Les Atrax sont des
mygalomorphes robustes, mesurant 2 à 5 cm de corps selon
le sexe, avec des pattes épaisses, un céphalothorax
brillant, des crocs très développés capables de
percer des ongles humains, et une coloration généralement
noire à brun très sombre ; les femelles sont plus massives
et vivent plus longtemps, tandis que les mâles, plus fins et
plus mobiles, sont responsables de la majorité des accidents ;
l’espèce la plus connue, Atrax robustus, possède une
silhouette trapue et des chélicères particulièrement puissantes.
Le genre Atrax est
endémique de l’est de l’Australie, principalement en
Nouvelle‑Galles du Sud, avec une forte concentration autour
de Sydney et des Blue Mountains ; ces araignées
vivent dans des terrains humides, des forêts, des
jardins, des zones rocheuses, et creusent des
tunnels soyeux en entonnoir dans le sol, sous les pierres,
les troncs ou dans les fissures ; elles recherchent des milieux
frais et humides, ce qui explique leur présence fréquente
dans les zones suburbaines.
Les Atrax sont des
prédateurs opportunistes, se nourrissant d’insectes,
de coléoptères, de blattes, de mille‑pattes,
de petits lézards et parfois de petites grenouilles
; elles chassent à l’affût depuis leur tunnel, détectant les
vibrations grâce à leurs soies sensorielles, puis jaillissent
pour saisir la proie avec leurs crocs puissants.
Les femelles sont sédentaires,
vivant plus de 15 à 20 ans dans le même terrier, tandis
que les mâles, plus courts‑vécus, quittent leur abri pour
chercher une femelle, surtout en été et après la pluie ;
l’accouplement est risqué pour le mâle, qui peut être tué après
la reproduction ; les femelles pondent 50 à 100 œufs dans
un cocon gardé dans le terrier, et les jeunes restent plusieurs
semaines avant de se disperser.
Les Atrax possèdent des
crocs orientés vers le bas, capables de frapper
verticalement, ce qui leur permet de mordre à travers des
matériaux résistants ; elles sont également connues pour leur
agressivité défensive, leur vitesse, et leur capacité
à grimper sur des surfaces rugueuses ; leur venin
contient des toxines uniques aux mygalomorphes australiens,
notamment l’atracotoxine, extrêmement active sur les
primates.
Les Atrax comptent parmi les
araignées les plus dangereuses du monde, en particulier
Atrax robustus, responsable de plusieurs décès avant
l’introduction de l’antivenin en 1981 ; leur venin est un
puissant neurotoxique provoquant agitation,
hypersudation, hypertension, spasmes musculaires, puis
défaillance respiratoire ; les mâles sont 5 à 6 fois plus
venimeux que les femelles ; malgré leur réputation, aucun
décès n’a été enregistré depuis l’antivenin, extrêmement
efficace lorsqu’il est administré rapidement.
Les Atrax ont très peu de
prédateurs naturels en raison de leur venin extrêmement
puissant, de leur agressivité défensive et de leur
mode de vie souterrain, mais plusieurs animaux sont capables
de les attaquer : les oiseaux insectivores et carnivores
comme les kookaburras, les corbeaux et certains rapaces qui
peuvent capturer les mâles en déplacement ; les reptiles,
notamment certains lézards varanidés comme les goannas, capables
de déterrer les terriers ; les mammifères comme les
bandicoots, les quolls et parfois les petits marsupiaux
carnivores qui fouillent le sol ; les amphibiens de
grande taille peuvent consommer les jeunes stades ; les
arthropodes prédateurs comme les scolopendres géants du
genre Scolopendra peuvent tuer des juvéniles ; enfin, les
parasitoïdes (mouches et guêpes) peuvent attaquer les
œufs ou les jeunes ; malgré ces menaces, les adultes de Atrax
robustus, Atrax sutherlandi et Atrax yorkmainorum
restent rarement prédatés grâce à leur venin, leur force et leur
comportement défensif.
Le genre Atrax comprend
trois espèces reconnues : Atrax robustus (la plus
célèbre, région de Sydney), Atrax sutherlandi (Blue
Mountains), et Atrax yorkmainorum (sud‑est de la
Nouvelle‑Galles du Sud) ; ces espèces se distinguent par leur
répartition, leur taille et certains détails morphologiques,
mais partagent la même structure générale et le même mode de
vie.
Les trois espèces du genre Atrax
— Atrax robustus, Atrax sutherlandi et Atrax
yorkmainorum — partagent une morphologie générale de mygales
robustes, sombres, puissantes et dotées de crocs massifs, mais
se distinguent par plusieurs critères précis : A. robustus,
la plus célèbre et la plus dangereuse, possède un corps très
noir, un céphalothorax brillant, des pattes
épaisses, et une silhouette plus trapue que les deux autres
; les mâles sont plus fins mais très reconnaissables par leur
coloration noire uniforme et leur agressivité défensive ; A.
sutherlandi, originaire des Blue Mountains, présente une
coloration brun foncé à brun chocolat, souvent légèrement
plus claire que A. robustus, avec un abdomen plus
allongé, des pattes un peu moins massives, et une
pilosité légèrement plus visible ; elle est généralement un peu
plus petite et moins massive que A. robustus ; A.
yorkmainorum, la plus rare et la plus méridionale, se
distingue par une teinte brun‑noir plus mate, un
céphalothorax moins luisant, des pattes
proportionnellement plus longues, et une morphologie
légèrement plus élancée ; certains individus montrent une
pilosité plus marquée sur les pattes, ce qui la différencie des
deux autres espèces ; en résumé, A. robustus est la plus
massive et la plus noire, A. sutherlandi est plus brune
et légèrement plus fine, et A. yorkmainorum est la plus
élancée, la moins brillante et la plus discrète
morphologiquement.