|
| |

 |
Presqu'îles,
péninsules et archipels
En Asie orientale on distingue plusieurs presqu’îles péninsules
et archipels. La péninsule coréenne s’avance
entre la mer Jaune et la mer du Japon.
La péninsule du Liaodong et celle du
Shandong se trouvent en Chine du Nord-Est
et en Chine orientale. La péninsule de
Kowloon est rattachée à Hong Kong
tandis que celle de Leizhou s’étend dans le sud
de la Chine. Au Japon on
trouve la péninsule de Bōsō près de
Tokyo ainsi que celles de Shimokita,
Shiretoko et Tsugaru dans
l’île de Hokkaidō. Plus au nord la
péninsule du Kamtchatka appartient à l’extrême-orient
russe. Les archipels sont nombreux. Le Japon
forme un vaste archipel composé de Honshū,
Hokkaidō, Kyūshū,
Shikoku et de milliers d’îles. Taïwan
est accompagné des îles Penghu, Kinmen
et Matsu. Les Philippines
regroupent plus de sept mille îles dont Luçon
et Mindanao. Les îles Ryūkyū
et les îles Ogasawara appartiennent au
Japon. Les îles Kuriles s’étendent
entre Hokkaidō et le Kamtchatka.
En mer de Chine méridionale se trouvent les
archipels des Spratleys et des Paracels.
|
 |
Les voisins de
l'Ouest et du Sud
À l’ouest l’Asie orientale est voisine de la Chine
centrale et de l’Asie du Sud-Ouest
avec des pays comme le Kazakhstan, le
Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le
Tadjikistan qui bordent la partie occidentale
de la Chine ainsi que l’Afghanistan
et le Pakistan qui se trouvent plus au
sud-ouest. Au sud l’Asie orientale est voisine de l’Asie
du Sud-Est avec la Birmanie, le
Laos, le Vietnam, la
Thaïlande et la Cambodge qui
s’étendent vers la péninsule indochinoise ainsi que de l’Inde
qui touche la Chine par l’Himalaya.
Plus au sud encore s’étend l’océan Pacifique
avec des archipels comme les Philippines et l’Indonésie
qui marquent la transition entre l’Asie orientale et l’Asie du
Sud-Est.
|
 |
La Sibérie
La Sibérie est une vaste région de l’Russie
qui s’étend de l’Oural jusqu’au Pacifique
et du Kazakhstan au sud jusqu’à l’Arctique
au nord. Elle couvre une immense superficie composée de plaines de la
Sibérie occidentale, de plateaux de la Sibérie
centrale et de montagnes de la Sibérie orientale.
Les grands fleuves comme l’Ob, l’Ienisseï
et la Lena traversent cette région et se jettent dans
l’océan Arctique.
Le climat est continental marqué par des hivers très froids et des étés
courts. La Sibérie est riche en ressources naturelles
telles que le pétrole, le gaz, le charbon et les minerais. Les
principales villes sont Novossibirsk, Irkoutsk,
Krasnoïarsk, Omsk et Iakoutsk.
Elle est aussi connue pour le lac Baïkal, le plus
profond du monde, situé en Sibérie orientale. |
 |
Terres froides
Les terres froides désignent les vastes
régions situées dans les hautes latitudes ou les zones montagneuses où
le climat est marqué par des hivers longs et rigoureux. En
Sibérie les températures descendent très bas et les sols sont
souvent gelés en permanence sous forme de pergélisol.
En Arctique les paysages sont dominés par la glace et
la toundra. Dans le nord du Canada et de l’Alaska
on retrouve des conditions similaires avec des forêts boréales et des
étendues de glace. Les montagnes de l’Himalaya et du
Tibet constituent aussi des terres froides en altitude
où la neige et les glaciers sont présents toute l’année. Ces régions
sont peu peuplées mais riches en ressources naturelles comme le gaz le
pétrole et les minerais.
Elles jouent un rôle majeur dans l’équilibre climatique mondial car
elles influencent la circulation atmosphérique et la régulation des
températures. |
 |
De la Mongolie à
la Chine
De la Mongolie à la Chine
s’étend une vaste zone de steppes de déserts et de montagnes. La
Mongolie est dominée par les steppes de l’Altaï
et le désert de Gobi qui s’étend jusqu’au nord de la
Chine. Cette frontière naturelle est marquée par des
paysages arides et des reliefs accidentés. En entrant en Chine
on passe des régions désertiques de la Mongolie intérieure
aux plaines fertiles du fleuve Jaune.
Les échanges entre la Mongolie et la Chine
sont anciens notamment par la route de la soie qui traversait ces
territoires. Aujourd’hui la frontière entre la Mongolie
et la Chine reste une zone stratégique reliant les
steppes du nord aux grandes plaines agricoles et industrielles du sud. |
 |
Les moussons
Les moussons sont des régimes de vents
saisonniers qui dominent le climat de l’Asie du Sud et
de l’Asie orientale. Elles résultent de la différence
de température et de pression entre l’océan Indien, l’océan
Pacifique et le continent asiatique. En été l’air
humide venu de l’océan Indien et de la
mer de Chine méridionale souffle vers le continent provoquant
de fortes pluies en Inde, au Bangladesh,
en Birmanie, en Thaïlande, au
Vietnam, en Chine méridionale et au
Japon.
En hiver le phénomène s’inverse l’air froid et sec issu
de l’intérieur du continent se dirige vers les mers et les océans
entraînant un climat plus sec sur ces régions. Les moussons
jouent un rôle essentiel pour l’agriculture car elles apportent l’eau
nécessaire aux cultures de riz et conditionnent la vie économique et
sociale de millions d’habitants. |
 |
Hautes montagnes
et déserts
Les hautes montagnes et les déserts
marquent profondément la géographie de l’Asie. L’Himalaya
est la plus haute chaîne du monde avec des sommets comme l’Everest
et le K2 qui dominent la frontière entre le
Népal, l’Inde, le Bhoutan et
la Chine. Le plateau du Tibet est
surnommé le toit du monde en raison de son altitude moyenne très élevée.
Plus au nord les monts Altaï et les monts Tian
Shan s’étendent entre la Chine, le
Kazakhstan, le Kirghizistan et la
Mongolie.
À l’est la chaîne du Kunlun et les monts Qilian
structurent l’intérieur de la Chine. Les
déserts sont tout aussi vastes. Le Gobi
s’étend entre la Mongolie et la Chine
avec des paysages de steppes arides et de dunes. Le Taklamakan
dans le Xinjiang est l’un des déserts les plus hostiles
du monde. Le Karakoum et le Kyzylkoum
se trouvent en Asie centrale tandis que le
désert de Thar marque la frontière entre l’Inde
et le Pakistan. Ces hautes montagnes et déserts jouent
un rôle majeur dans l’histoire et la culture car ils ont longtemps
constitué des barrières naturelles influençant les routes commerciales
comme la route de la soie. |
 |
Un château d'eau
Les grands cours d’eau d’Asie orientale
façonnent les paysages et la vie des populations. Le
Yangzi Jiang ou fleuve Yangtsé est le
plus long de la région et traverse la Chine
d’ouest en est jusqu’à la mer de Chine orientale.
Le Huang He ou fleuve Jaune
prend sa source sur le plateau du Tibet et se
jette dans la mer de Bohai après avoir irrigué
les plaines du nord de la Chine. Le
Mékong naît dans le Tibet et traverse
la Chine méridionale, le Laos,
la Thaïlande, le Cambodge et
le Vietnam avant de se jeter dans la
mer de Chine méridionale.
Le Amour ou Heilong Jiang
marque une partie de la frontière entre la Russie
et la Chine et se déverse dans l’océan
Pacifique. Le Sungari et le
Ussuri sont des affluents importants du Amour.
Le Yalu Jiang sépare la Chine
de la Corée du Nord et se jette dans la
mer Jaune. Ces fleuves sont essentiels pour
l’agriculture, le transport, l’énergie et la culture des
civilisations qui se sont développées sur leurs rives.
|
 |
La péninsule
indochinoise
La péninsule indochinoise est une vaste
région de l’Asie du Sud-Est qui s’étend entre la
mer de Chine méridionale, le golfe du Siam
et le golfe du Bengale. Elle comprend plusieurs pays
dont le Vietnam, le Laos, le
Cambodge, la Thaïlande et la Birmanie.
Cette péninsule est marquée par des reliefs variés allant des montagnes
du Laos et de la Birmanie aux plaines
fertiles du Mékong et du Chao Phraya.
Le climat est dominé par les moussons qui apportent des
pluies abondantes favorisant la culture du riz. La péninsule
indochinoise occupe une position stratégique entre l’Inde
et la Chine et a longtemps été un carrefour commercial
et culturel. Elle est également riche en patrimoine historique avec des
sites comme Angkor au Cambodge et des
traditions anciennes qui se mêlent aux influences indiennes et
chinoises. |
 |
L'Insulinde
L’Insulinde désigne l’ensemble des îles de
l’Asie du Sud-Est situées entre la péninsule
indochinoise et l’Australie. Elle comprend
principalement l’Indonésie, les Philippines,
la Malaisie orientale sur l’île de Bornéo,
ainsi que le Timor oriental et parfois les petites îles
voisines. L’Insulinde est formée de milliers d’îles
dont les plus grandes sont Sumatra, Java,
Bornéo, Sulawesi et
Nouvelle-Guinée.
Cette région est marquée par une intense activité volcanique et sismique
car elle se situe sur la ceinture de feu du Pacifique.
Le climat est équatorial avec des pluies abondantes et une végétation
tropicale dense. L’Insulinde occupe une position
stratégique entre l’océan Indien et l’océan
Pacifique ce qui en fait un carrefour commercial et culturel
depuis des siècles. Elle est aussi riche en ressources naturelles comme
le pétrole, le gaz, l’étain et le caoutchouc et elle abrite une grande
diversité de peuples et de traditions. |
 |
Des peuples et des
langues
Les peuples et les langues
d’Asie orientale présentent une grande diversité. En
Chine vivent les Han qui parlent le
mandarin et de nombreuses autres langues comme le
cantonais, le wu, le min
ou le hakha. La Mongolie est habitée
par les Mongols qui parlent le mongol.
En Corée du Nord et en Corée du Sud la
langue est le coréen. Au Japon la
population est majoritairement composée de Japonais qui
parlent le japonais tandis que les Aïnous
du Hokkaidō possèdent leur propre langue. À
Taïwan on parle le mandarin mais aussi le
hokkien et le hakka.
Les Philippines regroupent de nombreux peuples parlant
des langues austronésiennes dont le tagalog devenu le
filipino langue nationale. Dans les régions
frontalières de l’Asie orientale on trouve aussi des
minorités comme les Ouïghours parlant le
ouïghour dans le Xinjiang, les
Tibétains parlant le tibétain sur le
plateau du Tibet, ou encore les Zhuang parlant
le zhuang dans le sud de la Chine.
Cette mosaïque de peuples et de langues reflète l’histoire complexe des
migrations, des échanges et des influences culturelles dans la région. |
 |
Le monde sinisé
Le monde sinisé désigne l’ensemble des
régions et des peuples qui ont été influencés par la civilisation de la
Chine au cours de l’histoire. Cette influence se
manifeste dans la langue, l’écriture, la culture, la philosophie et les
institutions. Le mandarin et les autres langues
chinoises ont servi de référence dans plusieurs pays voisins. L’écriture
chinoise a été adoptée et adaptée par le Japon,
la Corée et le Vietnam avant
l’apparition de leurs systèmes propres. Les traditions confucéennes
issues de Confucius ont marqué la pensée politique et
sociale en Chine, en Corée, au
Japon et au Vietnam.
Le bouddhisme venu de l’Inde s’est
diffusé à travers la Chine et a pris des formes
particulières dans le monde sinisé. Les arts, la peinture, la
calligraphie et l’architecture ont également exercé une influence
durable. Le monde sinisé est donc un espace culturel
qui dépasse les frontières de la Chine et qui relie
plusieurs pays d’Asie orientale par une histoire
commune et des héritages partagés |
 |
Riziculture,
Pastoralisme, culture du brûlis
La riziculture est l’une des activités
agricoles majeures en Asie orientale et en Asie
du Sud-Est. Elle repose sur l’aménagement de rizières irriguées
souvent en terrasses dans des régions comme le sud de la Chine,
le Vietnam, la Thaïlande ou le
Japon. Cette pratique demande une main-d’œuvre importante et
dépend fortement des moussons qui apportent l’eau
nécessaire aux cultures. Le pastoralisme est pratiqué
dans les zones de steppes et de montagnes comme en Mongolie
ou au Tibet. Il consiste à élever des troupeaux de
chevaux, de yaks, de moutons
ou de chameaux en suivant un mode de vie nomade ou
semi-nomade adapté aux vastes espaces et aux conditions climatiques
difficiles.
La culture du brûlis est répandue dans les régions
tropicales de l’Asie du Sud-Est comme en
Indonésie, en Malaisie ou aux
Philippines. Elle consiste à défricher des parcelles de forêt
en les brûlant pour fertiliser le sol et y planter des cultures
vivrières comme le riz ou le manioc. Cette pratique traditionnelle
permet une rotation des terres mais peut entraîner une déforestation et
des problèmes environnementaux lorsqu’elle est trop intensiv |
 |
Les religions
Les religions en Asie orientale sont variées et profondément enracinées
dans l’histoire et la culture de la région.
Le bouddhisme est l’une des principales
religions, né en Inde mais largement diffusé en
Chine, au Japon, en Corée et
au Vietnam. Il existe sous plusieurs formes comme le
bouddhisme mahāyāna en Chine et au
Japon, ou le bouddhisme theravāda plus
présent en Asie du Sud-Est. Le confucianisme
issu des enseignements de Confucius est davantage une
philosophie sociale et politique qu’une religion au sens strict, mais il
a marqué profondément la société en Chine, en
Corée et au Vietnam. Le taoïsme
né en Chine met l’accent sur l’harmonie avec la nature
et l’équilibre des forces du yin et du yang.
Le shintoïsme est la religion traditionnelle du
Japon, centrée sur le culte des kami, les
esprits de la nature et des ancêtres.
Le christianisme est présent en Corée du Sud,
aux Philippines, à Taïwan et dans
certaines régions de Chine, où il constitue une
minorité mais avec une influence croissante. L’islam
est pratiqué par des minorités comme les Ouïghours du
Xinjiang en Chine. Le tibétain
est marqué par le bouddhisme vajrayāna qui imprègne la
culture du plateau du Tibet.
On trouve aussi des religions populaires et des cultes locaux liés aux
ancêtres et aux forces de la nature, particulièrement en Chine
et en Vietnam. L’irréligion est
également importante, notamment en Chine, où une grande
partie de la population ne se rattache pas officiellement à une religion
mais pratique des rites traditionnels |
 |
La fin de la
guerre froide
La fin de la guerre froide a eu un impact
majeur en Asie orientale en modifiant les équilibres
politiques et économiques. La Chine a poursuivi son
ouverture économique initiée dans les années 1980 et a renforcé son
intégration dans l’économie mondiale en rejoignant des institutions
comme l’Organisation mondiale du commerce. La
Corée du Sud a consolidé son développement démocratique et
économique tandis que la Corée du Nord est restée
isolée mais a perdu une partie du soutien de l’Union soviétique
ce qui a accentué ses difficultés. Le Japon a vu sa
position évoluer en tant que puissance économique mondiale dans un
contexte où la rivalité idéologique s’atténuait.
L’Union soviétique disparue a laissé place à la
Russie qui a réduit son influence en Asie orientale mais a
conservé des liens stratégiques notamment avec la Chine.
Les pays d’Asie du Sud-Est regroupés dans l’ASEAN
ont profité de la fin des tensions mondiales pour renforcer leur
coopération régionale et attirer davantage d’investissements.
Globalement la fin de la guerre froide a permis une intensification des
échanges économiques et une recomposition des alliances en Asie
orientale marquant le passage d’une logique de confrontation idéologique
à une logique de mondialisation et de compétition économique. |
 |
Décollage et crise
Le décollage économique en Asie
orientale s’est produit à partir des années 1960 avec l’essor
des NPIA ou nouveaux pays industrialisés d’Asie comme
la Corée du Sud, Taïwan, Hong
Kong et Singapour. Ces territoires ont connu
une croissance rapide grâce à l’industrialisation, aux exportations et à
l’investissement étranger. Le Japon avait ouvert la
voie dès les années 1950 en devenant une puissance économique mondiale.
La Chine a suivi à partir des réformes de Deng
Xiaoping dans les années 1980 en s’intégrant progressivement à
l’économie mondiale. Ce décollage s’est accompagné d’une urbanisation
accélérée et d’une amélioration du niveau de vie.
La crise asiatique de 1997 a marqué un tournant. Partie
de la Thaïlande, elle s’est propagée à d’autres pays d’Asie
du Sud-Est et a touché les économies de la Corée du Sud
et de l’Indonésie. Elle a révélé la fragilité des
systèmes financiers et la dépendance aux capitaux étrangers. Les
monnaies se sont effondrées, les entreprises ont fait faillite et des
millions de personnes ont été plongées dans la pauvreté. Les
institutions internationales comme le FMI sont
intervenues pour stabiliser la situation.
Ainsi le décollage et la crise
illustrent la dynamique contrastée de l’Asie orientale
entre une croissance spectaculaire et une vulnérabilité aux chocs
économiques mondiaux. |
 |
Les idéogrammes
Les idéogrammes sont des signes graphiques
utilisés pour représenter des idées ou des mots plutôt que des sons. En
Chine ils constituent la base de l’écriture
chinoise qui remonte à plusieurs millénaires avec les
inscriptions sur les os oraculaires de la dynastie Shang.
Chaque idéogramme correspond à une unité de sens et peut être composé de
traits simples ou de combinaisons plus complexes.
Le système des idéogrammes a influencé d’autres
écritures en Asie orientale comme les kanji
au Japon, les hanja en Corée
et les caractères utilisés autrefois au Vietnam. Leur
usage demande une mémorisation importante car il existe des milliers de
caractères mais ils permettent une grande précision et une continuité
culturelle. Les idéogrammes ne représentent pas
seulement une langue mais aussi une tradition artistique à travers la
calligraphie qui est considérée comme un art majeur en
Chine et au Japon. |
|