Larids

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Classification récente (env 23 gen, env 110 esp)
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Deutérostomiens-Vertébrés-Gnathostomes-Tétrapodes-Oiseaux-Charadriiformes-Laridés
(Goélands, mouettes, sternes et assimilés)   

 

Sous-familles

Espèces représentatives Description
Larinés
(env 10 gen, env 55 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularite
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Genres et variétés des Larinés

 

 

Goéland dominicain (Larus dominicanus)
Goéland de Heermann (Larus heermanni)
Goéland de Belcher (Larus belcheri)
Goéland de Hartlaub (Chroicocephalus hartlaubii)
Goéland de Lava (Larus fuliginosus)
Goéland de Saunders (Saundersilarus saundersi)
Goéland de Relict (Ichthyaetus relictus)
Mouette de Franklin (Leucophaeus pipixcan)

Les Larinés sont présents sur presque tous les continents, avec une forte concentration dans les régions côtières, les estuaires, les zones humides, les lacs, les rivières et les milieux marins ouverts ; ils occupent aussi des zones urbaines où certaines espèces comme le Goéland argenté (Larus argentatus) et le Goéland leucophée (Larus michahellis) se sont largement adaptées, tandis que d’autres, comme la Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus), fréquentent aussi les terres agricoles et les plans d’eau intérieurs.

Les Larinés présentent une grande variabilité de taille, allant de petites espèces comme la Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus) mesurant environ 25 cm pour 70 à 120 g, jusqu’aux grands goélands comme le Goéland marin (Larus marinus) atteignant 70 cm pour 1,5 à 2 kg ; la majorité des espèces se situent entre 35 et 55 cm pour un poids de 250 à 900 g.

Les Larinés sont des oiseaux opportunistes vivant en colonies plus ou moins denses, se nourrissant de poissons, invertébrés marins, déchets, œufs, petits vertébrés ou proies capturées en vol, et adoptant un régime très flexible selon les ressources ; la reproduction se déroule généralement en colonies sur des falaises, des îlots, des plages ou des zones humides, avec un nid simple fait de végétaux, une ponte de 1 à 3 œufs, une incubation assurée par les deux parents, et des jeunes nidifuges capables de se déplacer rapidement dès l’éclosion.

Les Larinés se distinguent par leur plasticité écologique, leur capacité à exploiter des milieux très variés, leur longévité élevée pouvant dépasser 30 ans chez certaines espèces, leur intelligence opportuniste, leur aptitude au vol plané sur de longues distances, et leur comportement social complexe incluant des vocalisations variées, des hiérarchies et des interactions intra‑coloniales intenses.

Le plumage des Larinés est généralement blanc et gris, parfois avec du noir sur les ailes ou la tête selon la saison, et présente souvent un dimorphisme saisonnier marqué, notamment chez la Mouette rieuse ou la Mouette mélanocéphale ; le bec est robuste, droit, de couleur variable (jaune, rouge, noir) selon les espèces et l’âge, adapté à un régime omnivore et opportuniste, tandis que les pattes montrent également une grande diversité de couleurs.

La migration varie fortement selon les espèces : certaines sont strictement migratrices comme la Mouette rieuse, d’autres partiellement migratrices comme le Goéland argenté, et certaines sédentaires dans les régions tempérées comme le Goéland leucophée ; les migrations peuvent couvrir plusieurs milliers de kilomètres, reliant les zones de reproduction nordiques aux quartiers d’hivernage plus méridionaux.

Les Larinés sont aujourd’hui un sous‑groupe des Laridés, non plus une famille séparée. La classification moderne place les Larinés dans la famille des Laridés, au sein de l’ordre des Charadriiformes. Les Larinés regroupent les mouettes et goélands au sens large. Les genres principaux sont : Larus (goélands typiques), Chroicocephalus (mouettes blanches et noires), Hydrocoloeus (petites mouettes), Ichthyaetus (mouettes et goélands méditerranéens), Rissa (mouettes tridactyles), Xema (mouette rosée). Les Larinés sont donc un clade interne des Laridés, défini par des caractères morphologiques (bec droit, plumage blanc/gris/noir, pattes modérément longues) et des traits comportementaux (opportunisme alimentaire, colonies de reproduction). La structure moderne est : Charadriiformes → Laridae → Larinae → genres Larus, Chroicocephalus, Hydrocoloeus, Ichthyaetus, Rissa, Xema. Les Sterninae (sternes) et les Skua (Stercorariidae) sont désormais séparés et ne font plus partie des Larinés.

Sterninés
(env 10 gen, env 44 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularite
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Genres et variétés des Sterninés

 

Sterna hirundo Sterne pierregarin
Sterna paradisaea
Sterne arctique
Sterna dougallii
Sterne de Dougall
 Sterna sumatrana Sterne de Sumatra
 Thalasseus sandvicensissterne caugek Thalasseus maximussterne royale
 Onychoprion fuscatussterne fuligineuse Chlidonias nigerguifette noire

Les Sterninés sont largement répartis sur tous les continents, principalement dans les zones côtières, les estuaires, les lagunes, les plages, les marais salants et les plans d’eau intérieurs ; certaines espèces comme la Sterne pierregarin (Sterna hirundo) occupent aussi les rivières et les lacs, tandis que d’autres, comme la Sterne arctique (Sterna paradisaea), parcourent les régions polaires et subpolaires.

Les Sterninés sont des oiseaux élancés de taille moyenne, mesurant généralement 25 à 40 cm pour un poids de 80 à 200 g, avec des espèces plus grandes comme la Sterne caspienne (Hydroprogne caspia) atteignant 50 cm et plus de 700 g, et des espèces plus petites comme la Sterne naine (Sternula albifrons) pesant à peine 45 g.

Les Sterninés sont des oiseaux grégaires vivant en colonies, se nourrissant principalement de poissons, de petits crustacés et d’invertébrés aquatiques, qu’ils capturent en plongeant en piqué depuis le vol ; la reproduction se déroule en colonies denses sur des plages, des bancs de sable, des îlots ou des gravières, avec un nid minimaliste souvent réduit à une simple dépression dans le sol, une ponte de 1 à 3 œufs, une incubation assurée par les deux parents, et des jeunes semi‑nidifuges capables de se déplacer rapidement.

Les Sterninés se distinguent par leur vol extrêmement agile, leur capacité à effectuer des plongées précises, leur cri aigu et perçant, leur fidélité aux sites de reproduction, et chez certaines espèces comme la Sterne arctique, une migration exceptionnelle qui constitue la plus longue migration connue chez les oiseaux ; leur silhouette fine, leurs ailes longues et pointues et leur queue souvent profondément fourchue en font un groupe très reconnaissable.

Le plumage des Sterninés est généralement blanc et gris, avec une calotte noire en période nuptiale, un bec fin et pointu souvent rouge, noir ou orangé selon les espèces, et des pattes courtes de couleur vive ; la queue est souvent longue et fourchue, particulièrement marquée chez des espèces comme la Sterne arctique ou la Sterne pierregarin, ce qui contribue à leur silhouette élégante.

La migration est très marquée chez les Sterninés : certaines espèces comme la Sterne arctique effectuent un trajet annuel de plus de 40 000 km entre l’Arctique et l’Antarctique, d’autres comme la Sterne pierregarin migrent vers l’Afrique ou l’Asie du Sud, tandis que quelques espèces tropicales sont plus sédentaires ; les sternes sont donc parmi les oiseaux les plus mobiles du monde.Les Sterninés ne sont plus une famille séparée : la classification moderne les place comme sous‑famille des Laridés au sein des Charadriiformes. Les Sterninés regroupent les sternes, guifettes, noddis et gygis, intégrés dans un clade commun avec les Larinae (mouettes et goélands), ce qui rend impossible une séparation en familles distinctes sans rendre les Laridés paraphylétiques . Les genres principaux reconnus sont : Gygis (gygis blanches), Anous (noddis), Onychoprion (sternes tropicales), Sternula (petites sternes), Phaetusa (sternes à gros bec), Gelochelidon (sternes hansel), Hydroprogne (sternes caspiennes), Larosterna (sternes inca), Chlidonias (guifettes), Sterna (sternes classiques). La structure moderne est donc : Charadriiformes → Laridae → Sterninae → genres Gygis, Anous, Onychoprion, Sternula, Phaetusa, Gelochelidon, Hydroprogne, Larosterna, Chlidonias, Sterna. Les Sterninés sont cosmopolites, marins ou côtiers, et incluent l’oiseau migrateur le plus extrême du monde, la Sterne arctique (Sterna paradisaea) .

Anoinés
(1 gen, 5 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularite
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Genres et variétés des Anoinés

Anous stolidusnoddi brun
Anous minutus
noddi noir
Anous tenuirostris
noddi à bec grêle


 

Les Anoinés sont des oiseaux marins tropicaux et subtropicaux, présents dans l’océan Pacifique, l’océan Indien et certaines zones de l’Atlantique tropical. Les Anous (noddis) occupent les archipels coralliens, les îles océaniques isolées et les lagons tropicaux ; les Gygis (gygis blanches) sont surtout présentes en Polynésie, Micronésie, Hawaï, Seychelles et Christmas Island.

Les Anoinés mesurent 30 à 42 cm pour un poids de 120 à 250 g selon les espèces. Les noddis (Anous) sont plus grands et plus robustes, tandis que les gygis (Gygis alba) sont plus légères et plus élancées.

Ce sont des oiseaux pélagiques qui se nourrissent de poissons, calmars, crustacés et de proies capturées en surface. Ils nichent en colonies, souvent sur des îlots isolés, avec des comportements reproducteurs très fidèles au site. Les noddis construisent un petit nid dans les arbres ou sur les corniches rocheuses ; la gygis blanche pond un unique œuf directement sur une branche, sans nid, ce qui est unique chez les oiseaux marins.

Les Anoinés se distinguent par leur adaptation extrême au milieu tropical, leur fidélité aux colonies, leur vol lent et stable, et chez Gygis alba, par la ponte sans nid. Les noddis ont un plumage uniformément sombre, ce qui les rend très reconnaissables parmi les Laridés.

Les noddis (Anous) ont un plumage brun foncé à noir, avec un capuchon gris chez certaines espèces ; leur bec est long, droit, pointu, adapté à la capture de proies en surface. Les gygis (Gygis alba) ont un plumage entièrement blanc, un bec noir fin, et des yeux très grands cerclés de noir, donnant un aspect “angélique” caractéristique.

Les Anoinés sont non migrateurs, mais effectuent des déplacements pélagiques parfois très étendus autour des colonies. Ils restent dans les zones tropicales toute l’année.

Les Anoinés comprennent deux genres modernes : Anous (noddis) avec Anous stolidus, Anous minutus, Anous tenuirostris, Anous albivitta, Anous ceruleus ; et Gygis avec Gygis alba (gygis blanche). L’ancien genre Procelsterna (noddis bleus) est aujourd’hui intégré dans Anous.

Les Anoinés ne sont plus une famille séparée : la classification moderne les place comme sous‑famille des Laridés au sein des Charadriiformes. Les Anoinés regroupent les noddis, oiseaux marins tropicaux au plumage sombre. Les genres reconnus sont : Anous (noddis bruns et noirs), Gygis (gygis blanches, parfois incluses dans Sterninae selon les auteurs), et dans certaines classifications anciennes Procelsterna (noddis bleus, aujourd’hui intégrés dans Anous). La structure moderne est donc : Charadriiformes → Laridae → Anoinae → genres Anous, Gygis. Les Anoinés sont des oiseaux marins tropicaux, nicheurs en colonies, avec un plumage sombre (sauf Gygis alba), un bec fin et pointu, et un comportement pélagique marqué. Ils sont proches des Sterninae, mais forment un clade distinct au sein des Laridés.

Rynchopinés
(1 gen, 3 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularite
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Genres et variétés des Rhynchopinés
Rynchops nigerbec-en-ciseaux noir
 Rynchops flavirostrisbec-en-ciseaux africain
 Rynchops albicollisbec-en-ciseaux indien

Les Rynchopinés sont présents dans les zones tropicales et subtropicales du continent américain, de l’Afrique et de l’Asie du Sud. Rynchops niger vit en Amérique (Atlantique, Caraïbes, Amazonie), Rynchops flavirostris en Afrique subsaharienne, et Rynchops albicollis en Inde, Bangladesh, Sri Lanka et Asie du Sud‑Est.
 
Les bec‑en‑ciseaux mesurent 35 à 50 cm pour 200 à 350 g. Rynchops niger est le plus grand, Rynchops flavirostris le plus léger, et Rynchops albicollis intermédiaire.

Ils vivent sur les plages, bancs de sable, estuaires, lagunes et grands fleuves. Leur nourriture est presque exclusivement piscivore, capturée en volant au ras de l’eau grâce à leur bec asymétrique. Ils nichent en colonies, creusant une dépression dans le sable où la femelle pond 2 à 4 œufs. Les deux parents incubent et nourrissent les jeunes.

Les Rynchopinés sont les seuls oiseaux au monde dont la mandibule inférieure est plus longue que la supérieure, permettant de “fendre” la surface de l’eau pour capturer des poissons. Ils ont aussi des pupilles verticales, une rareté chez les oiseaux, améliorant la vision crépusculaire.

Le plumage est noir dessus, blanc dessous, avec des ailes longues et un vol très rapide. Le bec est orange à rouge, très comprimé latéralement, avec une mandibule inférieure allongée. Les jeunes ont un plumage plus brun et un bec plus court.

Rynchops niger migre partiellement entre l’Amérique du Nord et les Caraïbes. Rynchops albicollis effectue des déplacements saisonniers liés aux crues des fleuves. Rynchops flavirostris est sédentaire ou localement mobile selon les pluies africaines.

Les Rynchopinés forment une sous‑famille monogénérique : Rynchops. Les trois espèces modernes sont : Rynchops niger (Amérique), Rynchops flavirostris (Afrique), Rynchops albicollis (Asie du Sud). Il n’existe aucune sous‑espèce officiellement reconnue dans la classification moderne, mais Rynchops niger présente des variations régionales (formes caraïbes vs continentales).

Les Rynchopinés ne sont plus une famille séparée : la classification moderne les place comme sous‑famille des Laridés au sein des Charadriiformes. Ils regroupent les bec‑en‑ciseaux, oiseaux marins ou fluviaux du genre Rynchops. La structure actuelle est : Charadriiformes → Laridae → RynchopinaeRynchops. Les Rynchopinés sont définis par un bec unique chez les oiseaux : la mandibule inférieure plus longue que la supérieure, permettant de “couper” la surface de l’eau pour capturer des poissons. Ils sont proches des Larinae (mouettes et goélands) et des Sterninae (sternes), mais forment un clade distinct au sein des Laridés. Les trois espèces modernes sont : Rynchops niger (Amérique), Rynchops flavirostris (Afrique) et Rynchops albicollis (Asie du Sud).

Gynginés
(1 gen, 1 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularite
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Statut et effectif de la gigis blanche
Gygis albagigis blanche

La Gygis blanche (Gygis alba) vit dans les îles tropicales de l’océan Pacifique, de la Polynésie aux Hawaï, en passant par Micronésie, Kiribati, Samoa, Tahiti, Cook, Marquises, Tuamotu, ainsi que dans l’océan Indien aux Seychelles et à Christmas Island. Elle occupe les îlots coralliens, les forêts littorales et les zones côtières isolées.

La Gygis blanche mesure 28 à 32 cm pour un poids de 75 à 120 g. Elle possède des ailes longues et fines, adaptées au vol pélagique.

C’est un oiseau pélagique tropical, se nourrissant de petits poissons, calmars, crustacés, capturés en vol au‑dessus de l’eau. Elle niche en colonies sur les îles, mais sa reproduction est unique : elle ne construit pas de nid. La femelle pond un seul œuf directement sur une branche, une corniche ou une cavité naturelle. Les parents nourrissent le poussin avec des poissons entiers apportés au bec.

La Gygis blanche est célèbre pour sa ponte sans nid, un comportement exceptionnel chez les oiseaux marins. Elle possède aussi des yeux très grands, un vol extrêmement léger et silencieux, et une fidélité remarquable à son site de reproduction. Son apparence entièrement blanche lui vaut le surnom d’“ange des mers”.

Le plumage est entièrement blanc, sans aucune marque. Le bec est noir, long, fin, légèrement courbé, parfait pour saisir des poissons en surface. Les yeux sont très grands, cerclés de noir, donnant un contraste marqué.

La Gygis blanche est non migratrice. Elle reste dans les zones tropicales toute l’année, mais effectue des déplacements pélagiques autour des îles, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres.

La Gygis blanche est classée Préoccupation mineure (LC). Les effectifs mondiaux sont estimés à 100 000 à 200 000 individus, avec des populations stables dans la plupart des archipels. Les menaces principales sont la déforestation côtière, les rats introduits, les chats, et la perte de sites de ponte. Les populations des Seychelles et de Hawaï sont bien suivies et globalement stables.

Les Gynginés (Gyginae) ne sont plus une famille séparée : la classification moderne les place comme sous‑famille des Laridés au sein des Charadriiformes. Ils regroupent les gygis, oiseaux marins tropicaux du genre Gygis, notamment la célèbre Gygis alba, la “sterne blanche”. La structure actuelle est : Charadriiformes → Laridae → GyginaeGygis. Les Gynginés sont caractérisés par un plumage entièrement blanc, un bec noir fin et pointu, des yeux très grands, et un comportement pélagique tropical. Ils sont proches des Anoinae (noddis, genre Anous) et des Sterninae (sternes, genre Sterna, Onychoprion, etc.), mais forment un clade distinct au sein des Laridés en raison de leur morphologie unique et de leur écologie spécialisée.