Charadriiformes

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Classification ().
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Deutérostomiens-Vertébrés-Gnathostomes-Tétrapodes-Oiseaux-Charadriiformes
(Turnix, Huitriers, Chionis, échasses, avocettes, pluviers, gravelots, jacanas, thinocores, bécasses, bécassines, barges, tourne-pierre, bécasseaux, combattants, phalaropes, glaréoles, mouettes, goélands, sternes, guifettes, noddis, bec-en-ciseaux, labbes, Macareux, pingouins... )

 

 

Famille

Espèces représentatives Description
Turnicidés
(
1 gen, 18 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Classification moderne des Turnicidés

 

Turnix suscitatorTurnix combattant
Turnix variusTurnix bariolé
Turnix nigricollisTurnix de Madagascar
Turnix tankiTurnix indien

Les Turnicidés sont présents dans les régions tropicales, subtropicales et semi‑arides de l’Ancien Monde. On les trouve en Afrique, en Asie du Sud, en Asie du Sud‑Est, en Australie, et localement au Moyen‑Orient. Leur répartition est discontinue, liée aux savannes, steppes, zones broussailleuses, plaines herbeuses et forêts sèches. Ils évitent les milieux humides et les forêts denses. Le genre Turnix occupe la majorité de ces régions, tandis que Ortyxelos est limité aux savannes sahéliennes.

: Les Turnicidés sont de petits oiseaux terrestres, mesurant 12 à 23 cm pour 40 à 130 g selon les espèces. Leur silhouette rappelle les cailles : corps arrondi, pattes relativement longues, ailes courtes, vol faible et rapide. Le dimorphisme sexuel inversé est marqué : les femelles sont plus grandes et plus colorées que les mâles.

 Ce sont des oiseaux terricoles, discrets, vivant dans les herbes hautes, les broussailles ou les sols nus. Ils se nourrissent de graines, insectes, petits invertébrés, qu’ils capturent en fouillant le sol. Leur reproduction est unique : système polyandre, où la femelle défend un territoire, s’accouple avec plusieurs mâles, puis ce sont les mâles qui incubent les œufs et élèvent les jeunes. Le nid est une dépression au sol, bien cachée dans la végétation. Ponte de 3 à 5 œufs, incubation par le mâle, poussins nidifuges.

Leur particularité majeure est le dimorphisme sexuel inversé et le système polyandre, rare chez les oiseaux. Les femelles sont plus grandes, plus colorées, plus agressives, et vocalisent davantage. Les mâles assurent toute la parentalité. Leur morphologie est une convergence évolutive avec les cailles, mais ils appartiennent aux Charadriiformes. Leur vol est faible, souvent limité à de courtes distances.

Plumage brun, roux, gris, très cryptique, avec des motifs mouchetés ou vermiculés permettant un camouflage parfait dans les herbes. Les femelles présentent des couleurs plus vives ou des motifs plus contrastés. Le bec est court, fin, légèrement arqué, adapté à la prise d’insectes et de graines. Les pattes sont relativement longues, adaptées à la course.

Les Turnicidés sont non migrateurs. Ils effectuent seulement des déplacements locaux selon la disponibilité de la nourriture ou les pluies saisonnières. Les populations des zones arides peuvent se déplacer de manière nomade, mais sans migration régulière. Ils restent dans les mêmes régions toute l’année.

Les Turnicidés forment une petite famille de l’ordre des Charadriiformes, regroupant les turnix ou boutons‑quail, oiseaux terrestres rappelant les cailles mais n’ayant aucun lien avec les Galliformes. La famille comprend 2 genres et 18 espèces. Le genre principal est Turnix, qui rassemble la quasi‑totalité des espèces : Turnix sylvaticus, T. tanki, T. maculosus, T. nigricollis, T. velox, T. hottentottus, etc. Le second genre, Ortyxelos, ne contient qu’une seule espèce : Ortyxelos meiffrenii, le turnix à ailes courtes, morphologiquement très distinct. Leur classification moderne est stable : Charadriiformes → Turniciformes → Turnicidae → Turnix + Ortyxelos. Les Turnicidés se distinguent par un dimorphisme sexuel inversé (femelles plus grandes et plus colorées), un système polyandre, un vol faible, et une morphologie convergente avec les cailles.

Burhinidés
(2 gen,
env 10 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Plumage et bec
6. Migration
7. Classification moderne des Burhinidés

 

Burhinus oedicnemusŒdicnème criard
Esacus recurvirostrisGrand œdicnème
Burhinus capensisŒdicnème tachard
Burhinus grallariusŒdicnème bridé

Les Burhinidés (oedicnèmes, stone‑curlews) sont présents dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes. On les trouve en Afrique, Asie du Sud, Asie du Sud‑Est, Australie, Amérique centrale, Amérique du Sud, et localement en Europe méridionale (notamment l’oedicnème criard). Ils occupent des milieux ouverts : savannes, steppes, plaines arides, zones caillouteuses, déserts, prairies sèches, parfois les littoraux sableux. Leur répartition est large mais toujours liée aux habitats ouverts et secs.

Les Burhinidés sont des limicoles de grande taille, mesurant 38 à 55 cm pour 500 à 900 g selon les espèces. Silhouette massive, pattes longues, tête large, yeux énormes adaptés à l’activité nocturne. Ailes longues, vol puissant mais rarement utilisé sur de longues distances.

 Ce sont des oiseaux terricoles, actifs surtout la nuit. Ils se nourrissent de petits invertébrés, insectes, vers, crustacés, petits reptiles, parfois de graines. Leur reproduction se fait au sol : nid minimal, simple dépression dans le sable ou la terre. Ponte de 2 œufs, très cryptiques. Les poussins sont nidifuges, capables de courir dès l’éclosion. Les Burhinidés sont discrets, souvent immobiles pendant la journée, se fiant à leur camouflage.

 Leur particularité majeure est leur activité nocturne et leurs yeux gigantesques, parmi les plus grands proportionnellement chez les limicoles. Leur comportement est très discret : ils se figent en plein jour, parfaitement camouflés. Leur cri puissant, souvent nocturne, est caractéristique des milieux ouverts. Leur morphologie est unique : limicoles terrestres, massifs, avec un vol peu fréquent et une démarche rapide.

Plumage brun, sable, gris, très cryptique, avec des motifs mouchetés ou rayés. Le bec est fort, épais, souvent noir ou bicolore, adapté à la capture d’invertébrés et de petites proies. Les pattes sont longues, jaunâtres ou grisâtres. Les yeux sont énormes, jaune vif ou dorés, signature visuelle du groupe.

 Les Burhinidés sont partiellement migrateurs selon les espèces. L’oedicnème criard (Burhinus oedicnemus) migre entre l’Europe et l’Afrique du Nord. D’autres espèces sont sédentaires ou nomades, se déplaçant selon les pluies et la disponibilité des ressources. Les espèces tropicales sont généralement non migratrices.

 Les Burhinidés appartiennent à l’ordre des Charadriiformes. La famille comprend 2 genres : Burhinus (oedicnèmes classiques : B. oedicnemus, B. capensis, B. grallarius, B. superciliaris, etc.) et Esacus (oedicnèmes géants littoraux : Esacus magnirostris, Esacus recurvirostris). Classification moderne : Charadriiformes → Burhinidae → Burhinus + Esacus. Ce sont les limicoles terrestres les plus spécialisés des milieux ouverts.

 
Chionidés
(
1 gen, 2 esp)
Chionis albaChionis blanc
Chionis minorPetit Chionis

 
Pluvianellidés
 (
1 gen,
1 esp)
Pluvianellus socialisPluvianelle magellanique

 
Pluvianidés (1 gen, 1 esp) Pluvianus aegyptiusPluvian fluviatile ou Pluvian d’Égypte

 
Récuvirostridés
 (
2 gen, 10 esp)
 
Recurvirostra avosetta Avocette élégante
Recurvirostra americana Avocette d’Amérique Recurvirostra andina Avocette des Andes
Recurvirostra novaehollandiae
Avocette d’Australie Himantopus himantopus Échasse blanche
 Himantopus mexicanus Échasse d’Amérique Himantopus melanurus Échasse d’Amérique du Sud Himantopus leucocephalus Échasse à tête blanche

 
Haemotopodidés
 (
1 gen
, 12 esp)
Haematopus ostralegusHuîtrier pie
Haematopus palliatusHuîtrier d’Amérique
Haematopus bachmaniHuîtrier de Bachman
Haematopus moquiniHuîtrier de Moquin

 

 
Ibidorhynchidés
(
1 gen, 1 esp)
Ibidorhyncha struthersiiBec-d’ibis tibétain

 

 
Glaréolidés
 (4 gen, , 17 esp)
Cursorius cursorCourvite isabelle
Rhinoptilus africanusCourvite à double collier
Glareola pratincolaGlaréole à collier
Glareola maldivarumGlaréole orientale

 

 
Thinocoridés
 (
2 gen,
4 esp)
Attagis gayiAttagis de Gay
Thinocorus rumicivorusThinocore de Patagonie
 
Pédionomidés
(
1 gen,
1 esp)
Pedionomus torquatusPédionome errant  
Rostratulidés
(
2 gen
, 3 esp)
Rostratula benghalensisRhynchée peinte
Nycticryphes semicollarisRhynchée de Saint-Hilaire
 
Jacanidés
(6 gen, 8 esp)
Jacana jacanaJacana noir
Hydrophasianus chirurgusJacana à longue queue
Actophilornis africanusJacana à poitrine dorée
Metopidius indicusJacana bronzé
 
Dromadidés
(
1 gen,
1 esp)
Dromas ardeolaCrabier à bec de spatule (ou Drome)  
Stercorariidés
(
1 gen, 7 esp)
Stercorarius skuaGrand Labbe
Stercorarius parasiticusLabbe parasite
Stercorarius pomarinusLabbe pomarin
Stercorarius longicaudusLabbe à longue queue
 
Charadriidés
 (11 gen, 71 esp)

1. Morphologie et description
2. Place des Charadriidés au sein des Charadriiformes
 
3. Groupes principaux chez les Charadriidés
4. Distribution géographique

 

 
Alcidés
(11gen, 25 esp)
 
Laridés
(env 23 gen, env 110 esp)

1. Morphologie et description
2. Place des Laridés au sein des Charadriiformes
 
3. Groupes principaux chez les Laridés
4. Distribution géographique

 

Les Laridés regroupent les mouettes, goélands, sternes, noddis, gygis et bec‑en‑ciseaux. Ils présentent un corps moyen à robuste, des ailes longues et pointues adaptées au vol plané, un bec droit souvent puissant, des pattes modérément longues, et un plumage dominé par le blanc, le gris, le noir ou le brun. Les jeunes ont un plumage brun tacheté avant d’acquérir le plumage adulte. Leur morphologie est optimisée pour le vol marin, la pêche, le scavenging et la vie en colonies.

Les Laridés appartiennent à l’ordre des Charadriiformes, qui regroupe les limicoles, les alcidés, les labbes et les oiseaux marins apparentés. Au sein des Charadriiformes, les Laridés forment un clade majeur des oiseaux marins, distinct des Stercorariidae (labbes), des Alcidae (pingouins, guillemots), et des Charadriidae (pluviers). Les analyses génomiques modernes montrent que les Laridés se divisent en plusieurs sous‑familles monophylétiques : Larinae (mouettes et goélands), Sterninae (sternes et guifettes), Anoinae (noddis), Gyginae (gygis blanches), Rynchopinae (bec‑en‑ciseaux).

Les Laridés forment une famille monophylétique de l’ordre des Charadriiformes, regroupant les mouettes, goélands, sternes, guifettes, noddis, gygis et bec‑en‑ciseaux. La classification moderne, basée sur la phylogénomique (UCEs, génomes complets), reconnaît cinq sous‑familles : Larinae (mouettes et goélands), Sterninae (sternes et guifettes), Anoinae (noddis), Gyginae (gygis blanches), Rynchopinae (bec‑en‑ciseaux). Les genres principaux incluent Larus, Chroicocephalus, Ichthyaetus, Rissa, Hydrocoloeus, Xema pour les Larinae ; Sterna, Chlidonias, Onychoprion, Sternula, Hydroprogne, Gelochelidon, Larosterna pour les Sterninae ; Anous pour les Anoinae ; Gygis pour les Gyginae ; Rynchops pour les Rynchopinae. Cette structure reflète des clades bien soutenus, séparant clairement les sternes, noddis, gygis et bec‑en‑ciseaux des mouettes et goélands, tout en conservant l’unité évolutive des Laridés.

Les Laridés sont présents sur toute la planète, depuis les régions arctiques jusqu’aux zones tropicales. Les Larinae dominent les côtes tempérées et les zones urbaines, les Sterninae occupent les littoraux, les îlots et les zones pélagiques, les Anoinae et Gyginae sont strictement tropicaux, et les Rynchopinae vivent dans les estuaires, fleuves tropicaux et côtes chaudes. Leur distribution est l’une des plus vastes de tous les oiseaux marin

Scolopacidés
 
(25 gen, 98 esp)

1. Morphologie et description
2. Place des Scolopacidés au sein des Charadriiformes
 
3. Groupes principaux chez les Scolopacidés
4. Distribution géographique

 

Les Scolopacidés regroupent les bécasses, bécassines, barges, courlis, chevaliers, phalaropes, maubèches, bécasseaux et limicoles apparentés. Ils se caractérisent par un bec long, souvent flexible, adapté au fouissage, des pattes allongées, un corps élancé, des ailes pointues et un plumage généralement brun, gris ou blanc avec des motifs cryptiques. Leur morphologie est optimisée pour la recherche de proies dans les vasières, les plages, les marais et les estuaires, avec des comportements alimentaires très spécialisés.

Les Scolopacidés appartiennent à l’ordre des Charadriiformes, dans le grand clade des limicoles. Ils sont proches des Charadriidae (pluviers), des Recurvirostridae (échasses, avocettes) et des Haematopodidae (huîtriers). La phylogénomique moderne montre que les Scolopacidés forment un clade très diversifié, séparé en deux grands ensembles : les bécasses/bécassines (formes forestières fouisseuses) et les limicoles migrateurs (formes littorales ou arctiques à migrations extrêmes).

Les Scolopacidés forment une famille monophylétique de l’ordre des Charadriiformes, regroupant les bécasses, bécassines, barges, courlis, chevaliers, phalaropes, maubèches, bécasseaux et autres limicoles apparentés. La phylogénomique moderne divise les Scolopacidés en deux grands ensembles : le groupe des bécasses/bécassines (genres Scolopax, Gallinago, Lymnocryptes) et le groupe des limicoles migrateurs (genres Numenius, Limosa, Tringa, Calidris, Arenaria, Phalaropus, Actitis, Xenus, Bartramia, Prosobonia). La structure moderne est : Charadriiformes → Scolopacidae → clade Scolopax/Gallinago + clade Calidris/Tringa/Numenius/Limosa/Phalaropus. Les Scolopacidés sont définis par un bec long et flexible, des pattes allongées, un comportement fouisseur ou chercheur de proies, et une migration souvent extrême (ex. Calidris canutus, Limosa lapponica).

Les Scolopacidés sont cosmopolites, présents sur tous les continents. Les bécasses et bécassines occupent les forêts tempérées, les tourbières et les marais. Les limicoles migrateurs se trouvent dans les zones arctiques pour la reproduction, puis migrent vers les côtes tropicales, estuaires, vasières, lagunes et zones intertidales du monde entier. Certaines espèces, comme Calidris canutus ou Limosa lapponica, effectuent les plus longues migrations connues chez les oiseaux.