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Les espèces du genre
Ameiurus
sont de taille moyenne. La plupart mesurent entre
20 et 40 cm,
mais certaines atteignent
50 cm.
Le
poisson‑chat noir – Ameiurus melas
atteint généralement
25 à 35 cm
pour
300 à 800 g,
exceptionnellement
1,5 kg.
Le
poisson‑chat brun – Ameiurus nebulosus
atteint
30 à 45 cm
pour
1 à 2 kg.
Les plus petites espèces du genre, comme
Ameiurus serracanthus,
mesurent moins de
20 cm.
Leur croissance est rapide dans les milieux riches en nourriture.
Le genre
Ameiurus
est
originaire d’Amérique du Nord,
depuis le
Canada
jusqu’au
Mexique.
Leur aire naturelle couvre les bassins du
Mississippi,
des
Grands Lacs,
de l’Ohio,
du
Missouri
et de nombreuses rivières de l’est des États‑Unis. Introduits en
Europe,
en
Asie
et en
Afrique du Nord,
ils se sont largement répandus. En
France,
Ameiurus melas
est présent dans presque tous les bassins :
Garonne,
Loire,
Seine,
Rhin,
Rhône,
Adour,
Dordogne,
Charente.
Leur habitat est constitué de
rivières lentes,
étangs,
lacs,
canaux,
marécages,
zones vaseuses
et
eaux turbides.
Ils tolèrent les
eaux pauvres en oxygène,
les
hautes températures
et les
milieux dégradés,
ce qui explique leur succès.
Les
Ameiurus
sont
nocturnes
et
benthiques,
se nourrissant au fond grâce à leurs
barbillons
très sensibles. Leur régime alimentaire est
omnivore opportuniste
: invertébrés, larves, mollusques, petits poissons, œufs, détritus,
végétaux. Ils fouillent le substrat et consomment presque tout ce
qu’ils trouvent.
Leur reproduction se déroule au
printemps‑été.
Le
mâle
creuse un
nid
dans une cavité, sous une racine ou dans un trou. La femelle y
dépose plusieurs milliers d’œufs. Le mâle assure un
soin parental poussé,
ventilant et protégeant les œufs puis les larves. Les jeunes restent
en
bancs compacts
autour du mâle pendant plusieurs jours.
Les
Ameiurus
possèdent des
épines pectorales et dorsales
robustes, capables de se verrouiller en position défensive. Ces
épines peuvent provoquer des
piqûres douloureuses,
parfois accompagnées d’un
mucus irritant.
Ils sont très résistants aux
pollutions,
aux
eaux chaudes,
aux
milieux eutrophes
et aux
faibles taux d’oxygène.
Leur comportement opportuniste et leur reproduction efficace en font
des
espèces envahissantes
dans les milieux où ils ont été introduits. Leur nageoire caudale
est
tronquée ou légèrement échancrée,
typique des Ictaluridae.
Les
Ameiurus
ne sont
pas dangereux pour l’humain,
mais leurs
épines pectorales et dorsales
peuvent infliger une
piqûre douloureuse,
parfois accompagnée d’une inflammation locale. Ils ne sont pas
venimeux au sens strict, mais leur mucus peut être irritant. Ils ne
représentent aucun danger mortel. Leur impact écologique, en
revanche, est
important
: prédation sur les œufs et larves d’espèces locales, compétition
alimentaire, perturbation des fonds vaseux.
Les
Ameiurus
adultes ont peu de prédateurs naturels en Europe. Les principaux
sont le
brochet,
le
silure glane,
le
sandres,
les
hérons,
les
cormorans
et les
loutres.
Les juvéniles sont consommés par de nombreux poissons carnivores.
Deux espèces du genre
Ameiurus
sont présentes en France.
Ameiurus melas
: le plus répandu, espèce envahissante.
Ameiurus nebulosus
: plus rare aujourd’hui, souvent remplacé par
A. melas.
Ces deux espèces sont classées comme
espèces exotiques envahissantes.
Les espèces du genre
Ameiurus
sont classées
LC – Préoccupation mineure
par l’UICN. Leurs populations mondiales sont
stables
ou
en expansion,
notamment dans les zones où elles ont été introduites. Elles ne sont
pas menacées. En Europe, leurs effectifs sont
élevés
et en augmentation dans de nombreux bassins.
Le genre
Ameiurus
comprend environ
7 espèces.
Ameiurus melas
– poisson‑chat noir.
Ameiurus nebulosus
– poisson‑chat brun.
Ameiurus natalis
– poisson‑chat à nageoires jaunes.
Ameiurus serracanthus
– Barbotte tachetée - petite espèce américaine.
Ameiurus brunneus
– poisson‑chat brun foncé.
Ameiurus platycephalus
– poisson‑chat à tête plate.
Ameiurus catus
– poisson‑chat blanc (rare en Europe).
Ameiurus nebulosus
est la
première espèce de poisson‑chat introduite en Europe.
Il arrive en
France vers 1871,
importé volontairement depuis les États‑Unis pour la
pisciculture,
la
pêche de loisir
et comme
poisson d’ornement
dans les étangs. Il se répand rapidement dans les
étangs de la Dombes,
puis dans les
cours d’eau du bassin Rhône‑Saône,
avant d’être disséminé dans une grande partie du pays. Sa tolérance
aux eaux chaudes, turbides et pauvres en oxygène favorise son
implantation. Jusqu’aux années 1980, c’est l’espèce de poisson‑chat
la plus commune en France.
Ameiurus melas
apparaît
plus tardivement,
probablement
dans les années 1980,
introduit accidentellement avec des
lots de poissons vivants
importés pour l’empoissonnement. Il n’a pas été introduit
volontairement. Cette espèce est
plus agressive,
plus résistante
et
plus compétitive
que
A. nebulosus.
Dès les années 1990, elle commence à
supplanter
A. nebulosus
dans de nombreux bassins. Aujourd’hui,
Ameiurus melas est devenu l’espèce dominante
de poisson‑chat en France.
Les deux espèces partagent des traits favorisant leur expansion : •
tolérance extrême
aux eaux chaudes, eutrophes, turbides et pauvres en oxygène ; •
reproduction rapide,
avec plusieurs pontes par an dans les eaux chaudes ; •
omnivorie opportuniste,
consommant invertébrés, œufs, alevins, détritus ; •
défense parentale
des nids, augmentant le succès reproducteur ; •
absence de prédateurs spécialisés
dans les milieux artificiels (étangs, gravières, canaux). Cependant,
Ameiurus melas
possède un avantage compétitif : croissance plus rapide, meilleure
résistance aux pollutions, comportement plus agressif et capacité à
coloniser les milieux dégradés. |
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