Colubrids

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Classification ()
Reptiles-Lépidosauromorphes-Squamates-Ophidiens-Aléthinophidias-Colubridés 
(
Couleuvres et assimilés...)

 

Sous-familles

Distribution Description
Dipsadinés
 (env 100 gen, env 700 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Morsure et Dangerosité
6. Diversité et genres chez lez Dipsadinés

 

 Philodryas olfersiiphilodryas d’Olfers
Philodryas patagoniensis
philodryas patagonien
Xenodon merremii
xénodon de Merrem
Xenodon severus
xénodon sévère
 Hydrodynastes gigasfaux anaconda géant
 Thamnodynastes strigatusthamnodynaste strié
 Sibon nebulatussibon nébuleux
 Imantodes cenchoaserpent‑liane à tête étroite

 

 

Les Dipsadinés sont largement répartis dans tout le Nouveau Monde, depuis le sud des États‑Unis jusqu’à l’Argentine, avec une diversité maximale en Amérique centrale et surtout en Amérique du Sud, occupant une grande variété de milieux allant des forêts tropicales humides aux zones tempérées, des milieux montagnards aux zones semi‑ouvertes, leur distribution étant particulièrement dense dans les régions amazoniennes, andiniennes et les forêts atlantiques où la diversité herpétologique est la plus élevée.

Les Dipsadinés présentent des tailles très variables allant de 30 à 150 cm, certaines espèces comme Xenodon ou Philodryas pouvant dépasser 1,5 mètre, avec un poids généralement faible en raison de leur morphologie élancée, leur corps étant souvent fin, agile et adapté à des modes de vie terrestres, fouisseurs ou semi‑arboricoles selon les genres.

Les Dipsadinés sont majoritairement nocturnes ou crépusculaires, se nourrissant de grenouilles, lézards, petits mammifères, oiseaux, invertébrés ou même d’autres serpents selon les genres, la reproduction étant ovipare avec des pontes de 4 à 20 œufs déposés dans des cavités naturelles ou sous la litière, les jeunes étant autonomes dès l’éclosion et adoptant rapidement un régime alimentaire similaire à celui des adultes.

Les Dipsadinés se distinguent par une extraordinaire diversité morphologique et écologique, certains genres comme Xenodon imitant visuellement les vipères, d’autres comme Helicops étant semi‑aquatiques, et plusieurs espèces possédant un venin opisthoglyphe faiblement toxique mais spécialisé pour neutraliser des proies particulières, ce qui en fait l’un des groupes de serpents les plus évolutivement dynamiques du continent américain.

Chez les Dipsadinés, la majorité des espèces sont opisthoglyphes, c’est‑à‑dire dotées de crochets situés à l’arrière de la mâchoire, leur venin étant généralement faible pour l’humain et provoquant au plus des douleurs locales, un œdème ou une inflammation, mais certaines espèces comme Philodryas olfersii ou Philodryas patagoniensis peuvent provoquer des réactions plus marquées avec douleurs intenses, saignements ou œdèmes importants, la dangerosité globale restant toutefois modérée car ces serpents sont peu agressifs et leurs crochets postérieurs rendent l’injection de venin moins efficace sur l’humain.

Les Dipsadinés regroupent plus de 700 espèces réparties dans de nombreux genres tels que Xenodon, Philodryas, Helicops, Sibon, Imantodes, Leptodeira, Thamnodynastes ou Hydrodynastes, cette diversité reflétant une grande variété d’adaptations écologiques allant des espèces arboricoles aux espèces aquatiques, des spécialistes de mollusques aux prédateurs de vertébrés, faisant des Dipsadinés l’un des clades de serpents les plus riches et les plus évolutifs du Nouveau Monde.

Colubrinés
(
env 110 gen, env 650 esp)

1. Présentation de la famille des Colubrinés
 2. Dangerosité
3. Cycle et mode de Reproduction
4. Comparaison et différence avec les autres familles des Colubridés
 5. Genres principaux

 

Les Colubrinés constituent une vaste sous‑famille de serpents appartenant aux Colubridés, regroupant des espèces majoritairement non venimeuses ou dotées d’un venin faiblement toxique, caractérisées par un corps élancé, une grande diversité écologique et comportementale allant des espèces terrestres aux arboricoles, ce qui en fait l’un des groupes de serpents les plus répandus et les plus adaptables du monde.

La dangerosité des Colubrinés est généralement faible, la majorité des espèces étant aglyphes (sans crochets venimeux) ou opisthoglyphes avec un venin modéré, seules quelques espèces comme Boiga, Dispholidus typus (boomslang) ou Thelotornis présentant un venin potentiellement mortel, bien que les accidents graves restent rares en raison de leur comportement discret et de la difficulté d’injection liée à leur dentition arrière.

Les Colubrinés sont majoritairement ovipares, pondant de 5 à 20 œufs selon l’espèce dans des cavités naturelles, sous des pierres ou dans la litière, le cycle comprenant l’accouplement, la ponte, l’incubation et l’éclosion de jeunes totalement autonomes, certaines espèces pouvant présenter plusieurs pontes annuelles dans les régions chaudes tandis que d’autres adoptent un cycle unique dans les zones tempérées.

Les Colubrinés se distinguent des autres sous‑familles des Colubridés par leur faible spécialisation venimeuse, leur grande diversité écologique et morphologique, leur dentition majoritairement aglyphe contrairement aux Dipsadinés souvent opisthoglyphes avec des venins plus puissants, et leur comportement généralement plus généraliste, tandis que les Natricinés sont plus liés aux milieux humides et les Dipsadinés présentent une plus grande variété d’adaptations trophiques et de venins spécialisés.

Les Colubrinés regroupent de nombreux genres importants tels que Coluber, Masticophis, Boiga, Lampropeltis, Pantherophis, Elaphe ou Platyceps, chacun présentant des adaptations écologiques variées allant des espèces rapides et diurnes aux espèces arboricoles nocturnes, illustrant la grande diversité évolutive de cette sous‑famille.

Natricinés
(
env 36 gen, env 250 esp)

1. Présentation de la famille des Natricinés
 2. Dangerosité
3. Cycle et mode de Reproduction
4. Comparaison et différence avec les autres familles des Colubridés
 5. Genres principaux

 

Les Natricinés constituent une sous‑famille de serpents des Colubridés, largement répandus dans l’hémisphère nord, regroupant des espèces majoritairement non venimeuses, souvent semi‑aquatiques, spécialisées dans les milieux humides, caractérisées par un corps robuste, une tête peu distincte du cou, une écologie liée aux zones marécageuses, cours d’eau, prairies humides, et une alimentation dominée par les amphibiens, ce qui en fait l’un des groupes les plus familiers et les plus observés en Europe, Asie et Amérique du Nord.

La dangerosité des Natricinés est très faible, la quasi‑totalité des espèces étant aglyphes (sans crochets venimeux) et incapables d’injecter du venin, les rares espèces opisthoglyphes comme Rhabdophis appartenant en réalité à une autre sous‑famille, les Natricinés étant donc globalement inoffensifs, mordant peu, provoquant seulement des morsures superficielles, parfois accompagnées d’un mucus irritant, sans danger réel pour l’humain.

Les Natricinés sont majoritairement ovipares, pondant de 5 à 30 œufs selon l’espèce dans des cavités humides, sous des pierres ou dans la végétation dense, le cycle comprenant l’accouplement, la ponte, l’incubation et l’éclosion de jeunes autonomes, certaines espèces comme les Natrix pouvant présenter une reproduction très dépendante de la disponibilité en zones humides, tandis que d’autres, comme les Thamnophis, adoptent parfois un mode vivipare dans les régions froides.

Les Natricinés se distinguent des autres sous‑familles des Colubridés par leur forte affinité pour les milieux humides, leur alimentation centrée sur les amphibiens, leur dentition aglyphe et leur absence de venin, contrairement aux Dipsadinés souvent opisthoglyphes et dotés de venins plus puissants, et aux Colubrinés plus généralistes, arboricoles ou terrestres, les Natricinés étant donc les colubridés les plus adaptés aux zones aquatiques et les moins dangereux pour l’humain.

Les Natricinés regroupent des genres importants tels que Natrix (couleuvres européennes semi‑aquatiques), Thamnophis (serpents jarretières nord‑américains), Nerodia (couleuvres aquatiques américaines), Haldea, Storeria ou Virginia, chacun présentant des adaptations écologiques variées allant des espèces strictement aquatiques aux espèces des prairies humides, illustrant la spécialisation hydrique de cette sous‑famille.

Calamariinés
(7 genres, env 90 esp)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Morsure et Dangerosité
6. Diversité et genres chez lez Calamariinés

 

Calamaria schlegelicalamaria de Schlegel
 Calamaria lumbricoideacalamaria lombricoïde
 Calamaria bicolorcalamaria bicolore
Calamaria virgulata
calamaria virgulaire
 Macrocalamus chanardimacrocalamus de Chanard
 Macrocalamus gentingensismacrocalamus du Genting
 Pseudocalamaria pectoralispseudocalamaria pectorale
 Collorhabdium hastatumcollorhabdium hasté

Les Calamariinés sont une sous‑famille de petits serpents asiatiques largement répartis dans le Sud‑Est asiatique, couvrant l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, ainsi que certaines zones du Sud de la Chine, occupant principalement les forêts tropicales humides, les lisières forestières, les zones de sous‑bois, les milieux montagneux humides, et parfois les plantations où ils restent extrêmement discrets et rarement observés.

Les Calamariinés sont des serpents très petits, mesurant généralement 20 à 60 cm, rarement plus, avec un corps fin, léger, souvent adapté à la vie fouisseuse ou au déplacement dans la litière forestière, leur poids étant extrêmement faible, souvent inférieur à 20 g, ce qui en fait l’un des groupes de serpents les plus graciles et miniaturisés d’Asie.

Les Calamariinés sont majoritairement nocturnes et fouisseurs, vivant dans la litière, sous les feuilles, dans les sols humides, se nourrissant principalement de vers, insectes, arthropodes, petites grenouilles ou têtards, la reproduction étant ovipare, avec de petites pontes de 2 à 6 œufs, déposées dans des micro‑cavités humides, les jeunes étant autonomes dès l’éclosion et adoptant immédiatement un mode de vie discret et cryptique.

Les Calamariinés se distinguent par leur miniaturisation extrême, leur morphologie gracile, leur tête étroite, leurs yeux réduits, et leur comportement cryptique, plusieurs genres présentant des couleurs vives ou des motifs contrastés malgré leur petite taille, certains imitant des serpents plus dangereux pour dissuader les prédateurs, leur écologie étant fortement liée aux forêts tropicales humides où ils jouent un rôle important dans la régulation des invertébrés.

Les Calamariinés sont totalement inoffensifs, dépourvus de venin dangereux, leur dentition étant aglyphe, leurs morsures rares et superficielles, incapables de provoquer autre chose qu’une petite piqûre, leur dangerosité pour l’humain étant nulle, ce qui en fait l’un des groupes de serpents les plus sûrs et les plus inoffensifs du Sud‑Est asiatique.

Les Calamariinés regroupent plusieurs genres importants tels que Calamaria (le genre le plus diversifié, spécialisé dans la vie fouisseuse), Pseudocalamaria, Macrocalamus, Collorhabdium ou Calamorhabdium, chacun présentant des adaptations écologiques spécifiques aux sols humides, aux sous‑bois tropicaux ou aux zones montagneuses, illustrant une diversité discrète mais évolutivement riche dans les forêts asiatiques.

Pseudoxenodontinés
(
2 genres, env 12 espèces)

1. Répartition géographique
2. Taille et poids
3. Mode de vie nourriture et reproduction
4.  Particularité
5. Morsure et Dangerosité
6. Diversité et genres chez lez Pseudoxenodontinés

 

Pseudoxenodon macropspseudoxénodon à grands yeux
 Pseudoxenodon bambusicolapseudoxénodon des bambous
 Plagiopholis nuchalisplagiopholis nuqual
 Plagiopholis styaniplagiopholis de Styan

 

Les Pseudoxenodontinés sont une petite sous‑famille de serpents asiatiques répartis dans le Sud‑Est asiatique, le Sud de la Chine, Taïwan, les Himalayas orientaux, et certaines zones du Nord de l’Inde, occupant principalement les forêts tropicales humides, les forêts subtropicales, les zones montagneuses, les lisières forestières, et les milieux de sous‑bois humides, où ils restent discrets et rarement observés.

Les Pseudoxenodontinés sont des serpents de taille moyenne, mesurant généralement 60 à 120 cm, avec un corps fin, souple, et un poids faible, rarement au‑delà de 200 g, leur morphologie étant adaptée à une vie terrestre ou semi‑arboricole dans les forêts denses et humides.

Les Pseudoxenodontinés sont majoritairement nocturnes ou crépusculaires, se nourrissant de grenouilles, crapauds, lézards, invertébrés, et parfois de petits poissons dans les zones humides, la reproduction étant ovipare, avec des pontes de 4 à 12 œufs déposés dans la litière forestière ou sous des pierres, les jeunes étant autonomes dès l’éclosion et adoptant immédiatement un mode de vie discret dans les sous‑bois.

Les Pseudoxenodontinés se distinguent par leur morphologie élancée, leur tête étroite, leurs yeux relativement grands, et surtout par leur comportement cryptique, plusieurs espèces adoptant des postures défensives spectaculaires, comme l’aplatissement du cou ou l’exposition de motifs contrastés, certains genres comme Pseudoxenodon imitant même les vipères pour dissuader les prédateurs, ce qui en fait un groupe évolutivement intéressant malgré sa faible diversité.

Les Pseudoxenodontinés sont aglyphes ou opisthoglyphes très faibles, leur venin étant non dangereux pour l’humain, les morsures provoquant au plus une douleur légère, un œdème discret, ou une irritation locale, leur dangerosité étant donc quasi nulle, ces serpents étant timides, non agressifs, et préférant fuir plutôt que mordre.

Les Pseudoxenodontinés regroupent principalement les genres Pseudoxenodon et Plagiopholis, le premier comprenant des espèces forestières élancées aux comportements défensifs marqués, le second regroupant de très petits serpents fouisseurs des montagnes asiatiques, cette sous‑famille étant l’une des plus discrètes, peu connues, mais morphologiquement distinctes au sein des Colubridés asiatiques. 

 

Les Colubridés les plus dangereux

Les colubridés comptent quelques espèces exceptionnellement dangereuses, capables de provoquer des envenimations mortelles, malgré leur statut de serpents “non venimeux” au sens classique. Les plus redoutés sont les opisthoglyphes à venin hautement hémotoxique ou neurotoxique, comme le boomslang (Dispholidus typus), dont le venin déclenche une coagulation intravasculaire disséminée suivie d’un effondrement complet de la coagulation, provoquant hémorragies internes massives, choc et décès sans antivenin. Les serpents lianes africains (Thelotornis) sont encore plus dangereux en pratique : venin hémotoxique fulgurant, injection profonde, mortalité élevée, accidents souvent mortels en zone rurale. En Asie, les Rhabdophis possèdent des toxines dérivées des crapauds qu’ils accumulent dans leurs glandes nucales, provoquant des hémorragies sévères et des collapsus cardio‑vasculaires. Certaines espèces comme Boiga peuvent injecter des neurotoxines entraînant paralysie et détresse respiratoire, surtout chez les enfants. En Amérique du Sud, des colubridés comme Philodryas provoquent des envenimations comparables à celles des vipères locales, avec nécrose, œdème massif et troubles de la coagulation. En résumé, bien que la majorité des colubridés soient inoffensifs, un petit groupe d’opisthoglyphes possède des venins aussi dangereux que ceux des vipères, parfois mortels, et leur dangerosité réelle est souvent sous‑estimée.

Les colubridés les plus dangereux se trouvent principalement en Afrique, puis en Asie, et plus marginalement en Amérique du Sud. En Afrique, on trouve les deux espèces les plus mortelles : le boomslang (Dispholidus typus) et les serpents lianes (Thelotornis), responsables d’hémorragies internes massives et d’accidents souvent mortels en zones rurales. En Asie, les Rhabdophis accumulent des toxines cardiaques et hémotoxiques capables de provoquer des collapsus cardio‑vasculaires sévères, et certaines Boiga peuvent induire des paralysies dangereuses, surtout chez les enfants. En Amérique du Sud, des colubridés comme Philodryas provoquent des envenimations comparables à celles des vipères locales, avec œdème massif, nécrose et troubles de la coagulation. En résumé : Afrique = colubridés mortels, Asie = colubridés très dangereux, Amérique du Sud = colubridés modérément dangereux mais parfois graves, tandis que l’Europe et l’Amérique du Nord ne comptent aucun colubridé réellement dangereux.

 

Sous-famille

Espèces Toxicité, distribution & dangerosité et cas avérés

Colubrinés

1. Toxicité du Boomslang
2. Distribution geographique
3. Dangerosité
4. Cas avérés

Dispholidus typusBoomslang

Le boomslang possède l’un des venins hémotoxiques les plus puissants du monde, composé de toxines procoagulantes qui déclenchent une coagulation intravasculaire disséminée, suivie d’un effondrement complet de la coagulation. Résultat : hémorragies internes massives, saignements spontanés, choc hypovolémique, et défaillance multi‑organes. La DL50 murine est ≈ 0,05 mg/kg, ce qui en fait l’un des venins les plus toxiques parmi les colubridés. L’espèce injecte 3–8 mg en moyenne, ce qui suffit largement à provoquer une hémorragie systémique sans antivenin. C’est le colubridé le plus dangereux du monde en toxicité réelle.
DL50 estimé à 0,05 mg/kg. Quantité injectée ; 4 mg.

Dispholidus typus est présent dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Zimbabwe, Zambie, Mozambique, Malawi, Tanzanie, Kenya, Ouganda, Éthiopie. Il fréquente les savannes arborées, lisières forestières, zones de bush, jardins ruraux, et les arbres isolés. C’est un serpent strictement arboricole, discret, rarement au sol, ce qui limite les rencontres humaines.

Dangerosité très élevée, mais accidents rares. Le boomslang est calme, non agressif, et mord uniquement si on le manipule ou si on l’attrape. Cependant, sa morsure est extrêmement dangereuse : les symptômes apparaissent parfois tardivement (6–24 h), ce qui peut donner une fausse impression de sécurité avant l’effondrement brutal de la coagulation. Les hémorragies internes peuvent être massives, avec saignements des gencives, nez, vomissements sanglants, hématurie, et choc. Sans antivenin, la mortalité est élevée. En pratique : serpent peu mordeur, mais morsure potentiellement mortelle.

Les cas avérés sont rares, mais documentés. Le cas le plus célèbre est celui de l’herpétologue Karl P. Schmidt, mort en 1957 après avoir été mordu par un boomslang et avoir refusé les soins, documentant ses symptômes jusqu’à son décès. D’autres cas en Afrique australe montrent des hémorragies internes sévères, nécessitant antivenin et transfusions. Les accidents surviennent surtout chez des manipulateurs, herpétologues, ou des personnes tentant de capturer l’animal. En zone rurale, les morsures sont exceptionnelles, mais la mortalité sans traitement est réelle.

Natricinés

1. Toxicité de la  Couleuvre-tigre
2. Distribution geographique
3. Dangerosité
4. Cas avérés

 


 

 

 

Rhabdophis tigrinusCouleuvre tigre

 

La Couleuvre‑tigre possède un venin hémotoxique + neurotoxique, classé Hazard Level 1, le niveau maximal chez les colubridés. Elle combine deux sources de toxicité : son venin propre, injecté via des dents opisthoglyphes, et les bufotoxines qu’elle stocke dans sa peau après avoir mangé des crapauds. Résultat : envenimation double, avec hémorragies internes, hypotension sévère, troubles neurologiques, insuffisance rénale, et parfois choc systémique. La DL50 exacte n’est pas publiée, mais les analyses montrent une toxicité comparable à certains vipéridés asiatiques, ce qui est exceptionnel pour un colubridé.
DL50 estimé à 0,3-0,5 mg/kg. Quantité injectée ; 1-3 mg.

Rhabdophis tigrinus est présente au Japon, à Taïwan, et dans les îles Ryukyu. Elle fréquente les zones humides, rizières, forêts, lisières, bordures de cours d’eau, et les villages ruraux. C’est une espèce semi‑aquatique, souvent observée près des points d’eau où elle chasse crapauds, poissons, amphibiens, et parfois petits reptiles.

Dangerosité réelle élevée, mais dangerosité pratique modérée. La couleuvre‑tigre est discrète, non agressive, et mord rarement. Cependant, lorsqu’elle mord, l’envenimation peut être grave, avec hémorragies, œdème, troubles neurologiques, et choc. Sa particularité — bufotoxines cutanées — peut provoquer des réactions systémiques sévères si la peau est manipulée ou si les toxines pénètrent par une plaie. En pratique : serpent dangereux biologiquement, mais accidents rares car elle évite les humains.

Les cas avérés sont documentés au Japon, principalement chez des manipulateurs, herpétologues, ou des personnes ayant ramassé l’animal. Plusieurs accidents ont entraîné des hémorragies sévères, des hospitalisations longues, et des états de choc. Un cas célèbre décrit une insuffisance rénale aiguë après exposition aux bufotoxines cutanées. Les décès modernes sont exceptionnels, mais les accidents graves existent. En pratique : espèce dangereuse, mais rarement impliquée dans des morsures.

Colubrinés

1. Toxicité du serpent-liane de Kirtland
2. Distribution geographique
3. Dangerosité
4. Cas avérés

 

 

Thelotornis kirtlandiiSerpent liane de Kirtland

Le serpent‑liane de Kirtland possède un venin hémotoxique extrêmement puissant, comparable à celui du boomslang, et classé parmi les plus dangereux de tous les colubridés. Il provoque une coagulation intravasculaire disséminée, suivie d’un effondrement complet de la coagulation, entraînant hémorragies internes massives, saignements spontanés, choc hypovolémique et défaillance multi‑organes. La DL50 murine est ≈ 0,05–0,12 mg/kg, donc très toxique. L’espèce injecte 8–20 mg, ce qui dépasse largement la dose nécessaire pour provoquer une hémorragie systémique. Biologiquement, c’est l’un des serpents les plus mortels d’Afrique.
DL50 estimé à 0,07-0,12 mg/kg. Quantité injectée ; 2-4 mg.

Thelotornis kirtlandii est présent dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne orientale : Kenya, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, Burundi, Zambie, Malawi, Mozambique, Zimbabwe, Botswana, Afrique du Sud. Il fréquente les savannes arborées, lisières forestières, zones de bush, arbres isolés, et les haies rurales. C’est un serpent strictement arboricole, très discret, parfaitement camouflé dans les branches.

Dangerosité extrême, mais accidents rares. Le serpent‑liane de Kirtland est non agressif, très calme, et mord uniquement si on le manipule ou si on le saisit. Cependant, sa morsure est potentiellement mortelle : les symptômes apparaissent souvent tardivement (6–24 h), donnant une fausse impression de sécurité avant l’effondrement brutal de la coagulation. Les hémorragies internes peuvent être massives, avec saignements des muqueuses, vomissements sanglants, hématurie, et choc profond. Sans antivenin, la mortalité est élevée. En pratique : serpent peu mordeur, mais morsure catastrophique.

Les cas avérés sont rares, mais documentés. Plusieurs accidents en Afrique de l’Est ont entraîné des hémorragies internes sévères, des hospitalisations longues, et des décès en absence de traitement. Les victimes sont généralement des herpétologues, manipulateurs, ou des personnes ayant tenté de capturer l’animal. Les populations rurales connaissent sa dangerosité et l’évitent. En pratique : accidents très rares, mais mortalité réelle lorsqu’ils surviennent.

Colubrinés

1. Toxicité de la  Boïga
2. Distribution geographique
3. Dangerosité
4. Cas avérés

 

Boiga irregularis — Boïga

Les Boïga sont des colubridés opisthoglyphes, dotés d’un venin faiblement à modérément toxique, principalement neurotoxique et cytotoxique léger, mais certaines espèces comme Boiga irregularis et Boiga dendrophila peuvent provoquer des paralysies partielles, douleurs intenses, œdème, et des troubles respiratoires chez l’humain, surtout chez les enfants. Leur venin n’est pas conçu pour tuer de grands mammifères mais pour immobiliser oiseaux, lézards, petits mammifères. La toxicité varie fortement selon les espèces, certaines étant presque inoffensives, d’autres capables d’envenimations sérieuses. Biologiquement, ce sont des colubridés dangereux, mais rarement mortels.
DL50 estimé à 2-5 mg/kg. Quantité injectée ; 0,5-1 mg.

Les Boïga sont largement répartis en Asie du Sud, Asie du Sud‑Est, Inde, Sri Lanka, Indonésie, Philippines, Nouvelle‑Guinée, et jusqu’au nord de l’Australie. Ils occupent les forêts tropicales humides, forêts sèches, zones arbustives, lisières forestières, mangroves, et parfois les zones périurbaines. Leur distribution est étroitement liée à la présence d’arbres, car ce sont des serpents strictement arboricoles, actifs surtout la nuit.

Dangerosité modérée, mais non négligeable. Les Boïga sont nerveux, impressionnants, et peuvent mordre facilement lorsqu’ils sont manipulés. Leur dentition opisthoglyphe nécessite souvent une morsure prolongée pour injecter du venin, ce qui limite les accidents graves. Cependant, certaines espèces comme Boiga dendrophila sont réputées pour leur tempérament affirmé, leur morsure profonde, et des envenimations pouvant entraîner paralysie légère, détresse respiratoire, œdème important, et douleurs intenses. En pratique : serpents dangereux, mais rarement mortels, sauf circonstances particulières (enfants, morsure prolongée, zone sensible).

Les cas avérés sont rares, mais documentés. Boiga irregularis est célèbre pour avoir provoqué des accidents neurologiques chez des enfants, avec paralysie faciale, difficultés respiratoires, et hospitalisation. Boiga dendrophila a causé plusieurs envenimations sévères chez des manipulateurs, avec œdème massif, douleurs violentes, et parfois défaillance respiratoire légère. Dans les zones rurales d’Asie, des morsures entraînent des symptômes neurotoxiques modérés mais réels. Aucun décès moderne confirmé chez l’adulte, mais des accidents sérieux existent. En résumé : colubridés dangereux, mais non mortels dans la grande majorité des cas.

Colubrinés

1. Toxicité de la  Couleuvre de Montpellier
2. Distribution geographique
3. Dangerosité
4. Cas avérés

 

Malpolon monspessulanus — Couleuvre de Montpellier

La Couleuvre de Montpellier possède un venin neurotoxique et cytotoxique léger, injecté via des dents opisthoglyphes situées en arrière de la mâchoire. Le venin est modérément toxique, comparable à celui de certaines Boïga, mais nettement moins puissant que celui des vipères européennes. Il peut provoquer douleur, œdème, engourdissement, paresthésies, vision trouble, faiblesse musculaire, et parfois paralysie légère si la morsure est prolongée (nécessaire pour injecter du venin). La DL50 murine est modérée, et l’espèce injecte peu de venin. Biologiquement : venin réel, mais loin d’être mortel.
DL50 estimé à 1-3 mg/kg. Quantité injectée ; 1-7 mg.

Malpolon monspessulanus
est présente dans tout le bassin méditerranéen occidental : Espagne, Portugal, France sud, Italie, Balkans, Grèce, Turquie, Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye). En France, elle occupe surtout le Sud‑Ouest, le Sud‑Est, la vallée du Rhône, le Languedoc, la Provence, et les zones sèches de Nouvelle‑Aquitaine. Elle fréquente les garrigues, landes sèches, friches, talus, murets, zones agricoles, et les milieux ouverts chauds. C’est un serpent diurne, rapide, très actif.

Dangerosité faible à modérée. La Couleuvre de Montpellier est impressionnante, rapide, parfois dominante, mais peu mordante. Elle mord surtout si elle est manipulée, attrapée, ou acculée. Sa dentition opisthoglyphe nécessite une morsure longue pour injecter du venin, ce qui limite les accidents graves. Les envenimations sont généralement locales : douleur, œdème, engourdissement. Les cas plus sévères (rares) peuvent entraîner troubles neurologiques légers, vision trouble, faiblesse musculaire, mais pas de danger vital. En pratique : serpent venimeux, mais non dangereux pour l’humain adulte.

Les cas avérés en France et en Espagne sont rares et presque toujours liés à des manipulations. Plusieurs herpétologues ont rapporté des paresthésies, œdèmes, douleurs prolongées, et parfois faiblesse musculaire après une morsure longue. Aucun décès moderne n’est documenté. Les accidents surviennent surtout chez des manipulateurs, photographes, ou des personnes ayant tenté de saisir l’animal. En zone rurale, les morsures sont exceptionnelles. En résumé : espèce venimeuse, mais dangerosité réelle très faible.