Les plantations forestières
sont des peuplements d’arbres plantés par l’humain,
généralement en monoculture ou en peuplements
réguliers, avec des arbres du même âge, souvent alignés et
gérés pour la production de bois, de pâte à papier,
de résine ou pour la stabilisation des sols ; ce
biotope se caractérise par une faible diversité structurelle,
un sous‑bois réduit, une canopée uniforme, et des
interventions humaines régulières (éclaircies, coupes, drainage,
débroussaillage) ; les plantations peuvent être composées de
résineux (pins maritimes, épicéas, douglas), de feuillus
(peupliers, eucalyptus) ou de mélanges, mais restent
généralement moins complexes que les forêts naturelles.
La richesse spécifique des
plantations est plus faible que celle des forêts
naturelles, en raison de l’homogénéité du milieu, du
manque de vieux bois, de la faible diversité végétale
et de la gestion intensive ; cependant, certaines
plantations, notamment celles matures ou peu
entretenues, peuvent accueillir une biodiversité
intéressante : oiseaux forestiers généralistes, insectes
saproxyliques lorsque du bois mort est laissé, petits
mammifères, amphibiens dans les fossés humides ; les plantations
de peupliers ou de pins maritimes en
Nouvelle‑Aquitaine peuvent abriter une faune variée lorsque des
lisières, clairières, mares forestières ou
zones humides sont présentes.
Les
plantations sont réparties dans toutes les
régions du monde où l’on pratique une agriculture intensive ou
une sylviculture industrielle, mais elles sont particulièrement
concentrées dans les zones tropicales, subtropicales et
tempérées humides ; en
Amérique du Sud, les plantations d’eucalyptus,
de pins, de soja, de canne à sucre et de palmiers à huile
dominent au Brésil, en Argentine, au Paraguay et en Colombie,
occupant d’immenses surfaces souvent issues de déforestation ;
en
Afrique, les plantations de cacao, café, hévéa,
palmier à huile, bananiers et eucalyptus sont très présentes en
Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun, Nigeria, Kenya et Afrique
australe ; en
Asie, les plantations sont parmi les plus vastes
du monde avec le palmier à huile en Indonésie et Malaisie,
l’hévéa en Thaïlande et au Vietnam, le thé en Inde et au Sri
Lanka, et les plantations forestières en Chine ; en
Europe, les plantations forestières de pins,
épicéas et eucalyptus sont fréquentes en Scandinavie, en Russie
européenne, au Portugal, en Espagne et en France (Landes de
Gascogne) ; en
Amérique du Nord, les plantations forestières
industrielles de pins et de Douglas sont très développées dans
le sud des États‑Unis, le Pacifique Nord‑Ouest et le Canada ; en
Océanie, l’Australie et la Nouvelle‑Zélande
possèdent de vastes plantations de pins et d’eucalyptus
destinées à l’industrie du bois ; globalement, les
plantations mondiales forment une mosaïque de
zones intensivement exploitées, souvent en remplacement
d’écosystèmes naturels, et se concentrent dans les régions où le
climat, les sols et l’économie permettent une production rapide
et rentable.
Les plantations sont fortement
influencées par le climat et la gestion humaine ;
les espèces d’arbres choisies sont souvent sélectionnées pour
leur croissance rapide, leur résistance au froid,
à la sécheresse ou aux incendies (ex. pins
maritimes dans les Landes) ; les plantations réagissent
rapidement aux sécheresses, aux tempêtes et aux
incendies, car leur structure uniforme les rend plus
vulnérables que les forêts naturelles ; certaines essences comme
l’eucalyptus ou le peuplier sont adaptées aux
milieux humides ou aux sols pauvres, tandis que les résineux
supportent mieux les sols acides ; la gestion (éclaircies, coupe
rase, replantation) joue un rôle majeur dans la résilience du
biotope face au changement climatique.
Les plantations abritent une
faune dominée par des espèces généralistes : mammifères
comme le renard, le sanglier, le chevreuil,
le blaireau, oiseaux comme les mésanges, geais,
pics, pigeons ramiers, rapaces forestiers,
reptiles tels que les lézards et couleuvres,
amphibiens dans les fossés ou mares forestières, ainsi qu’une
grande diversité d’invertébrés (fourmis, coléoptères,
araignées) ; les plantations de résineux accueillent souvent des
espèces adaptées aux milieux secs et acides, tandis que
les plantations de peupliers attirent des espèces liées aux
zones humides ; la présence de lisières, de haies,
de mares, de bois mort et de clairières
augmente fortement la biodiversité.