Autres téléostéens

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Classification ()
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Vertébrés-Gnathostomes-Poissons-Ostéichthyens-Actinoptérygiens-Téléostéens
 (Anguilles et assimilés, grands gosiers, tarpons, arapaïmas, mormyres, laquaiches, poissons-bananes, notacanthes... )
 

 

Ordre

Espèces représentatives

Description

Anguilliformes (Elopomorphes)
(env 1.000 esp)

1. Distribution géographique
2. Place des Anguilliformes au sein des Elopomorphes
3. Points communs entre les Anguilliformes
4. Diversité, nombre de genres et d’espèces chez les Anguilliformes

 

Les Anguilliformes sont présents dans tous les océans du globe, depuis les eaux tropicales jusqu’aux zones tempérées et parfois subpolaires. La majorité des espèces est strictement marine, occupant les récifs, les fonds sableux, les pentes continentales, les grottes, les zones bathyales et les eaux pélagiques profondes. Certaines familles, comme les Anguillidae, effectuent des incursions en eau douce, mais toutes les espèces se reproduisent en mer. Leur distribution est donc cosmopolite, couvrant un gradient écologique allant de la surface jusqu’à plus de 3000 mètres de profondeur.

Les Anguilliformes constituent un ordre de Téléostéens appartenant au vaste groupe des Elopomorphes, aux côtés des Elopiformes (tarpons), des Albuliformes (poissons‑os) et des Notacanthiformes. Les Elopomorphes sont l’un des clades les plus basaux des Téléostéens modernes. Leur caractéristique la plus distinctive est la présence de larves leptocéphales, transparentes et aplaties, uniques à ce groupe. Les Anguilliformes représentent la branche la plus diversifiée des Elopomorphes, avec une morphologie très dérivée par rapport aux autres Téléostéens.

Les Anguilliformes partagent plusieurs traits essentiels. Ils possèdent un corps allongé, serpentiforme, avec une réduction ou absence des nageoires pectorales selon les familles. Leur nageoire dorsale est longue et fusionnée avec les nageoires anale et caudale. Leur peau est souvent épaisse, parfois dépourvue d’écailles, et recouverte d’un mucus protecteur. Leur squelette présente des modifications importantes, notamment une réduction des os du crâne et de la ceinture pectorale. Ils sont carnivores, souvent nocturnes, et vivent dans des habitats benthiques ou pélagiques. Leur reproduction est ovipare, avec des œufs pélagiques et des larves leptocéphales, qui dérivent longtemps dans les courants océaniques avant de se métamorphoser.

Les Anguilliformes regroupent environ 20 familles, plus de 150 genres et environ 1000 espèces, ce qui en fait l’un des ordres les plus diversifiés des poissons marins. Les Muraenidae (murènes) comptent environ 200 espèces, spécialisées dans les récifs tropicaux. Les Congridae (congres et murènes‑jardinières) regroupent plus de 180 espèces. Les Ophichthidae (anguilles‑serpents) comprennent plus de 300 espèces, souvent fouisseuses. Les Anguillidae (anguilles d’eau douce) ne comptent qu’une quinzaine d’espèces, mais sont célèbres pour leurs migrations océaniques. Les Nettastomatidae, Synaphobranchidae, Derichthyidae et d’autres familles complètent la diversité, avec des espèces vivant parfois à plus de 2000 mètres de profondeur. Cette diversité reflète une radiation évolutive ancienne, marquée par des adaptations extrêmes à la vie benthique ou pélagique.

Saccopharyngiformes (Elopomorphes)
env 6 gen, env 25 esp

Anguille-pélican (Eurypharynx pelecanoides)
Grand gosier fouetté (Saccopharynx flagellum)
Cyème noir (Cyema atrum)
Neocyème rouge (Neocyema erythrosoma)

 

Nothacanthiformes (Elopomorphes)
env 5 gen, env 20 esp

Notacanthus chemnitzii — Notacanthe de Chemnitz
Halosaurus ovenii — Halosaure d’Oven
Halosaurus johnsonianus — Halosaure de Johnson
Notacanthus bonaparte — Notacanthe de Bonaparte

 

Elopiformes-(Elopomorphes)
(2 gen, env 10 esp)

Elops saurus – Poisson-ladyfish
Elops machnata – Ladyfish africain
Megalops atlanticus – Tarpon de l’Atlantique
Megalops cyprinoides – Tarpon indo-pacifique

 

Albuliformes-(Elopomorphes)
3 genres, 23 espèces

Albula vulpes — Poisson banane de l’Atlantique
Albula glossodonta — Poisson banane de l’Indo-Pacifique
Albula nemoptera — Poisson banane à nageoires allongées
Pterothrissus gissu — Poisson banane profond du Japon

                             

 

 

 

Ostéoglossiformes-(Osteoglossomorphes)
(env 30 gen, env 245 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Migration
6. Prédateurs
6. Points communs et diversité des familles chez les Ostéoglossiformes
 

        
                    

 

 

 

Arapaima gigas — arapaïma géant
(moins de 4,5 m, moins de 300 kg)
 Arapaima leptostoma — arapaïma à museau fin
(moins de 1 m)

Osteoglossum bicirrhosum
— arowana argenté
(moins de 90 cm, moins de 6 kg)
Osteoglossum ferreirai
— arowana noir
(moins de 1,1 m)

Scleropages formosus — arowana asiatique
(moins de 90 cm, moins de 6  kg)
Scleropages jardinii — arowana de Jardine
(moins de 90 cm, moins de 20 kg)

Gnathonemus petersii — mormyre éléphant
(moins de 35 cm, moins de 500 g)
Mormyrus rume — mormyre du Nil
(moins de 1 m,  moinx de 6 kg)

                             

                             

 

 

 

Les Ostéoglossiformes sont des poissons strictement d’eau douce dans leur forme actuelle. Ils sont présents en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie du Sud et du Sud‑Est, ainsi qu’en Australie. Toutes les ≈245 espèces vivantes occupent des rivières, lacs, marécages et plaines inondables des régions tropicales et subtropicales. Leur répartition est dite gondwanienne, car ils ont évolué avant la fragmentation du supercontinent Gondwana .

Les Ostéoglossiformes présentent une grande variation de taille. Le plus petit, Pollimyrus castelnaui, mesure 2 cm, tandis que le plus grand, l’Arapaima gigas, atteint 2,5 m. Le poids varie de quelques grammes chez les petites espèces à plus de 100 kg chez les grands arapaimas .

Ce sont des poissons d’eau douce vivant dans les rivières lentes, les lacs, les marécages et les zones inondées. Leur alimentation varie selon les familles : insectes, petits poissons, crustacés, plancton, fruits ou proies benthiques. Ils possèdent une langue osseuse dentée utilisée pour broyer les proies. Plusieurs groupes présentent des comportements reproducteurs complexes, comme l’incubation buccale chez les arowanas. Les Mormyridae et Gymnarchidae utilisent des décharges électriques pour communiquer, s’orienter et détecter leurs proies .

Les Ostéoglossiformes possèdent des caractéristiques uniques : • une langue osseuse dentée (d’où leur nom « bony tongues ») • un tube digestif passant à gauche de l’estomac, contrairement à tous les autres poissons téléostéens • des organes électriques chez les Mormyridae et Gymnarchidae • une répartition gondwanienne très ancienne • une absence d’os intermusculaires et des écailles cycloïdes ornées Ces traits en font un groupe morphologiquement et anatomiquement très distinct au sein des téléostéens .

Les Ostéoglossiformes ne réalisent pas de migrations océaniques. Ce sont des poissons strictement dulçaquicoles. Ils effectuent toutefois des déplacements saisonniers locaux liés aux crues, à la reproduction ou à la recherche de nourriture, notamment dans les plaines inondables africaines et amazoniennes. Ces migrations sont courtes et hydrologiquement dépendantes, jamais transocéaniques.

Les Ostéoglossiformes sont la proie de : • grands poissons prédateurs (cichlidés, siluriformes, characiformes) • oiseaux piscivores (hérons, aigles pêcheurs) • reptiles aquatiques (crocodiles, varans) • mammifères semi‑aquatiques (loutres) Les grandes espèces comme l’arapaima n’ont presque aucun prédateur naturel à l’âge adulte, mais leurs juvéniles sont très vulnérables.

Les Ostéoglossiformes partagent : • une langue osseuse dentée • un système digestif inversé • une répartition exclusivement d’eau douce • une origine gondwanienne • une tendance à la spécialisation sensorielle (vision, électroréception) • des comportements reproducteurs élaborés
Selon les sources taxonomiques actuelles, l’ordre comprend 6 à 7 familles vivantes : • Pantodontidae – 1 espèce • Osteoglossidae – arowanas et poissons‑papillons • Arapaimidae – arapaimas géants • Notopteridae – poissons‑couteaux africains et asiatiques • Gymnarchidae – Gymnarchus niloticus • Mormyridae – poissons‑éléphants, plus de 180 espèces • Hiodontidae (selon les auteurs) – mooneyes nord‑américains La famille la plus diversifiée est Mormyridae, avec 19 genres et plus de 180 espèces, représentant la majorité de la diversité de l’ordre .

Hiodontiformes-(Osteoglossomorphes)
(1 genre, 2 espèces)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Migration
6. Prédateurs
6. Points communs et diversité des familles chez les Hiodontiformes

Hiodon alosoides – Laquaiche aux yeux d’or
Hiodon tergisus – Laquaiche argentée

  

 

Les Hiodontiformes, représentés aujourd’hui uniquement par la famille Hiodontidae, sont des poissons strictement d’eau douce. Leur répartition actuelle est exclusivement nord‑américaine, couvrant les bassins fluviaux du Canada et des États‑Unis, notamment les bassins du Mississippi, du Missouri et des Grands Lacs. FishBase confirme que leur distribution est « North America » . Les autres genres de l’ordre sont fossiles et proviennent d’Asie (Chine, Corée), ce qui montre une ancienne répartition plus large .

Les Hiodontiformes actuels atteignent une longueur maximale d’environ 50 cm, selon FishBase . Leur poids varie généralement entre 0,5 et 2 kg, selon l’âge et l’espèce. Ils possèdent un corps fusiforme, argenté, avec une nageoire caudale bien développée.

Les Hiodontiformes vivent dans les rivières lentes, les lacs et les zones calmes des grands bassins fluviaux. Ils sont piscivores et invertivores, se nourrissant de petits poissons, d’insectes aquatiques et de crustacés. La reproduction est pélagique : les œufs sont libérés en pleine eau et dérivent avec le courant. Ils ne présentent aucun soin parental, ce qui correspond à la catégorie « nonguarders » dans FishBase .

Les Hiodontiformes possèdent plusieurs traits distinctifs : • une mâchoire inférieure proéminente • une nageoire anale longue (22–23 rayons) séparée de la caudale • des pelviennes bien développées avec 7 rayons • une ligne latérale complète avec 54–61 écailles • des yeux très réfléchissants, d’où le nom anglais « mooneye » Ils sont également remarquables par leur position phylogénétique : certains auteurs les placent dans un ordre séparé (Hiodontiformes), mais ITIS et FishBase les intègrent dans les Osteoglossiformes, famille Hiodontidae .

Les Hiodontiformes ne réalisent pas de migrations longues. Ce sont des poissons résidents, effectuant seulement des déplacements locaux entre zones de reproduction et zones d’alimentation. Ils peuvent toutefois se déplacer sur plusieurs dizaines de kilomètres dans les grands fleuves, mais restent confinés aux bassins nord‑américains.

Les Hiodontiformes sont la proie de : • grands poissons prédateurs (brochets, dorés, black‑bass) • oiseaux piscivores (balbuzards, hérons) • mammifères semi‑aquatiques (loutres) Leurs œufs et juvéniles sont particulièrement vulnérables aux poissons insectivores et omnivores.

Les Hiodontiformes partagent : • un corps fusiforme argenté • une nageoire anale longue • une ligne latérale complète • une morphologie primitive proche des Osteoglossiformes • un mode de reproduction sans soins parentaux • une répartition strictement dulçaquicole
L’ordre Hiodontiformes est aujourd’hui quasi entièrement fossile. Il comprend : • 1 famille vivante : Hiodontidae (2 espèces actuelles) • plusieurs genres fossiles : Plesiolycoptera, Yanbiania, Eohiodon.