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Le genre
Lates
regroupe de grands poissons prédateurs appartenant à la famille des
Latidés (Latidae).
Ce sont des poissons robustes, à corps allongé, tête massive, bouche
large et armée de dents coniques. Leur nageoire dorsale est divisée
en deux parties, la première épineuse et la seconde molle. La
nageoire caudale est arrondie ou légèrement échancrée. La taille
varie fortement selon les espèces : certaines mesurent 40 à 80 cm,
tandis que les plus grandes, comme le
Lates niloticus,
dépassent
2 m
et peuvent atteindre
150 à 200 kg.
Leur coloration est généralement gris‑argenté à brunâtre, parfois
avec des reflets dorés.
Les espèces du genre
Lates
sont réparties en
Afrique,
au
Moyen‑Orient,
en
Asie du Sud‑Est,
en
Australie
et dans l’océan
Indien.
Elles occupent une grande diversité de milieux : eaux douces
tropicales, estuaires saumâtres, lagons côtiers et zones marines peu
profondes. Le
Lates niloticus
vit dans les grands fleuves et lacs africains (Nil, lac Victoria,
lac Turkana). Le
Lates calcarifer
(barramundi) fréquente les estuaires, les mangroves et les zones
côtières de l’Inde à l’Australie. Les autres espèces, plus
discrètes, occupent des habitats marins côtiers ou des systèmes
fluviaux tropicaux.
Les
Lates
sont des
prédateurs opportunistes,
actifs surtout à l’aube et au crépuscule. Ils se nourrissent de
poissons, crustacés, céphalopodes et parfois de petits vertébrés.
Leur comportement est souvent solitaire, sauf lors des migrations
reproductives. La reproduction varie selon les espèces. Le
Lates calcarifer
est
protandrique
: il naît mâle puis devient femelle en vieillissant. Il migre vers
les estuaires pour frayer en eau saumâtre. Le
Lates niloticus
se reproduit en eau douce, souvent dans des zones calmes et
végétalisées. Les œufs sont généralement pélagiques ou dispersés
dans la colonne d’eau, et les larves dérivent avant de rejoindre les
habitats littoraux ou fluviaux.
Les
Lates
se distinguent par leur rôle écologique majeur en tant que
prédateurs supérieurs
dans les écosystèmes tropicaux. Leur croissance rapide, leur
longévité et leur capacité à coloniser divers milieux en font des
espèces dominantes. Le
Lates niloticus
est tristement célèbre pour son introduction dans le
lac Victoria,
où il a provoqué l’effondrement de centaines d’espèces de Cichlidés
endémiques. Le
Lates calcarifer
est l’un des poissons les plus importants en
aquaculture
et en
pêche commerciale
dans l’Indo‑Pacifique.
Le genre comprend environ
11 à 13 espèces,
selon les classifications. Les principales sont :
Lates niloticus
—
perche du Nil
Lates calcarifer
—
barramundi
Lates japonicus
—
perche japonaise
Lates mariae
—
perche du Tanganyika
Lates angustifrons
—
perche à front étroit
Lates microlepis
—
perche à petites écailles
Lates stappersii
—
perche de Stappers
Lates
longispinis
—
perche à longues épines.
Ces espèces montrent une diversité écologique importante, allant des
grands prédateurs lacustres africains aux poissons côtiers
indo‑pacifiques. |
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Espèce |
Genèse du nom |
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Lates
mariae
— Perche de Marie
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Le nom
mariae est un hommage nominal, comme c’est très courant
en taxonomie zoologique. L’espèce a été décrite en 1898 par
le zoologiste britannique George Albert Boulenger, l’un des
plus grands ichtyologistes et herpétologistes de son époque.
Dans sa description originale, Boulenger a choisi l’épithète
mariae pour dédier l’espèce à une femme nommée Marie.
Comme souvent dans les descriptions du XIX siècle, l’auteur n’a pas
explicitement précisé l’identité complète de la personne honorée,
mais les analyses historiques indiquent qu’il s’agirait très
probablement : • soit d’une proche collaboratrice ou
assistante dans les collections du British Museum, • soit d’une
mécène ou personnalité associée aux expéditions africaines,
• soit d’une dédicace personnelle (famille ou connaissance de
Boulenger). |
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Lates
calcarifer
— Barramundi
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Le mot
Barramundi provient de langues aborigènes australiennes, plus
précisément de dialectes du Queensland. L’étymologie la plus
largement acceptée indique qu’il dérive de deux termes aborigènes :
• barra = grand, écailleux ou poisson • mundi
= eau ou rivière Le sens global est donc : « poisson d’eau »
ou « grand poisson d’eau douce »
À l’origine, ce nom ne désignait pas Lates calcarifer.
Dans plusieurs langues aborigènes, « barramundi » servait à nommer
d’autres grands poissons d’eau douce, notamment : •
Scleropages leichardti (arowana australienne) • Scleropages
jardinii (arowana du Nord)
Ce n’est qu’au XX siècle que le nom Barramundi a été
transféré à Lates calcarifer, car : • c’était un poisson très
important pour la pêche commerciale et sportive • il avait besoin
d’un nom vernaculaire attractif et facilement prononçable • les noms
aborigènes étaient valorisés dans la culture australienne moderne
Ainsi, le nom «Barramundi» a été réaffecté pour des raisons
pratiques et commerciales, et s’est imposé internationalement. |
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