant les jeunes et en entrant en compétition pour les ressources alimentaires. La faible résilience démographique, l’absence de mécanismes de défense et l’isolement insulaire ont empêché toute adaptation. Aucun programme de conservation n’a été mis en place à l’époque.
Statut actuel et postérité
Le Nesoryzomys indefessus est classé comme éteint par l’UICN depuis 2019. Il incarne la vulnérabilité des espèces insulaires face aux introductionsbiologiques et à l’absence de surveillance écologique. Il est souvent cité comme exemple dans les études sur l’extinction rapide des petits mammifères insulaires.

 

Cétartiodactyles éteints récemment

Nom Statut Parcours et cause disparition (EX)
Sanglier de Java (Sus bucculentus)
(moins de 110 cm, moins de 60 kg)

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Le sanglier de Java (Sus bucculentus), aussi appelé sanglier du Vietnam, est considéré comme éteint, bien que son statut taxonomique reste incertain en raison du faible nombre de spécimens et de données génétiques disponibles.
Découverte et répartition initiale
L’espèce est décrite en 1892 à partir de deux crânes collectés dans les montagnes du Laos. Un troisième spécimen est découvert en 1995 dans les monts Annamites. Elle aurait été endémique des forêts tropicales humides du Laos et du Vietnam, entre 500 et 1 500 mètres d’altitude, dans des zones marécageuses, riveraines et semi-décidues.
Morphologie et écologie
Le sanglier de Java se distinguait par des joues larges et une dentition robuste, adaptée à une alimentation variée incluant racines, tubercules, fruits, écorces et graines dures. Il était légèrement plus grand que le sanglier eurasien (Sus scrofa), avec un poids estimé entre 80 et 120 kg. Son pelage était probablement dense et sombre. Les canines bien développées servaient à creuser et à se défendre. Son comportement était probablement solitaire et nocturne, avec une activité concentrée dans les zones humides et boisées.
Raréfaction et incertitude taxonomique
L’espèce n’a jamais été observée vivante. Les données sont limitées à quelques crânes et fragments dentaires. Des analyses génétiques récentes suggèrent qu’il pourrait s’agir d’une forme locale de Sus scrofa, ce qui rend son statut taxonomique incertain. L’UICN le considère comme éteint jusqu’à obtention de preuves plus solides.
Causes de la disparition
La disparition est attribuée à la déforestation, à la fragmentation de l’habitat et à la chasse. Les forêts des monts Annamites ont été fortement exploitées pour l’agriculture, le bois et les infrastructures. La chasse locale, motivée par la viande et les croyances médicinales, a pu décimer les dernières populations. L’absence de données contemporaines et de programmes de conservation a empêché toute protection.
Statut actuel et postérité
Le sanglier de Java est classé comme éteint par l’UICN, mais son statut reste sujet à débat. Il incarne les limites de la taxonomie fondée sur des spécimens fragmentaires et souligne la nécessité de recherches génétiques et écologiques approfondies dans les zones tropicales reculées.
Bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica pyrenaica)
(moins de 150 cm, moins de 90 kg)

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Le Bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica pyrenaica) a disparu officiellement en janvier 2000, victime de la chasse intensive, de la fragmentation de son habitat et de l’absence de mesures de conservation efficaces.
Répartition et caractéristiques
Sous-espèce du bouquetin ibérique, le Bouquetin des Pyrénées occupait historiquement les versants français et espagnols de la chaîne pyrénéenne. Il se distinguait par des cornes longues et incurvées, un pelage sombre marqué de taches noires, et une adaptation aux milieux escarpés et rocheux. Il vivait en petits groupes dans les zones d’altitude, entre 1 000 et 2 500 mètres.
Raréfaction et disparition progressive
La sous-espèce disparaît du versant français dès le début du XXe siècle, le dernier individu étant tué près du lac de Gaube en 1910. En Espagne, une population relictuelle subsiste dans le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu, créé en 1918. Malgré cette protection, la population décline lentement, passant de quelques dizaines à moins de dix individus dans les années 1990.
Dernier individu et extinction officielle
La dernière femelle, nommée Celia, est retrouvée morte le 6 janvier 2000 dans le parc d’Ordesa, tuée par la chute d’un arbre. Sa mort marque l’extinction officielle de la sous-espèce. Des tissus vivants avaient été prélevés en 1999 pour tenter un clonage, mais les tentatives échouent à produire une lignée viable.
Causes de la disparition
La chasse sportive au XIXe siècle a décimé les populations, ciblées pour leurs cornes spectaculaires. La fragmentation de l’habitat par les activités humaines, le dérangement touristique et l’absence de corridors écologiques ont isolé les derniers groupes. L’absence de programme de reproduction en captivité ou de translocation a empêché toute restauration génétique. La faible diversité génétique et la consanguinité ont aggravé la vulnérabilité démographique.
Statut et postérité
Classé comme éteint par l’UICN, le Bouquetin des Pyrénées est le seul bouquetin ibérique à avoir disparu. Il a été remplacé par des réintroductions de bouquetins de sous-espèces proches (Capra pyrenaica victoriae) dans les Pyrénées françaises depuis 2014. Son extinction est devenue un cas emblématique de perte de biodiversité liée à la négligence conservatoire.
Aurochs (Bos primigenius)
(moins de 180 cm (Garrot), moins de 1 t)

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L’aurochs (Bos primigenius) a disparu en 1627, victime de la chasse, de la domestication et de la fragmentation de son habitat forestier.
Origine et répartition historique
Apparu il y a environ deux millions d’années en Inde, l’aurochs migre vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Nord. Il devient l’un des grands herbivores du Paléolithique, représenté dans les grottes de Lascaux, Chauvet et Altamira. Trois sous-espèces sont identifiées : européenne (Bos primigenius primigenius), asiatique (Bos primigenius namadicus) et nord-africaine (Bos primigenius africanus).
Morphologie et écologie
L’aurochs mesurait entre 1,60 et 1,80 m au garrot pour les mâles, avec un poids de 800 à 1 000 kg. Il possédait de longues cornes en lyre, un pelage brun-noir chez le mâle et brun-rouge chez la femelle. Il vivait en petits groupes dans les forêts humides, les marais et les vallées fluviales, se nourrissant de graminées, de glands, d’écorces et de feuillages.
Domestication et raréfaction
Domestiqué vers 8 000 av. J.-C. au nord du Croissant fertile, il donne naissance aux races bovines actuelles. Les croisements entre aurochs sauvages et bovins domestiques sont fréquents jusqu’au Moyen Âge. Dès le XIIIe siècle, l’aurochs ne subsiste plus qu’en Europe de l’Est, notamment en Pologne, Lituanie et Moldavie.
Extinction et dernier individu
Le dernier aurochs connu meurt en 1627 dans la forêt de Jaktorów, en Pologne. Il s’agissait d’une femelle surveillée par les autorités royales. L’espèce est alors considérée comme éteinte. Des tentatives de reconstitution ont lieu au XXe siècle, notamment par les frères Heck, qui créent une race appelée « aurochs de Heck ».
Causes de la disparition
La chasse intensive pour la viande et les trophées a décimé les populations. La domestication a entraîné une pollution génétique et une réduction des effectifs sauvages. La fragmentation de l’habitat par l’agriculture et l’urbanisation a limité les zones de refuge. L’absence de mesures conservatoires et la faible résilience démographique ont accéléré l’extinction.
Statut et postérité L’aurochs est classé comme éteint par l’UICN. Il est considéré comme un candidat potentiel pour la désextinction grâce au séquençage de son ADN ancien. Il reste un symbole de la domestication et de la disparition des grands herbivores sauvages européens.

 

Chiroptères éteints récemment

Nom

Statut

Parcours et cause disparition (EX)

Chauve-souris frugivore de Porto Rico  (Phyllonycteris major)
(moins de 12 cm, enverg moins de 45 cm, moins de 60 g)

                               

 

 

EX

 

Origine et répartition historique
La Chauve‑souris frugivore de Porto Rico (Phyllonycteris major) est une espèce éteinte de la famille des Phyllostomidae elle n’est connue que par des fossiles découverts à Porto Rico sa présence fossile suggère qu’elle était autrefois
endémique de Porto Rico, probablement répandue dans les grottes et forêts de l’île dans sa description originale de mille neuf cent dix sept, Harold Elmer Anthony note sa grande proximité avec Phyllonycteris poeyi, espèce vivante de Cuba, ce qui l’amène à proposer qu’un ancien lien terrestre ou biogéographique entre Cuba et Porto Rico pourrait expliquer cette parenté étroite .
Morphologie
Selon la description fossile, Phyllonycteris major ressemblait fortement à Phyllonycteris poeyi, mais en plus grande taille comme les autres membres du genre
Phyllonycteris, elle possédait probablement un pelage clair, des oreilles larges, un museau allongé et des adaptations crâniennes typiques des chauves‑souris nectarivores ou frugivores sa morphologie suggère un mode de vie similaire à celui des chauves‑souris frugivores actuelles, avec des ailes adaptées au vol dans les forêts et les grottes.
Écologie
Bien que l’espèce soit connue uniquement par des fossiles, son appartenance au genre Phyllonycteris permet d’inférer une écologie proche de celle des chauves‑souris frugivores et nectarivores des Caraïbes ces chauves‑souris se nourrissent généralement de fruits, de nectar et de pollen, et jouent un rôle important dans la pollinisation et la dispersion des graines elles fréquentent habituellement les
grottes, les forêts tropicales, et les zones riches en plantes à fleurs il est probable que Phyllonycteris major occupait des habitats similaires à Porto Rico.
Raréfaction et disparition progressive
La disparition de Phyllonycteris major est antérieure aux temps historiques l’espèce est connue uniquement par des restes fossiles, ce qui indique une extinction ancienne plusieurs facteurs probables sont évoqués par les spécialistes changements climatiques holocènes ayant modifié la végétation de Porto Rico perturbations écologiques naturelles dans les grottes possible compétition avec d’autres chauves‑souris frugivores éventuels impacts humains très anciens (début de l’occupation précolombienne) la parenté étroite avec l’espèce cubaine Phyllonycteris poeyi a conduit Anthony à suggérer que l’espèce aurait pu survivre plus longtemps que ce que les fossiles indiquent, mais aucune preuve d’individus vivants n’a jamais été trouvée .

Pipistrelle de Sturdee (Pipistrellus sturdeei)
(moins de 5 cm, enverg moins de 25 cm, moins de 10 g)

                            

 

 

EX

 

Origine et répartition historique
La Pipistrelle de Sturdee est une espèce décrite en mille neuf cent quinze par Oldfield Thomas à partir d’un unique spécimen provenant de l’archipel d’Ogasawara au Japon aucune autre observation n’a jamais été confirmée certains auteurs ont suggéré que la localité pourrait être erronée mais les analyses taxonomiques modernes confirment que l’étiquette d’origine est correcte et que l’espèce était bien native des îles Ogasawara elle était donc probablement endémique de cet archipel isolé du Pacifique occidental.
Morphologie
La description repose uniquement sur l’holotype, une femelle immature les mesures relevées par Thomas indiquent un corps et tête de trente sept millimètres, une queue de trente et un millimètres et un avant‑bras de trente millimètres la morphologie générale correspond à celle des petites pipistrelles du genre Pipistrellus, avec un pelage brun, un museau court, des oreilles modestes et des ailes adaptées au vol rapide aucune autre donnée morphologique n’existe en raison de l’absence de spécimens supplémentaires.
Écologie
L’écologie de Pipistrellus sturdeei est inconnue car l’espèce n’a jamais été observée vivante toutefois, son appartenance au genre
 Pipistrellus permet d’inférer un mode de vie similaire à celui des pipistrelles actuelles ces chauves‑souris sont généralement insectivores, chassant en vol à faible altitude autour des forêts, des lisières et des zones ouvertes les îles Ogasawara abritent des habitats subtropicaux où l’espèce aurait probablement exploité les insectes nocturnes abondants aucune information n’existe sur ses gîtes, mais les pipistrelles utilisent habituellement les arbres creux, les fissures rocheuses ou les bâtiments.
Raréfaction et disparition progressive
La Pipistrelle de Sturdee est considérée comme éteinte (EX) par l’UICN depuis deux mille le dernier et unique spécimen connu date de mille huit cent quatre vingt neuf, ce qui indique une disparition très ancienne malgré des recherches répétées dans l’archipel, aucune pipistrelle correspondant à cette espèce n’a jamais été retrouvée les causes exactes de l’extinction sont inconnues, mais plusieurs facteurs probables sont évoqués la petite taille et l’isolement extrême de l’archipel d’Ogasawara la vulnérabilité aux espèces introduites comme les rats et les chats la dégradation des habitats liée aux activités humaines au XIXᵉ siècle la faible résilience démographique d’une espèce insulaire rare l’UICN note qu’aucune population n’a été détectée malgré des prospections intensives, confirmant l’extinction définitive de l’espèce .

Pipistrelle de l’île Christmas (Pipistrellus murray)
(moins de 5 cm, enverg moins de 25 cm, moins de 10 g)

                                 

 

 

EX

 

La Pipistrelle de l’île Christmas était strictement endémique de l’île Christmas, un territoire australien de l’océan Indien. Elle ne vivait nulle part ailleurs au monde. Elle était autrefois commune sur toute l’île, y compris dans les zones habitées, comme le montrent les témoignages du début du XXᵉ siècle où les individus entraient fréquemment dans les maisons . Sa répartition a commencé à se contracter dans les années 1990, jusqu’à ne subsister que dans quelques zones forestières avant l’extinction.

C’était une très petite chauve‑souris, la plus petite d’Australie, pesant 3 à 4,5 g. Son pelage était brun foncé avec des pointes jaunâtres, ses oreilles étaient triangulaires, et son avant‑bras mesurait 30–33 mm. La longueur tête‑corps atteignait 35–40 mm, avec une queue de 30–31 mm. Elle possédait un uropatagium avec calcar distinct et une queue dépassant légèrement la membrane .

La Pipistrelle était nocturne et se nourrissait d’insectes, notamment de papillons nocturnes et de coléoptères. Elle chassait sous et au‑dessus de la canopée, souvent le long des lisières forestières. Le jour, elle se réfugiait dans des cavités d’arbres, sous l’écorce décollée, dans des palmes mortes ou entre un figuier étrangleur et son hôte. Elle pouvait se percher seule ou en petites colonies allant jusqu’à 47 individus. Les déplacements entre gîtes étaient fréquents, sur des distances de 14 à 186 m .

Le déclin de la Pipistrelle de l’île Christmas a été brutal à partir des années 1990 : encore commune dans les années 1980, elle avait perdu environ 80 % de sa population entre 1994 et 2005. En 2009, il ne restait probablement qu’une vingtaine d’individus, puis un seul, détecté pour la dernière fois le 26 août 2009, date considérée comme l’extinction officielle. Les causes identifiées sont presque entièrement liées aux espèces invasives, en particulier le serpent‑loup asiatique (Lycodon capucinus), responsable estimé de 55 % du déclin, ainsi que le scolopendre géant et la fourmi folle jaune, qui expliquent ensemble environ 30 % des pertes. D’autres pressions ont aggravé la situation : rats noirs, chats, escargot géant africain et prédation par la crécerelle nankeen. Les études ont exclu la maladie et démontré une corrélation directe entre l’expansion du serpent‑loup et l’effondrement de la population. L’absence d’un programme de captivité mis en place à temps a été largement critiquée, car l’espèce aurait probablement pu être sauvée.

Renard volant de l’île Percy (Pteropus brunneus)
(moins de 25 cm, enverg moins de 110 cm, moins de 1 kg)

                                

 

 

EX

 

Origine et repartition historique
Le Renard volant de l’île Percy (Pteropus brunneus) est une espèce de mégachiroptère de la famille des Pteropodidae, décrite en 1878 par George Edward Dobson à partir d’un unique spécimen collecté en 1874 sur les îles Percy, au large du Queensland, en Australie . Son origine exacte reste incertaine, car certains auteurs ont suggéré qu’il pourrait s’agir d’un vagabond d’une autre espèce mélanésienne, tandis que d’autres travaux confirment qu’il s’agissait bien d’une espèce distincte, probablement endémique d’un petit archipel isolé . Historiquement, l’espèce aurait formé des colonies importantes sur les îles Percy et se serait rendue régulièrement sur le continent australien pour se nourrir, selon des témoignages du XIX siècle . Aucune observation fiable n’a été faite après les années 1890, malgré de nombreuses
recherches.
Morphologie
Pteropus brunneus
était un petit renard volant comparé aux autres espèces australiennes. Le spécimen connu pesait environ 200 g, avec une longueur tête‑corps d’environ 210 mm et un avant‑bras de 118 mm . Son pelage était uniformément brun doré, avec des nuances plus claires sur la tête et la nuque, et une fourrure légèrement plus longue au niveau du cou. Le uropatagium était étroit et partiellement masqué par la fourrure. L’espèce se distinguait morphologiquement des autres renards volants australiens, présentant des affinités plus proches de certaines espèces mélanésiennes, ce qui a alimenté les débats taxonomiques .
Écologie
Comme les autres membres du genre
Pteropus, Pteropus brunneus était probablement frugivore et nectarivore, se nourrissant de fruits, de fleurs et de pollen. Les descriptions historiques évoquent des camps coloniaux installés dans les forêts des îles Percy, avec des déplacements réguliers vers le continent pour se nourrir . L’espèce devait jouer un rôle écologique important dans la pollinisation et la dispersion des graines, comme la plupart des renards volants. Son habitat supposé comprenait les forêts insulaires, les zones boisées côtières et les milieux tropicaux humides du Queensland.
Raréfaction et disparition progressive
La disparition de
Pteropus brunneus est l’une des extinctions les plus rapides et les plus mystérieuses des mammifères australiens. L’espèce n’a plus été observée après 1874, malgré des recherches intensives, et a été déclarée éteinte par l’UICN (catégorie EX) . Plusieurs facteurs ont probablement contribué à sa disparition. Les petites populations insulaires sont extrêmement vulnérables aux perturbations environnementales, aux cyclones, aux maladies et aux fluctuations alimentaires. La déforestation et les perturbations humaines sur les îles Percy au XIX siècle ont pu réduire drastiquement son habitat. Les renards volants sont également sensibles à la chasse, aux incendies et aux événements climatiques extrêmes, qui peuvent décimer des colonies entières. Enfin, la possibilité que l’espèce ait été déjà rare ou localisée au moment de sa découverte a pu accélérer son extinction. Les derniers témoignages du XIX siècle évoquent encore des colonies nombreuses, mais celles‑ci semblent avoir disparu en quelques décennies seulement, faisant de Pteropus brunneus un exemple emblématique d’extinction rapide d’un mammifère insulaire .

Grand renard volant des Palaos (Pteropus pilosus)
(moins de 25 cm, enverg moins de 120 cm, moins de 1 kg)

                                

 

 

EX

 

Origine et repartition historique
Le Grand renard volant des Palaos (Pteropus pilosus) était un mégachiroptère endémique des îles Palaos, en Micronésie, où il ne vivait nulle part ailleurs. L’espèce n’est connue que par deux spécimens collectés avant 1874, ce qui indique qu’elle était déjà extrêmement rare au moment de sa découverte. Aucun témoignage ne mentionne sa présence en dehors de l’archipel, et sa répartition historique semble avoir été strictement limitée aux forêts insulaires des Palaos. L’UICN confirme que l’espèce était endémique et n’a jamais été observée ailleurs dans le Pacifique.
Morphologie
Pteropus pilosus
était un renard volant de taille moyenne, avec une envergure d’environ 60 cm. Son pelage était brunâtre, avec des poils argentés sur le ventre, ce qui lui donnait un aspect contrasté. Sa morphologie générale était similaire à celle des autres espèces du genre Pteropus, mais les spécimens montrent une fourrure ventrale particulièrement longue et brillante. L’espèce a été décrite scientifiquement en 1908 par Knud Andersen, à partir des deux spécimens collectés avant 1874.
Ecologie
Aucune donnée directe n’existe sur l’écologie de
Pteropus pilosus, car l’espèce avait déjà disparu avant que des observations naturalistes détaillées puissent être réalisées. L’UICN précise qu’aucune information écologique fiable n’a été enregistrée. Cependant, par analogie avec les autres renards volants du Pacifique, il est probable que l’espèce ait été frugivore et nectarivore, se nourrissant de fruits, de fleurs et de pollen, et jouant un rôle important dans la pollinisation et la dispersion des graines dans les forêts insulaires. Comme les autres Pteropodidae, elle devait former de petites colonies perchées dans les arbres et se déplacer la nuit pour se nourrir.
Raréfaction et disparition progressive
Le
Grand renard volant des Palaos est considéré comme éteint depuis 1874, et l’UICN le classe dans la catégorie EX – Extinct. Les causes exactes de sa disparition restent inconnues, mais plusieurs facteurs probables sont évoqués. La chasse excessive par les populations locales est considérée comme une cause majeure, comme le suggère la notice de Wikipedia. Les renards volants sont traditionnellement chassés pour leur viande dans de nombreuses îles du Pacifique, et une espèce insulaire à faible effectif est particulièrement vulnérable. La faible taille de la population, le caractère insulaire, les événements climatiques extrêmes (typhons), la déforestation locale et l’absence de diversité génétique ont probablement accéléré le déclin. L’espèce n’a jamais été revue malgré des recherches répétées, ce qui confirme une extinction très rapide, probablement survenue en quelques décennies seulement. L’UICN note que l’espèce n’a jamais été observée depuis 1874, malgré des inventaires intensifs.

Roussette rougette (Pteropus subniger)
(moins de 20 cm, enverg moins de 90 cm, moins de 500 g)

                               

 

 

EX

 

Origine et repartition historique
La Roussette rougette (Pteropus subniger), également appelée Small Mauritian flying fox ou Dark flying fox, était un renard volant endémique des Mascareignes, où elle ne vivait que sur Maurice et La Réunion. Les premiers spécimens ont été décrits en 1792 par Robert Kerr. L’espèce était autrefois abondante, occupant les forêts humides, les zones montagneuses et les grands arbres creux des deux îles. Elle formait des colonies pouvant atteindre plus de 400 individus, ce qui témoigne d’une présence autrefois massive dans les paysages forestiers mauriciens et réunionnais. Sa répartition historique était donc strictement limitée à ces deux îles volcaniques de l’océan Indien, sans aucune présence ailleurs.
Morphologie
Pteropus subniger
était une chauve‑souris de taille moyenne, avec un avant‑bras mesurant environ 95 à 99 mm et une fourrure longue, dense et soyeuse. Sa coloration était brun noirâtre, avec une tête grisonnante et un collier brun orangé très caractéristique. Le museau était long et effilé, les yeux grands, et les oreilles petites et dissimulées dans la fourrure. L’espèce ne possédait pas de queue, et son uropatagium se réduisait à une fine membrane interne. Les dents étaient petites et délicates, ce qui suggère un régime alimentaire basé sur le nectar et les fruits mous. Ces traits morphologiques la rapprochent du groupe d’espèces de Pteropus hypomelanus, selon la classification d’Andersen.
Écologie
La Roussette rougette était
nocturne et se réfugiait dans les grands arbres creux, parfois dans des grottes, formant des colonies importantes. Les observations historiques indiquent qu’elle quittait ses gîtes au crépuscule et revenait avant l’aube. Son régime alimentaire était probablement nectarivore et frugivore, ce que suggèrent ses dents fines et les comportements rapportés. Elle jouait un rôle écologique essentiel dans la pollinisation et la dispersion des graines des forêts mauriciennes et réunionnaises. Les témoignages du XVIII siècle décrivent une espèce autrefois très commune, présente même dans les zones habitées, ce qui montre qu’elle supportait une certaine proximité avec l’activité humaine avant son déclin.
Raréfaction et disparition progressive
La disparition de
Pteropus subniger est attribuée à une combinaison de facteurs humains et environnementaux. L’espèce a été massivement chassée pour sa viande et sa graisse, très recherchées par les colons européens et les populations locales, comme le rapportent les récits du XVIII siècle. Les «bat‑trees», arbres creux abritant des colonies, étaient activement exploités, parfois fumés pour capturer ou tuer les animaux. La déforestation rapide des Mascareignes, liée à l’agriculture coloniale, a détruit une grande partie de ses habitats de gîte et d’alimentation. Les populations se sont effondrées au XIX siècle : l’espèce a disparu de La Réunion vers 1862, puis de Maurice entre 1864 et 1873, selon l’UICN, qui la classe aujourd’hui comme éteinte (EX). Aucun individu n’a été observé depuis le milieu du XIXᵉ siècle. La combinaison de la chasse intensive, de la perte d’habitat, de la faible résilience des populations insulaires et de la fragmentation écologique a conduit à une extinction rapide et irréversible.

 

Périssodactyles éteints récemment

Nom

Statut

Parcours et cause disparition (EX)

Zèbre Quagga (Equus quagga quagga)

                             

 

 

EX

 

Le Quagga (Equus quagga quagga) était une sous‑espèce méridionale du zèbre des plaines, endémique d’Afrique australe. Il occupait autrefois les prairies arides, les savannes ouvertes et les bushvelds du Sud de l’Afrique, principalement en Afrique du Sud, dans les régions du Cap, du Karoo, de l’État libre d’Orange et du Transvaal. Sa répartition historique était limitée aux zones les plus sèches et herbeuses, où il vivait en grands troupeaux mixtes avec d’autres herbivores. Les analyses génétiques modernes ont confirmé que le Quagga n’était pas une espèce distincte, mais une sous‑espèce locale du zèbre des plaines, adaptée aux environnements plus arides du sud du continent.
Le Quagga se distinguait par une apparence unique parmi les zèbres. L’avant du corps était
fortement rayé, comme chez les autres zèbres, mais les rayures s’estompaient progressivement vers l’arrière pour laisser place à une robe brun‑roux unie sur la croupe et les pattes. Cette transition spectaculaire lui donnait un aspect « mi‑zèbre, mi‑cheval ». Il mesurait environ 1,25 m à 1,35 m au garrot, avec une morphologie robuste adaptée à la course en milieu ouvert. Sa crinière était courte et dressée, et son museau sombre contrastait avec les rayures faciales. Les spécimens naturalisés montrent une grande variabilité individuelle, ce qui reflète probablement une diversité phénotypique importante dans les populations sauvages.
Le Quagga était un
herbivore strict, spécialisé dans la consommation d’herbes dures des savannes sèches. Il vivait en troupeaux sociaux, souvent associés aux gnous bleus et aux autres zèbres, formant des communautés mixtes qui amélioraient la vigilance contre les prédateurs. Comme les autres zèbres, il jouait un rôle écologique essentiel dans le pâturage, la dispersion des graines et la structuration des prairies. Il se déplaçait en fonction des ressources en eau et en herbe, occupant des territoires saisonniers dans les plaines sud‑africaines. Les récits du XIXᵉ siècle décrivent des troupeaux très nombreux, parfois de plusieurs centaines d’individus.
La disparition du Quagga est directement liée à l’expansion coloniale européenne en Afrique australe. À partir du début du
XIXᵉ siècle, l’espèce a été massivement chassée pour sa viande, sa peau et pour protéger les pâturages destinés au bétail. Les colons considéraient le Quagga comme un concurrent des moutons et des bovins, ce qui entraîna une extermination systématique. La dégradation des habitats, la fragmentation des troupeaux et l’absence de mesures de conservation ont accéléré son déclin. Dès les années 1850, il avait disparu de la plupart de son aire naturelle. Le dernier Quagga sauvage aurait été tué vers 1878 dans l’État libre d’Orange. Le dernier individu captif est mort au zoo d’Amsterdam le 12 août 1883, marquant l’extinction officielle de la sous‑espèce.
Au XXᵉ siècle, des analyses génétiques ont permis de confirmer son statut de sous‑espèce, ce qui a conduit au lancement du
Quagga Project, un programme visant à sélectionner des zèbres des plaines présentant des caractéristiques proches du Quagga afin de reconstituer un phénotype similaire. Bien que ces animaux ne soient pas des Quaggas au sens strict, ils témoignent de l’intérêt scientifique et culturel pour cette sous‑espèce disparue.

Rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes)

                              

 

EX

 

Le Rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes) était une sous‑espèce du rhinocéros noir, endémique de l’Afrique de l’Ouest et du centre‑ouest. Il occupait autrefois un vaste territoire s’étendant du Tchad au Cameroun, en passant par la République centrafricaine, le nord du Nigeria, le nord du Bénin et parfois le nord du Mali. Sa répartition suivait les zones de savane arborée, de brousse sèche et de forêts claires soudaniennes, où il trouvait des arbustes épineux adaptés à son régime alimentaire. Cette sous‑espèce représentait la limite occidentale de la distribution du rhinocéros noir sur le continent africain.
Comme les autres rhinocéros noirs,
Diceros bicornis longipes possédait deux cornes, dont la première pouvait atteindre 1 mètre. Il mesurait environ 1,40 à 1,60 m au garrot et pesait entre 800 et 1 300 kg. Son corps était massif, avec une peau gris foncé et un museau préhensile en forme de bec crochu, adapté pour saisir les rameaux et les feuilles. Les descriptions indiquent qu’il était légèrement plus élancé que les sous‑espèces orientales, avec des membres proportionnellement plus longs, ce qui correspond à son adaptation aux savanes plus ouvertes de l’Afrique de l’Ouest
Le rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest était un
nourrisseur sélectif se nourrissant principalement de feuilles, rameaux, arbustes épineux et plantes ligneuses. Il vivait en solitaire, sauf pour les femelles accompagnées de leurs petits. Son territoire dépendait de la disponibilité en eau, qu’il devait trouver régulièrement, bien qu’il puisse survivre dans des zones relativement sèches. Il jouait un rôle écologique essentiel dans la régénération de la végétation, en contrôlant la croissance des arbustes et en maintenant l’équilibre des savanes. Ses prédateurs naturels étaient rares, les jeunes pouvant occasionnellement être victimes de lions ou de hyènes, mais l’espèce était surtout vulnérable aux activités humaines.
La disparition de
Diceros bicornis longipes est directement liée à l’intensification du braconnage pour la corne de rhinocéros, dont la valeur a explosé au XXᵉ siècle. Dès les années 1970, la sous‑espèce avait perdu plus de 90 % de sa population. Les conflits armés dans la région du Sahel, la dégradation des habitats, la raréfaction des points d’eau et l’absence de mesures de conservation efficaces ont accéléré son déclin. Dans les années 1980, il ne subsistait plus que quelques dizaines d’individus, principalement dans le nord du Cameroun. Les derniers individus confirmés ont été observés dans le Parc national de la Bénoué et le Parc national de Bouba‑Ndjida, mais malgré des recherches intensives, aucun rhinocéros n’a été détecté après 2006. En 2011, l’UICN a officiellement déclaré la sous‑espèce éteinte, faisant du rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest l’un des exemples les plus emblématiques d’extinction récente d’un grand mammifère africain. Sa disparition résulte d’une combinaison de braconnage incontrôlé, d’instabilité politique, d’absence de protection réelle et de la faible résilience des populations isolées.

Cheval de Tarpan (Equus ferus ferus)

                               

 

EX

 

Le Tarpan était le cheval sauvage d’Europe orientale et des steppes pontiques, considéré comme la forme occidentale du cheval sauvage eurasiatique. Il descendait probablement d’un ancêtre commun aux chevaux domestiques et aux chevaux de Przewalski, mais représentait une lignée distincte adaptée aux steppes froides, aux forêts claires et aux prairies ouvertes. Sa répartition historique s’étendait de la Pologne et de la Lituanie jusqu’à l’Ukraine, le sud de la Russie, le Kazakhstan occidental et les régions steppiques proches de la mer Noire. Il existait deux formes écologiques : le Tarpan des steppes, plus clair et plus élancé, et le Tarpan forestier, plus sombre et plus massif, vivant dans les forêts d’Europe centrale et orientale. Les populations étaient autrefois très répandues, mais déjà fragmentées au Moyen Âge.
Le Tarpan était un cheval de
petite taille, mesurant environ 1,30 à 1,40 m au garrot. Sa robe était généralement gris souris, parfois tirant vers le brun‑dun, avec une raie de mulet dorsale et des zébrures légères sur les membres, caractéristiques des chevaux primitifs. Sa crinière était courte, souvent dressée, et sa queue relativement fournie. Il possédait une tête robuste, un front large et un corps compact, adapté aux hivers rigoureux des steppes. Les descriptions historiques évoquent un animal vif, méfiant, difficile à approcher, avec une morphologie proche de celle des chevaux primitifs représentés dans l’art rupestre paléolithique.
Le Tarpan était un
herbivore spécialisé dans les graminées et les plantes steppiques, capable de survivre dans des milieux pauvres et des conditions climatiques extrêmes. Il vivait en petits groupes familiaux, menés par une jument dominante, et se déplaçait selon la disponibilité des pâturages. Il jouait un rôle écologique important dans le maintien des prairies, en empêchant l’embroussaillement et en favorisant la diversité végétale. Comme les autres équidés sauvages, il était migrateur à petite échelle, alternant entre zones forestières et steppiques selon les saisons. Ses prédateurs naturels incluaient le loup et, plus anciennement, le lynx et l’ours brun, mais sa principale menace devint l’activité humaine.
La disparition du Tarpan résulte d’une combinaison de
chasse, de domestication forcée, de hybridation, de destruction des habitats et de conflits avec l’élevage. Dès le Moyen Âge, il fut considéré comme un nuisible par les paysans, car il concurrençait les chevaux domestiques et endommageait les cultures. Les populations forestières d’Europe centrale furent éliminées dès le XVIIᵉ siècle. Les derniers Tarpans des steppes survécurent en Ukraine et dans le sud de la Russie, mais furent intensément chassés au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Le dernier individu sauvage connu aurait été tué en 1879 dans la région de Kherson. Un dernier Tarpan captif, probablement issu d’une population semi‑sauvage, mourut en 1887 dans un domaine privé en Pologne, marquant l’extinction officielle de la sous‑espèce.
Au XXᵉ siècle, des programmes comme le
Konik polski ou le Tarpan reconstitué ont tenté de recréer un phénotype proche du Tarpan à partir de chevaux rustiques, mais ces animaux ne sont pas des Tarpans véritables, seulement des reconstitutions morphologiques.

Soricomorphes éteints récemment

Nom

Statut

Parcours et cause disparition (EX)

Nesophonte d’Edith (Nesophontes edithae)

 

                              

EX

 

Le Nesophonte d’Edith (Nesophontes edithae) appartenait à la famille éteinte des Nesophontidae, un groupe de petits insectivores endémiques des Antilles. Cette espèce était strictement endémique de l’île de Saint‑John, dans les Îles Vierges américaines, où elle occupait autrefois les forêts sèches, les zones broussailleuses et les milieux rocheux. Les fossiles indiquent qu’elle était présente sur l’île depuis plusieurs milliers d’années, probablement depuis le Pléistocène tardif, et qu’elle représentait l’un des derniers survivants d’un groupe autrefois plus diversifié dans les Grandes et Petites Antilles. Sa répartition historique semble avoir été très restreinte, limitée à Saint‑John, sans preuve de présence sur les îles voisines comme Saint‑Thomas ou Tortola.
Nesophontes edithae était un petit mammifère insectivore, de taille comparable à une musaraigne, avec un corps mesurant environ 10 à 12 cm et un poids estimé entre 20 et 40 g. Il possédait un museau allongé, des dents pointues adaptées à un régime insectivore, et un crâne relativement robuste pour sa taille. Les analyses morphologiques montrent qu’il avait des membres courts, une queue modérément longue et une fourrure probablement dense. Ses dents tricuspidées et son museau étroit rappellent les Soricidae, mais les Nesophontidae formaient une lignée totalement distincte, endémique des Caraïbes depuis plusieurs millions d’années.
L’écologie du Nesophonte d’Edith est déduite de ses proches parents et de ses caractéristiques dentaires. Il était très probablement
insectivore, se nourrissant d’insectes, d’arthropodes, de larves et peut‑être de petits invertébrés du sol. Il vivait dans la litière forestière, sous les rochers, dans les crevasses et les zones humides des forêts sèches tropicales. Comme les autres Nesophontes, il devait être nocturne ou crépusculaire, actif au sol, et jouait un rôle écologique important dans le contrôle des populations d’insectes. Les fossiles montrent qu’il cohabitait autrefois avec des oiseaux endémiques, des reptiles et d’autres petits mammifères aujourd’hui disparus ou introduits.
La disparition de
Nesophontes edithae est étroitement liée à l’arrivée des Européens dans les Caraïbes et à l’introduction de prédateurs exotiques, en particulier la ratte noire (Rattus rattus) et la ratte brune (Rattus norvegicus). Ces rongeurs, arrivés dès le XVIᵉ siècle, ont provoqué une compétition alimentaire, une prédation directe et une transmission de maladies auxquelles les Nesophontes n’étaient pas adaptés. La petite taille de l’île de Saint‑John a rendu l’espèce particulièrement vulnérable. La déforestation, les incendies, la modification des habitats et l’expansion des plantations ont aggravé la situation. Les études paléontologiques montrent que l’espèce a survécu jusqu’à une période très récente, probablement jusqu’au XIXᵉ siècle, voire au début du XXᵉ siècle, avant de disparaître complètement. L’UICN la classe aujourd’hui comme éteinte (EX). Sa disparition fait partie d’un effondrement plus large des petits mammifères endémiques des Antilles, dont plusieurs espèces de Nesophontes ont disparu en quelques siècles seulement.

Nesophonte de Porto Rico (Nesophontes portoricensis)

                              

 

EX

 

Le Nesophonte de Porto Rico (Nesophontes portoricensis) appartenait à la famille éteinte des Nesophontidae, un groupe de petits insectivores endémiques des Antilles. Cette espèce était strictement endémique de Porto Rico, où elle occupait autrefois les forêts humides, les forêts sèches, les zones broussailleuses et les milieux rocheux de l’île. Les fossiles indiquent qu’elle était présente depuis le Pléistocène tardif, et qu’elle cohabitait avec d’autres espèces endémiques aujourd’hui disparues. Sa répartition historique semble avoir couvert l’ensemble de l’île, mais elle était probablement plus abondante dans les zones de forêts denses et de litière profonde.
Aucun fossile n’indique une présence sur les îles voisines comme Vieques ou Culebra, ce qui confirme son endémisme strict à Porto Rico.
Nesophontes portoricensis était un petit mammifère insectivore, de taille comparable à une musaraigne, avec un corps d’environ 10 à 12 cm et un poids estimé entre 20 et 40 g. Il possédait un museau long et étroit, des dents fines et pointues adaptées à la capture d’insectes, et un crâne robuste pour sa taille. Ses dents tricuspidées, caractéristiques des Nesophontidae, le distinguaient nettement des Soricidae modernes. Il avait probablement une fourrure dense, une queue modérément longue et des membres courts adaptés à une vie fouisseuse dans la litière forestière. Sa morphologie générale suggère un animal discret, terrestre, et spécialisé dans la recherche d’invertébrés au sol.
L’écologie du Nesophonte de Porto Rico est déduite de ses caractéristiques dentaires et de ses proches parents. Il était très probablement
insectivore, se nourrissant d’insectes, d’arthropodes, de larves, de vers et peut‑être de petits invertébrés du sol. Il vivait dans la litière forestière, sous les rochers, dans les crevasses et les zones humides des forêts tropicales. Il devait être nocturne ou crépusculaire, actif au sol, et jouait un rôle écologique important dans le contrôle des populations d’insectes. Les fossiles montrent qu’il cohabitait autrefois avec des oiseaux endémiques, des reptiles et d’autres petits mammifères, avant l’arrivée des espèces introduites par l’homme.
La disparition de
Nesophontes portoricensis est étroitement liée à l’arrivée des Européens dans les Caraïbes et à l’introduction de prédateurs exotiques, en particulier la ratte noire (Rattus rattus) et la ratte brune (Rattus norvegicus). Ces rongeurs, arrivés dès le XVIᵉ siècle, ont provoqué une prédation directe, une compétition alimentaire, et probablement une transmission de maladies auxquelles les Nesophontes n’étaient pas adaptés. La petite taille de l’île et la fragmentation des habitats ont aggravé la situation. La déforestation, les incendies, la modification des milieux forestiers et l’expansion des plantations ont réduit les zones de refuge. Les études paléontologiques montrent que l’espèce a survécu jusqu’à une période très récente, probablement jusqu’au XIXᵉ siècle, voire au début du XXᵉ siècle, avant de disparaître complètement. L’UICN classe aujourd’hui l’espèce comme éteinte (EX). Sa disparition s’inscrit dans un effondrement plus large des petits mammifères endémiques des Antilles, dont toutes les espèces du genre Nesophontes ont disparu en quelques siècles seulement, principalement à cause des espèces introduites.

Nesophonte de Cuba (Nesophontes micrus)

                              

 

EX

 

Le Nesophonte de Cuba (Nesophontes micrus) appartenait à la famille éteinte des Nesophontidae, un groupe de petits insectivores endémiques des Antilles. Cette espèce était strictement endémique de Cuba, où elle occupait autrefois une grande partie de l’île principale ainsi que certaines zones karstiques et forestières. Les fossiles montrent qu’elle était présente depuis le Pléistocène tardif, et qu’elle cohabitait avec d’autres espèces du genre Nesophontes aujourd’hui disparues. Sa répartition historique couvrait les forêts humides, les forêts sèches, les zones rocheuses, les grottes et les milieux de litière forestière, ce qui en faisait l’un des Nesophontes les plus largement distribués dans les Grandes Antilles.
Nesophontes micrus était un petit mammifère insectivore, de taille comparable à une musaraigne, avec un corps d’environ 8 à 10 cm et un poids estimé entre 15 et 30 g, ce qui en faisait l’un des plus petits membres du genre. Il possédait un museau long et étroit, des dents fines et tricuspidées adaptées à la capture d’insectes, et un crâne proportionnellement robuste. Ses membres courts et sa queue modérée suggèrent un animal terrestre, fouisseur dans la litière forestière. Sa morphologie générale rappelle celle des Soricidae, mais les Nesophontidae formaient une lignée totalement distincte, isolée dans les Antilles depuis plusieurs millions d’années.
L’écologie de
Nesophontes micrus est déduite de ses caractéristiques dentaires et de ses proches parents. Il était très probablement insectivore, se nourrissant d’insectes, d’arthropodes, de larves, de vers et de petits invertébrés du sol. Il vivait dans la litière forestière, sous les rochers, dans les crevasses et les zones humides des forêts tropicales cubaines. Il devait être nocturne ou crépusculaire, actif au sol, et jouait un rôle écologique important dans le contrôle des populations d’insectes. Les fossiles montrent qu’il cohabitait autrefois avec des oiseaux endémiques, des reptiles et d’autres petits mammifères avant l’arrivée des espèces introduites par l’homme.
La disparition de
Nesophontes micrus est étroitement liée à l’arrivée des Européens dans les Caraïbes et à l’introduction de prédateurs exotiques, en particulier la ratte noire (Rattus rattus) et la ratte brune (Rattus norvegicus). Ces rongeurs, arrivés dès le XVIᵉ siècle, ont provoqué une prédation directe, une compétition alimentaire, et probablement une transmission de maladies auxquelles les Nesophontes n’étaient pas adaptés. La déforestation, les incendies, la modification des habitats et l’expansion des plantations ont réduit les zones de refuge. Les études paléontologiques montrent que l’espèce a survécu jusqu’à une période très récente : des restes datés du XIXᵉ siècle, voire du début du XXᵉ siècle, suggèrent qu’elle a disparu seulement quelques décennies avant sa description scientifique. L’UICN la classe aujourd’hui comme éteinte (EX). Sa disparition s’inscrit dans un effondrement plus large des petits mammifères endémiques des Antilles, dont toutes les espèces du genre Nesophontes ont disparu en quelques siècles seulement, principalement à cause des espèces introduites.