Autres Marsupiaux

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Classification ().
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Deutérostomiens-Vertébrés-Gnathostomes-Tétrapodes-Mammifères-Thériens-Métatheriens
(Dasyures, phalangers, opossums, bandicoots...)

 

Famille

Distribution

Description

Microbiothériidés (Microbiotheriens)
1 gen, 1 esp

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
 6. Statut actuel et effectif du 
Monito del monte

 

 

Dromiciops gliroidesMonito del monte
(moins de 12 cm, moins de 50 g)

                  

 

Le Monito del monte est un petit marsupial arboricole de 10 à 12 cm, au pelage dense brun‑gris avec un ventre plus clair, une queue semi‑préhensile et de grands yeux adaptés à la vie nocturne. Son apparence rappelle un petit loir, mais il appartient à une lignée très ancienne de marsupiaux. Il possède une poche marsupiale bien développée, des oreilles arrondies et un corps compact adapté aux forêts humides.
Le Monito del monte est strictement endémique du Chili et de l’Argentine, limité aux forêts tempérées humides valdiviennes et aux forêts de Nothofagus du cône sud. Il vit dans les zones denses, humides et fraîches, entre 50 et 1 200 m d’altitude. Son aire est fragmentée et dépend fortement des forêts anciennes riches en sous‑bois.
Le Monito del monte est nocturne, arboricole et très discret. Il se nourrit d’insectes, d’araignées, de fruits et surtout de champignons mycorhiziens, qu’il disperse dans la forêt. Il construit des nids sphériques de feuilles et de mousse dans les branches. Il entre en torpeur prolongée ou en hibernation partielle durant les périodes froides, stockant des réserves de graisse dans sa queue. Il joue un rôle écologique majeur dans la régénération des forêts en dispersant les spores de champignons symbiotiques.
La reproduction a lieu au printemps austral. La femelle possède une poche marsupiale où se développent 1 à 4 petits. Les jeunes restent plusieurs semaines dans la poche, puis dans le nid parental. Le cycle reproducteur est lent pour un petit mammifère, ce qui rend l’espèce vulnérable aux perturbations. La maturité sexuelle est tardive et la reproduction n’a lieu qu’une fois par an.
Le Monito del monte est le seul représentant vivant des Microbiotheriens, un ordre de marsupiaux considéré comme le plus proche ancêtre des marsupiaux australiens. Il est un fossile vivant de l’évolution des marsupiaux. Il est également le principal disperseur de champignons du genre Cyttaria, indispensables à la santé des forêts de Nothofagus. Son rôle écologique est disproportionné par rapport à sa taille.
Le Monito del monte est classé Quasi menacé (NT) par l’UICN, mais plusieurs populations locales sont en déclin. Les principales menaces sont la déforestation, la fragmentation des forêts valdiviennes, les incendies, l’expansion humaine, les espèces invasives (notamment les chats), et la réduction des corridors forestiers. Sa dépendance aux forêts anciennes et son aire restreinte en font une espèce particulièrement sensible aux changements environnementaux.

Notoryctidés (Notoryctemorphes)
1 gen, 2 esp

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
 6. Statut actuel et effectif des Notoryctidés

 

 

Notoryctes typhlopsTaupe marsupiale aveugle
Notoryctes caurinusTaupe marsupiale du nord

      

 

 Les Notoryctidés sont endémiques d’Australie, présents uniquement dans les déserts centraux et les zones arides du Territoire du Nord, de l’Australie‑Occidentale et du Sud de l’Australie. Ils vivent dans les dunes de sable, les plaines sablonneuses, les déserts rouges, et les zones semi‑arides. Leur distribution exacte est mal connue, car ils passent presque toute leur vie sous le sable, invisibles en surface.
Les Notoryctidés sont petits et cylindriques : longueur 12–16 cm, poids 40–70 g. Corps compact, museau conique, membres antérieurs puissants, yeux quasi inexistants, queue courte. Pelage soyeux, couleur sable.
Espèces fouisseuses, subterraines, actives sous le sable. Elles ne creusent pas de tunnels permanents : elles “nageant” dans le sable comme des poissons. Régime insectivore : larves, vers, insectes, fourmis, termites. Reproduction typique des marsupiaux : gestation courte, 2 petits en moyenne, développement dans un marsupium orienté vers l’arrière pour éviter le sable. Activité principalement nocturne ou crépusculaire.
Ce sont les seuls marsupiaux totalement fouisseurs. Yeux atrophiés, presque aveugles, oreilles sans pavillon, adaptation extrême à la vie souterraine. Le museau est protégé par un bouclier cornifié, les membres antérieurs portent des griffes puissantes. Leur déplacement dans le sable est unique : ils compressent le sable derrière eux, laissant peu ou pas de trace. Ce sont les marsupiaux les plus spécialisés du monde.
Très peu de prédateurs naturels en raison de leur vie souterraine. Occasionnellement : serpents, varans, renards introduits, chats sauvages, et quelques rapaces lorsqu’ils émergent en surface. Leur principale menace est anthropique : dégradation des dunes, espèces introduites, feux, véhicules.
Les Notoryctidés comprennent 2 espèces : Notoryctes typhlops et Notoryctes caurinus. Statut VU – Vulnérable pour les deux. Populations en déclin, effectifs très mal connus car l’espèce est presque impossible à observer. Les estimations suggèrent des populations fragmentées, dépendantes des dunes intactes. Menaces : désertification, feux, espèces invasives, dégradation des habitats. Globalement, le groupe est considéré comme rare, avec une conservation difficile en raison de son mode de vie souterrain.
 

Caénolestidés (Paucituberculés)
3 gen, env 6 esp

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
 6. Statut actuel et effectif des 
Caénolestidés

 

Caenolestes fuliginosus Caénoleste fuligineux
Caenolestes sangayCaénoleste du Sangay
Lestoros incaCaénoleste inca
Rhyncholestes raphanurusCaénoleste à queue de radis

                    

 

 Les Caénolestidés sont endémiques de la cordillère des Andes, présents au Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie et nord du Chili. Ils vivent dans les forêts montagnardes humides, les forêts de nuages, les forêts andines, les paramos, les zones arbustives froides, et les pentes escarpées entre 1 500 et 4 000 m. Leur distribution est fragmentée, chaque espèce occupant un massif andin précis.
Petits marsupiaux : longueur du corps 9–15 cm, queue 8–13 cm, poids 20–45 g, grands individus 50 g. Morphologie fine, museau allongé, pelage dense, queue non préhensile. Aspect général rappelant un petit musaraigne‑rat.
Espèces nocturnes, solitaires, terrestres, actives dans la litière forestière et les arbustes bas. Régime faunivore‑omnivore : insectes, vers, araignées, petits vertébrés, fruits. Très opportunistes, capables de fouiller la litière avec leur museau allongé. Reproduction typique des marsupiaux sud‑américains : gestation courte, portées de 2–4 petits, développement dans un marsupium réduit ou absent selon les espèces. Activité discrète, déplacements rapides dans les zones humides et froides.
Ce sont les seuls marsupiaux andins spécialisés. Morphologie unique : museau très long, dents adaptées à un régime insectivore, queue non préhensile, pattes fines. Leur comportement rappelle les musaraignes ou les petits rongeurs fouisseurs. Ils représentent une lignée très ancienne de marsupiaux sud‑américains, séparée des Didelphidés depuis des millions d’années. Leur écologie est fortement liée aux forêts de nuages et aux milieux froids.
Rapaces nocturnes (Strigidae, Tytonidae), petits félins andins (oncille, margay), mustélidés, serpents terrestres, et parfois les renards sud‑américains. Les jeunes sont très vulnérables aux oiseaux de proie et aux serpents.
Les Caénolestidés comprennent 7 espèces (genres Caenolestes, Lestoros, Rhyncholestes). La majorité est classée NT ou VU, quelques‑unes EN, en raison de leur aire restreinte, de la déforestation andine, de la fragmentation des forêts de nuages, et du changement climatique affectant les milieux montagnards. Les effectifs sont faibles, fragmentés, et mal connus, car les espèces sont très discrètes et rarement capturées. Globalement, le groupe est considéré comme menacé, avec des populations localisées et sensibles aux perturbations.

Péramélidés (Peramelemorphes)
env 7 gen, env 20 esp

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
 6. Statut actuel et effectif des Péramélidés

 

Perameles nasutaBandicoot à long nez
Perameles gunniiBandicoot de l’est
Perameles bougainvilleBandicoot de Bougainville
Isoodon obesulusBandicoot brun du sud

                  

 

Les Péramélidés sont endémiques d’Australie, de Tasmanie et de Nouvelle‑Guinée. Ils occupent les forêts humides, les forêts sèches, les savannes, les scrubs, les prairies, les zones arides, et parfois les milieux perturbés. Plusieurs espèces sont strictement australiennes (Perameles, Isoodon, Macrotis), d’autres néo‑guinéennes (Peroryctes, Echymipera). Leur distribution est vaste mais très fragmentée, beaucoup d’espèces ayant perdu une grande partie de leur aire.
Les Péramélidés sont des marsupiaux de petite à moyenne taille : longueur du corps 20–55 cm, queue 10–25 cm, poids 300 g à 4 kg selon les espèces. Les bandicoots (Isoodon, Perameles) pèsent souvent 0,5–1,5 kg, tandis que les bilbies (Macrotis lagotis) atteignent 2–4 kg. Morphologie compacte, museau allongé, pattes puissantes adaptées au fouissage.
Espèces nocturnes, solitaires, terrestres, souvent fouisseuses. Régime omnivore‑insectivore : insectes, vers, larves, champignons, racines, fruits, petits vertébrés. Très opportunistes, capables de creuser pour trouver la nourriture. Reproduction très rapide : gestation 12–15 jours, l’une des plus courtes chez les mammifères. Portées de 2–5 petits, développement dans un marsupium bien formé. Croissance rapide, maturité précoce, stratégie reproductive adaptée aux milieux instables.
Ce sont les marsupiaux fouisseurs d’Australie, équivalents écologiques des tenrecs ou musaraignes. Museau très long, pattes avant puissantes, comportement de fouissage pour trouver nourriture et humidité. Les bilbies ont des oreilles très longues, adaptation à la thermorégulation dans les déserts. Les Péramélidés jouent un rôle écologique majeur : ils aèrent les sols, favorisent la germination et réduisent les charges de combustible en fouissant, ce qui limite les feux.
Principalement les renards introduits, chats sauvages, dingos, rapaces nocturnes, serpents, et parfois les varans. Les jeunes sont très vulnérables. Les prédateurs introduits sont la cause majeure du déclin des bandicoots et bilbies.
Les Péramélidés comprennent 22 espèces, avec une situation très contrastée : plusieurs espèces sont classées LC – Préoccupation mineure, surtout en Nouvelle‑Guinée (Echymipera, Peroryctes), où les habitats restent relativement stables. En Australie, en revanche, de nombreuses espèces sont NT, VU, EN, voire EX localement, en raison des prédateurs introduits, de la fragmentation des habitats, des feux, et de l’urbanisation. Le Grand bilby (Macrotis lagotis)** est classé VU, avec des populations fragmentées, en déclin mais partiellement stabilisées dans certaines zones protégées et programmes de conservation. Plusieurs bandicoots australiens, notamment Isoodon obesulus et Perameles gunnii, sont menacés, avec des populations très réduites et dépendantes de mesures de protection intensives. Les effectifs globaux sont mal connus, car les espèces sont discrètes et difficiles à recenser, mais les bandicoots australiens ont subi des effondrements massifs depuis l’arrivée des renards et chats sauvages, ce qui fait des Péramélidés un groupe stable en Nouvelle‑Guinée, mais gravement impacté en Australie.

Chaeropodidés (Peramelemorphes)
1 gen, 1 esp

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
 6. Disparition et cause du bandicoot-lapin.

 

Chaeropus ecaudatusBandicoot-cochon

                

 

Le Bandicoot‑cochon était un petit marsupial australien de 20 à 30 cm, au pelage sable à brun clair, avec un ventre plus pâle. Il possédait de longues pattes fines, adaptées à la course, et des sabots partiels sur les membres antérieurs et postérieurs, une caractéristique unique parmi les marsupiaux. Son museau était allongé, ses oreilles courtes et arrondies, et sa queue relativement courte. Son apparence évoquait un mélange entre un petit lièvre, un bandicoot et un rongeur.
Le Bandicoot‑cochon était endémique de l’Australie centrale et occidentale. Il occupait les déserts, les dunes sableuses, les prairies arides et les scrubs du Territoire du Nord, de l’Australie‑Occidentale et du Sud de l’Australie. Sa distribution était vaste mais clairsemée, dépendante des zones de végétation basse et des sols meubles où il fouillait pour trouver nourriture et abris.
Le Bandicoot‑cochon était nocturne, solitaire et très rapide. Il se nourrissait d’insectes, de racines, de tubercules, de champignons et de petits invertébrés. Il creusait des terriers simples ou utilisait des abris naturels. Son anatomie suggère un mode de vie proche de celui d’un petit herbivore‑insectivore des zones arides, capable de parcourir de longues distances pour chercher nourriture et eau. Il était probablement très sensible aux variations climatiques et aux perturbations de son habitat.
Comme les autres bandicoots, le Bandicoot‑cochon possédait une poche marsupiale orientée vers l’arrière. Les portées étaient petites, probablement 2 à 4 petits, avec un développement rapide typique des péramélidés. Les jeunes restaient dans la poche plusieurs semaines avant de devenir indépendants. Le cycle reproducteur était probablement opportuniste, lié aux pluies et à la disponibilité en nourriture.
Le Bandicoot‑cochon était le seul marsupial connu à posséder des sabots, une adaptation unique aux sols durs et aux déplacements rapides dans les zones arides. Son anatomie le distingue nettement des autres bandicoots. Il jouait un rôle écologique important dans l’aération des sols et la dispersion de graines et de champignons. Il est considéré comme l’un des marsupiaux les plus singuliers jamais décrits.
Le Bandicoot‑cochon est officiellement éteint depuis le milieu du XX siècle. Les dernières observations fiables datent des années 1920–1930. Les causes principales de sa disparition sont l’introduction de prédateurs (renard roux, chat), la dégradation des habitats, les incendies, la compétition avec les herbivores introduits (lapins, moutons), et la fragilité naturelle des petits marsupiaux désertiques. Sa disparition est l’un des nombreux effondrements de la faune australienne depuis la colonisation européenne.

Thylacomyidés (Peramelemorphes)
1 gen, 2 esp

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
 6. Statut actuel et effectif des Thylacomyidés

 

Macrotis lagotis Grand bilby
Macrotis leucuraPetit bilby (ou bilby à queue blanche)

      

 Les Thylacomyidés sont endémiques d’Australie, présents uniquement dans les zones arides et semi‑arides du centre et de l’ouest du pays. Leur aire historique couvrait une grande partie du désert intérieur, mais elle est aujourd’hui très fragmentée, limitée à quelques régions du Territoire du Nord, de l’Australie‑Occidentale et du Queensland. Ils vivent dans les déserts sablonneux, les scrubs, les dunes, les prairies arides et les zones de spinifex.
Les Thylacomyidés sont des marsupiaux de taille moyenne : longueur du corps 29–55 cm, queue 20–29 cm, poids 1–2,5 kg, grands individus 3–4 kg. Morphologie élancée, museau long, pattes puissantes, oreilles très longues (jusqu’à 15 cm), queue robuste et touffue à l’extrémité.
Espèces nocturnes, solitaires, terrestres, très fouisseuses. Elles creusent des terriers profonds pouvant atteindre 2 m de long. Régime omnivore‑insectivore : insectes, larves, vers, champignons, racines, graines, bulbes, fruits. Elles jouent un rôle écologique majeur en aérant les sols et en favorisant la germination. Reproduction rapide : gestation 12–14 jours, portées de 1–3 petits, développement dans un marsupium bien formé. Croissance rapide, maturité précoce.
Les Thylacomyidés sont les bilbies, marsupiaux emblématiques des déserts australiens. Oreilles très longues, rôle de thermorégulation. Museau fin, excellent odorat, pattes avant puissantes pour creuser. Ils sont capables de creuser plusieurs terriers par nuit, modifiant profondément la structure du sol. Leur comportement fouisseur réduit les charges de combustible, limitant les feux. Ce sont les marsupiaux les plus adaptés aux milieux arides après les macropodidés désertiques.
Les principaux prédateurs sont les renards introduits, chats sauvages, dingos, rapaces nocturnes, varans, et parfois les serpents. Les jeunes sont très vulnérables. Les prédateurs introduits sont la cause majeure du déclin des bilbies.
Les Thylacomyidés ne comprennent qu’une seule espèce vivante : le Grand bilby (Macrotis lagotis), classé VU – Vulnérable. L’ancien Petit bilby (Macrotis leucura)** est EX – Éteint depuis le XXᵉ siècle. Les populations actuelles du Grand bilby sont très fragmentées, limitées à quelques zones protégées et réserves clôturées. Effectifs estimés : quelques milliers d’individus, en déclin, mais stabilisés localement grâce aux programmes de conservation (éradication des renards, réintroduction dans des sanctuaires). Globalement, le groupe est considéré comme menacé, avec une survie dépendante des mesures de protection intensives.