Didelphinés

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Classification (15 gen, 123 esp).
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Deutérostomiens-Vertébrés-Gnathostomes-Tétrapodes-Mammifères-Thériens-Métatheriens-Didelphimorphes-Didelphidés-Didelphinés
(Opossum américains et assimilés)

 

Genres

Espèces représentatives

Description

Chironectes
(1 espèce)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif du Yapok (Ch. minimus)

          

 

 

Chironectes minimusYapok ou opossum aquatique

                     

 

 

Le Yapok est largement distribué depuis le sud du Mexique (Chiapas) jusqu’au nord‑est de l’Argentine et à l’Uruguay, en passant par l’Amérique centrale et une grande partie de l’Amérique du Sud. Il fréquente les cours d’eau forestiers, les ruisseaux, les torrents de montagne et les forêts sempervirentes proches de l’eau.

Le corps mesure 27 à 32 cm, la queue 35 à 39 cm, et le poids varie entre 604 et 790 g. Son pelage est noir et blanc, dense et imperméable, et ses pattes postérieures sont palmées, adaptation unique chez les marsupiaux.

Le Yapok est strictement nocturne, semi‑aquatique et solitaire. Il nage avec une grande agilité, comparable à celle d’une loutre, grâce à ses pattes palmées et à sa queue préhensile. Il creuse des terriers dans les berges ou aménage des nids parmi les racines. Il est carnivore‑piscivore, se nourrissant de poissons et de crustacés d’eau douce, qu’il consomme assis sur une pierre en les tenant entre ses pattes avant. La reproduction est peu documentée : la gestation dure 19 jours, les portées comptent 2 à 5 petits, et la maturité sexuelle est atteinte vers 10 mois. La femelle possède une poche marsupiale étanche, fermée par un sphincter musculaire, permettant aux petits de rester au sec même lorsqu’elle plonge.

Le Yapok est le seul marsupial aquatique connu. Ses pattes postérieures palmées, sa poche étanche, et même la poche scrotale du mâle (rare chez les marsupiaux) sont des adaptations uniques. Il possède aussi un pelage très dense et imperméable, et un comportement aquatique extrêmement développé.

Ses prédateurs incluent les caïmans, certains poissons carnassiers, ainsi que les rapaces nocturnes et les félins lorsqu’il se déplace hors de l’eau. Les jeunes sont particulièrement vulnérables.

Le Yapok est classé Préoccupation mineure (LC) par l’UICN. Les effectifs globaux sont inconnus, car l’espèce est discrète, rarement observée et difficile à étudier. Bien qu’elle soit largement répartie, elle dépend fortement des cours d’eau forestiers intacts, ce qui la rend sensible à la pollution, à la déforestation, à la dégradation des berges et à la fragmentation des habitats.

Cryptonanus
(5 espèces)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif du genre Cryptonanus
 

Cryptonanus agricolai Souris marsupiale d’Agricola
Cryptonanus chacoensis — Souris marsupiale du Chaco
Cryptonanus ignitus   Souris marsupiale ignée
Cryptonanus unduaviensis  — Souris marsupiale d’Unduavi

                    

 

Les Cryptonanus sont présents en Amérique du Sud, principalement au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, en Argentine et localement en Uruguay. Leur répartition suit les forêts sèches, les savannes du Cerrado, les forêts galeries, les zones marécageuses saisonnières et les forêts subtropicales du Chaco. Ils occupent des habitats souvent fragmentés, parfois isolés, ce qui explique la découverte récente de nouvelles espèces dans des zones mal explorées.

Les Cryptonanus sont parmi les plus petits marsupiaux du continent sud‑américain. Leur corps mesure 10 à 15 cm, leur queue 12 à 18 cm, et leur poids varie entre 15 et 40 g. Leur pelage est brun‑gris, leur museau pointu, leurs yeux grands et sombres, et leur queue est semi‑préhensile, adaptée à la végétation basse. Leur morphologie rappelle celle des opossums souris, mais en plus gracile.

Les Cryptonanus sont nocturnes, solitaires et principalement terricoles, bien qu’ils puissent grimper dans les buissons. Ils sont omnivores opportunistes, se nourrissant d’insectes, d’araignées, de fruits, de graines et parfois de petits vertébrés. Leur reproduction est typique des Didelphidés : gestation très courte, portées de 6 à 10 petits, absence de poche marsupiale bien développée chez certaines femelles, et croissance rapide des jeunes. Leur cycle de vie est court, souvent limité à un ou deux ans, ce qui favorise une reproduction rapide mais les rend sensibles aux variations environnementales.

Le genre Cryptonanus est particulier car il a été décrit récemment après révision taxonomique, plusieurs espèces ayant été longtemps confondues avec Marmosa. Ils présentent une adaptation remarquable aux milieux secs, contrairement à de nombreux autres opossums plus forestiers. Leur petite taille, leur discrétion et leur activité nocturne les rendent difficiles à observer, ce qui explique la rareté des données. Ils jouent un rôle écologique important dans la dispersion des graines et le contrôle des insectes.

Les Cryptonanus sont la proie de nombreux prédateurs, notamment les rapaces nocturnes (chouettes et hiboux), les serpents, les petits félins comme l’ocelot ou le margay, ainsi que certains canidés et mustélidés. Leur petite taille les rend vulnérables, surtout lorsqu’ils se déplacent au sol.

La plupart des espèces de Cryptonanus sont classées Préoccupation mineure par l’UICN, car elles semblent relativement répandues, mais les données sont souvent insuffisantes. Certaines populations sont probablement en déclin à cause de la déforestation, de la conversion des savanes en zones agricoles, des incendies et de la fragmentation des habitats. Les effectifs exacts sont inconnus, car ces marsupiaux sont difficiles à détecter et rarement capturés. Plusieurs espèces pourraient être plus menacées qu’on ne le pense, notamment dans le Cerrado brésilien, l’un des biomes les plus dégradés d’Amérique du Sud. La conservation du genre dépend directement de la protection des forêts sèches, des zones humides saisonnières et des savannes naturelles.

Didelphis
(6 espèces)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif du genre Didelphis
 

Didelphis virginianaOpossum de Virginie
Didelphis marsupialisOpossum commun
Didelphis albiventrisOpossum à ventre blanc
Didelphis imperfectaOpossum imparfait

                      

 

Le genre Didelphis est largement réparti sur le continent américain, depuis le sud du Canada jusqu’au nord de l’Argentine. Didelphis virginiana occupe l’Amérique du Nord, y compris les États-Unis et le sud du Canada, tandis que les autres espèces, comme Didelphis marsupialis, Didelphis albiventris ou Didelphis aurita, sont présentes en Amérique centrale, dans les Caraïbes et dans une grande partie de l’Amérique du Sud, notamment dans les forêts tropicales, les zones agricoles, les savanes et les milieux urbains. Leur répartition reflète une grande capacité d’adaptation à des environnements variés, y compris les zones fortement anthropisées.

Les Didelphis sont des marsupiaux de taille moyenne, mesurant 35 à 55 cm de corps, avec une queue préhensile de 30 à 50 cm. Leur poids varie de 1 à 6 kg selon l’espèce, l’âge et la région. Leur pelage est généralement gris, brun ou noir, avec un museau pointu, des oreilles nues et une queue écailleuse. Leur morphologie robuste et leur dentition complète reflètent leur régime omnivore et leur mode de vie opportuniste.

Les Didelphis sont nocturnes, solitaires et très opportunistes. Ils se déplacent au sol mais grimpent facilement grâce à leur queue préhensile. Leur régime est omnivore, incluant des insectes, des fruits, des petits vertébrés, des œufs, des charognes et même des ressources humaines comme les déchets alimentaires. Leur reproduction est typique des marsupiaux : gestation très courte (environ 12 à 14 jours), portées de 8 à 13 petits, parfois plus, et développement prolongé dans la poche marsupiale. Les jeunes restent ensuite sur le dos de la mère avant de devenir indépendants. Leur cycle de vie est court, souvent 2 à 4 ans, mais leur reproduction rapide compense cette faible longévité.

Les Didelphis possèdent plusieurs particularités remarquables. Ils ont une résistance élevée aux venins de serpents comme les crotales, ce qui leur permet de consommer des proies dangereuses. Leur température corporelle basse limite la prolifération de certains pathogènes, ce qui les rend moins sensibles à des maladies comme la rage. Ils sont également connus pour leur comportement de thanatose (« faire le mort »), une stratégie de défense efficace contre les prédateurs. Leur grande plasticité écologique en fait l’un des marsupiaux les plus adaptables du monde.

Les Didelphis sont la proie de nombreux carnivores, notamment les coyotes, renards, félins comme l’ocelot ou le puma, les rapaces nocturnes, les serpents et certains canidés domestiques. Les jeunes sont particulièrement vulnérables. Leur stratégie de thanatose et leur comportement nocturne réduisent toutefois le risque de prédation.

La plupart des espèces de Didelphis sont classées Préoccupation mineure par l’UICN, car elles sont abondantes, très adaptables et capables de coloniser des milieux perturbés. Didelphis virginiana a même étendu son aire vers le nord grâce au réchauffement climatique et à l’urbanisation. Les effectifs globaux sont élevés, bien que difficiles à quantifier précisément. Certaines populations sud‑américaines peuvent être localement affectées par la déforestation, les routes, les chiens domestiques et la chasse opportuniste, mais aucune espèce du genre n’est actuellement considérée comme menacée. Leur succès écologique en fait l’un des groupes de marsupiaux les plus prospères du continent américain.

Gracilinanus
(9 espèces)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif du genre Gracilinanus
 

Gracilinanus agilisOpossum agile
Gracilinanus emiliaeOpossum d’Émilie
Gracilinanus microtarsusOpossum à petits tarses
Gracilinanus dryasOpossum dryade

                    

 

Les Gracilinanus sont répartis en Amérique du Sud, principalement au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, au Pérou, en Argentine et dans les Guyanes. Ils occupent des habitats variés, notamment les forêts tropicales humides, les forêts sèches, les zones de Cerrado, les forêts atlantiques, les forêts galeries et parfois les zones arbustives. Leur répartition est souvent fragmentée, car ils vivent dans des micro‑habitats spécifiques, notamment les sous‑bois denses et les zones de végétation basse.

Les Gracilinanus sont de petits marsupiaux graciles, mesurant 8 à 14 cm de corps, avec une queue de 10 à 18 cm. Leur poids varie entre 15 et 40 g, ce qui les place parmi les plus petits Didelphidés. Leur pelage est brun‑gris ou brun‑roux, leur museau fin et pointu, leurs yeux grands et sombres, et leur queue est non préhensile ou faiblement préhensile, ce qui les distingue des genres plus arboricoles comme Marmosa ou Caluromys.

Les Gracilinanus sont nocturnes, solitaires et principalement terricoles, bien qu’ils puissent grimper dans les buissons et les branches basses. Ils sont insectivores‑omnivores, consommant surtout des insectes, des araignées, des fruits, des graines et parfois des petits vertébrés. Leur reproduction est typique des Didelphidés : gestation très courte, portées de 6 à 12 petits, absence de poche marsupiale développée chez certaines femelles, et croissance rapide des jeunes. Leur cycle de vie est court, souvent limité à un ou deux ans, ce qui favorise une reproduction rapide mais les rend sensibles aux variations environnementales.

Le genre Gracilinanus se distingue par sa morphologie très fine, son extrême légèreté et son adaptation aux milieux secs ou semi‑ouverts, contrairement à d’autres opossums plus forestiers. Leur queue peu préhensile est un caractère notable, indiquant une spécialisation pour la vie dans les strates basses plutôt que dans la canopée. Ils sont également connus pour leur activité très discrète, ce qui explique la rareté des observations et la difficulté d’étudier leurs populations. Plusieurs espèces ont été décrites récemment grâce à des analyses génétiques, révélant une diversité plus grande qu’on ne le pensait.

Les Gracilinanus sont la proie de nombreux prédateurs, notamment les rapaces nocturnes, les serpents, les petits félins comme l’ocelot ou le margay, les mustélidés, les canidés sauvages et les rapaces diurnes lorsqu’ils se déplacent au sol. Leur petite taille les rend particulièrement vulnérables, surtout dans les habitats fragmentés.

La plupart des espèces de Gracilinanus sont classées Préoccupation mineure par l’UICN, mais plusieurs sont notées Données insuffisantes, car elles sont difficiles à détecter et peu étudiées. Les populations sont probablement localement en déclin dans les zones touchées par la déforestation, les incendies, l’agriculture intensive, la fragmentation des habitats et la conversion des savanes naturelles. Les effectifs globaux sont inconnus, mais les espèces semblent localement abondantes dans les habitats préservés. Leur survie dépend fortement de la conservation des forêts atlantiques, du Cerrado, des forêts sèches et des zones de végétation basse, des biomes parmi les plus menacés d’Amérique du Sud.

Hyladelphys
(1 espèce)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif de l'Opossum de Kalinowski

 

Hyladelphys kalinowskii Opossum de Kalinowski

                       

 

Hyladelphys kalinowskii est connu d’un nombre très limité de localités en Amérique du Sud tropicale, notamment au Brésil, au Pérou et en Guyane française . Son aire est patchy, probablement sous‑estimée en raison de la difficulté à le capturer, et pourrait s’étendre dans le nord de l’Amazonie selon les rares données disponibles .

C’est un marsupial minuscule, pesant 13 à 18 g et mesurant 76 à 91 mm de corps, avec une queue de 102 à 117 mm . Son pelage est gris à brun cannelle, avec un ventre crème à blanc et un masque facial noir très marqué .

L’espèce est nocturne, arboricole et parfois terricole, observée sur des palmiers, dans des forêts tropicales humides, subtropicales ou montagnardes, souvent près de zones marécageuses ou de ruisseaux . Son régime alimentaire n’est pas documenté directement, mais par analogie prudente avec les Didelphidés de taille similaire, il est probablement insectivore‑omnivore (insectes, araignées, fruits). La reproduction est mal connue : l’espèce est vivipare, nidicole, mais aucune donnée précise sur la taille des portées n’est confirmée scientifiquement .

Hyladelphys kalinowskii est l’un des marsupiaux les plus rares et les moins connus du monde. Il est le seul représentant du genre Hyladelphys, séparé du genre Gracilinanus en 2001 après révision morphologique . Il présente des traits morphologiques atypiques pour un Didelphidé, comme des prémolaires décidues et un nombre pair de mamelles, ce qui remet même en question sa position exacte dans la famille Didelphidae . Son extrême rareté laisse penser qu’il pourrait représenter un complexe d’espèces cryptiques encore non décrites.

Aucun prédateur n’est documenté directement, mais comme tous les petits marsupiaux néotropicaux, il est probablement la proie de rapaces nocturnes, serpents arboricoles, petits félins (ocelot, margay) et mustélidés. Cette inférence repose sur les prédateurs connus des Didelphidés de taille similaire.

L’espèce est classée Préoccupation mineure (LC) par l’UICN, mais cette classification repose sur des données extrêmement limitées . Les effectifs sont totalement inconnus, et la rareté des observations suggère qu’elle est sous‑échantillonnée plutôt que réellement abondante. Les menaces probables incluent la déforestation amazonienne, la fragmentation des forêts, les incendies et la dégradation des zones humides. Son statut pourrait être réévalué si de nouvelles données montrent une aire plus restreinte ou une dépendance forte aux forêts primaires.

Lestodelphys
(1 espèce)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif de l'Opossum de Hall

 

 

Lestodelphys halliOpossum de Hall

                     

 

 

Lutreolina
(1 espèce)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Prédateurs
5. Statut actuel et effectif de l'Opossum à queue épaisse

 

Lutreolina crassicaudata Opossum à queue épaisse

                    

 

 

Marmosa
(env 15 espèces)

Marmosa murinaOpossum souris commun
Marmosa robinsoniOpossum de Robinson
Marmosa lepidaOpossum élégant
Marmosa mexicanaOpossum souris du Mexique

                  

 

 

 

Marmosops
(env 15 espèces)

Marmosops incanusOpossum souris gris
Marmosops noctivagusOpossum souris nocturne
Marmosops parvidensOpossum souris à petites dents
Marmosops pinheiroiOpossum souris de Pinheiro

                  

 

 

 

Metachirus
(1 espèce)

Metachirus nudicaudatusOpossum à queue nue

 

 

Micoureus
(6 espèces)

Micoureus demeraraeOpossum laineux de Demerara
Micoureus constantiaeOpossum laineux de Constance
Micoureus paraguayanaOpossum laineux du Paraguay
Micoureus reginaOpossum laineux de la Reine

 

Monodelphis
(env 20 espèces)

Monodelphis domesticaOpossum domestique
Monodelphis americanaOpossum américain
Monodelphis brevicaudataOpossum à queue courte
Monodelphis glirinaOpossum souris arboricole

 

Philander
(4 espèces)

Philander opossumOpossum gris à quatre yeux
Philander andersoniOpossum d’Anderson

 

Thylamys
(8 espèces)

Thylamys elegansOpossum souris élégant
Thylamys pallidiorOpossum souris pâle
Thylamys pusillusOpossum souris minuscule
Thylamys macrurusOpossum souris à longue queue

 

Tlacuatzin
(1 espèce)

Tlacuatzin canescensOpossum gris du Mexique