Les Theraphosa sont les
plus grandes mygales du monde, avec un corps de 9 à 12 cm
et une envergure pouvant atteindre 28 à 30 cm, ce qui en
fait des araignées massives, lourdes et puissantes ; elles
possèdent un céphalothorax large, un abdomen
volumineux, des pattes épaisses, des crocs de plus
de 2 cm, et une pilosité dense ; la coloration varie du brun
foncé au brun rougeâtre selon les espèces, comme chez
Theraphosa blondi, la plus massive, ou Theraphosa stirmi,
plus rousse.
Les Theraphosa sont
endémiques du nord de l’Amérique du Sud, présentes au
Venezuela, au Guyana, au Suriname, au
Brésil et en Guyane française ; elles vivent dans les
forêts tropicales humides, près des cours d’eau,
dans des terrains boueux, des zones marécageuses
et des terrasses forestières ; elles occupent des
terrriers profonds ou des cavités naturelles,
recherchant une humidité élevée et des températures stables.
Les Theraphosa sont des
prédateurs opportunistes se nourrissant de gros insectes,
coléoptères, criquets, blattes, mais aussi
de petits vertébrés comme des grenouilles,
lézards, souris, oiseaux au sol et même de
petits serpents ; leur puissance leur permet de maîtriser des
proies plus grandes qu’elles, qu’elles immobilisent grâce à
leurs crocs et à leur force musculaire.
Les Theraphosa sont
nocturnes, solitaires et passent la majorité de leur
vie dans leur terrier ; les femelles vivent 15 à 20 ans,
tandis que les mâles ne dépassent pas 3 à 6 ans ; la
reproduction est délicate, le mâle risquant d’être tué après
l’accouplement ; les femelles pondent 50 à 200 œufs dans
un cocon qu’elles gardent plusieurs semaines, et les jeunes
restent dans le terrier avant de se disperser.
Les Theraphosa se
distinguent par leur taille record, leur force,
leurs soies urticantes très irritantes, leur
comportement défensif impressionnant, et leur capacité à
produire un sifflement (stridulation) en frottant leurs
pattes ; elles sont également connues pour leur longévité,
leur croissance lente, et leur statut emblématique de «
plus grandes araignées du monde ».
Le venin des Theraphosa est
faible à modéré, comparable à une piqûre de guêpe,
sans danger vital pour l’humain ; la véritable dangerosité
provient des soies urticantes, extrêmement irritantes
pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, pouvant
provoquer des inflammations sévères ; leurs crocs, très longs,
peuvent infliger des morsures profondes, mais les
accidents graves sont rares ; elles ne sont pas considérées
comme dangereuses malgré leur apparence impressionnante.
Les Theraphosa ont
relativement peu de prédateurs en raison de leur taille
gigantesque, de leurs soies urticantes et de leurs
crocs puissants, mais plusieurs animaux sont capables de les
attaquer : les mammifères insectivores comme les coatis,
les opossums et certains petits carnivores forestiers ; les
oiseaux tels que les hérons, les chouettes et les caracaras,
capables de saisir une mygale hors de son terrier ; les
serpents spécialisés dans la prédation d’arachnides,
notamment certains colubridés et boïdés sud‑américains ; les
amphibiens géants comme les grosses grenouilles
Ceratophrys qui peuvent avaler de jeunes individus ; les
arthropodes prédateurs comme les scolopendres géants du
genre Scolopendra, capables de tuer même de grandes
mygales ; enfin, les parasitoïdes (mouches et guêpes)
peuvent attaquer les jeunes stades ; malgré ces menaces, les
adultes de Theraphosa blondi, Theraphosa stirmi et
Theraphosa apophysis restent rarement prédatés grâce à
leur taille, leur force et leur comportement défensif.
Le genre Theraphosa
comprend trois espèces reconnues : Theraphosa blondi
— la mygale Goliath, la plus massive ; Theraphosa stirmi
— la Goliath rousse, plus claire et plus velue ; Theraphosa
apophysis — la Goliath rose, reconnaissable à ses pattes
rosées ; ces trois espèces partagent une morphologie similaire
mais diffèrent par leur coloration, leur répartition et certains
détails anatomiques.
Les trois espèces du genre Theraphosa — Theraphosa
blondi, Theraphosa stirmi et Theraphosa apophysis
— présentent une morphologie générale similaire (taille
gigantesque, pattes épaisses, crocs massifs, pilosité dense),
mais se distinguent par plusieurs critères précis : T. blondi,
la plus massive, possède un corps très sombre, brun chocolat à
noir, avec des pattes épaisses et une pilosité courte ; ses
tibias sont uniformes, sans marques claires, et ses poils
urticants sont particulièrement abondants ; T. stirmi,
souvent appelée « Goliath rousse », se reconnaît à sa coloration
brun‑roux plus chaude, à ses tibias clairs (segments
tibiaux nettement plus pâles que le reste des pattes), à une
pilosité plus longue et plus dense, et à un aspect globalement
plus velouté ; elle est légèrement moins massive que T.
blondi mais peut atteindre une envergure similaire ; T.
apophysis, la plus distincte morphologiquement, possède des
pattes rosées chez les juvéniles (caractéristique
unique), un corps plus élancé, des pattes plus longues et plus
fines, et des épines tibiales plus marquées ; chez
l’adulte, la coloration devient brun foncé mais conserve un
reflet rougeâtre ; elle est souvent considérée comme la plus
grande en envergure grâce à ses pattes allongées ; en résumé,
T. blondi est la plus massive et sombre, T. stirmi la
plus rousse et veloutée, et T. apophysis la plus élancée
et identifiable par ses pattes rosées juvéniles et ses tibias
épineux.