Otocéphales

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Classification ()
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Vertébrés-Gnathostomes-Poissons-Ostéichthyens-Actinoptérygiens-Téléostéens-Otocéphales
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Ordres

Description

Characiformes
(env 270 gen env 3.200 esp)

 

1. Distribution géographique
2. Place des Characiformes au sein des Ostariophysiens
3. Points communs entre les Characiformes
4. Diversité, nombre de genres et d’espèces chez les Characiformes

 

Les Characiformes sont presque exclusivement présents en Amérique du Sud, en Amérique centrale, au Mexique et en Afrique. Leur diversité est maximale en Amérique du Sud, notamment dans les bassins de l’Amazone, de l’Orénoque, du Paraná et du Tocantins, où vivent des milliers d’espèces. En Afrique, ils sont bien représentés dans les bassins du Congo, du Niger, du Nil et du Zambèze. Ils sont absents d’Europe, d’Amérique du Nord (sauf quelques espèces au sud du Mexique), d’Asie et d’Australie. Leur distribution reflète une ancienne séparation entre les continents sud‑américain et africain, ce qui explique la présence de lignées parallèles sur ces deux continents.

Les Characiformes constituent l’un des ordres majeurs des Ostariophysiens, aux côtés des Cypriniformes, Siluriformes, Gymnotiformes et Gonorynchiformes. Ils appartiennent au super‑ordre des Ostariophysi, caractérisé par l’appareil de Weber et la substance d’alarme. Parmi les Ostariophysiens, les Characiformes représentent la radiation sud‑américaine et africaine des poissons à nageoires rayonnées, occupant une position intermédiaire entre les Cypriniformes (Eurasie) et les Siluriformes (cosmopolites). Ils sont considérés comme un groupe très évolué au sein des Ostariophysiens, avec une grande diversité morphologique et écologique.

Les Characiformes partagent plusieurs caractéristiques distinctives. Comme tous les Ostariophysiens, ils possèdent un appareil de Weber, améliorant l’audition, et produisent une substance d’alarme libérée lorsque la peau est blessée. Ils se distinguent par la présence fréquente d’une nageoire adipeuse située entre la dorsale et la caudale. Ils possèdent des dents bien développées dans la bouche, souvent adaptées à des régimes variés, allant du carnivorisme (piranhas) à l’omnivorisme ou au frugivorisme. Leur corps est généralement couvert d’écailles cycloïdes, et leur nageoire caudale est homocerque. Leur diversité morphologique est grande, mais ils conservent une base anatomique commune, notamment dans la structure du crâne, des mâchoires et des arcs branchiaux.

Les Characiformes comptent environ 2 300 espèces, réparties dans plus de 270 genres et environ 24 familles. Les familles les plus riches sont les Characidae (tétras), les Serrasalmidae (piranhas, pacus), les Crenuchidae, les Hemiodontidae et les Alestidae (tétras africains). Les Characiformes représentent l’un des groupes les plus diversifiés des eaux douces tropicales, occupant presque toutes les niches écologiques : prédateurs, herbivores, frugivores, insectivores, planctonophages ou détritivores. Leur diversité exceptionnelle reflète une longue histoire évolutive dans les milieux fluviaux d’Amérique du Sud et d’Afrique.

Cypriniformes
(env 320 gen env 4.500 esp)

1. Distribution géographique
2. Place des Cypriniformes au sein des Ostariophysiens
3. Points communs entre les Cypriniformes
4. Diversité, nombre de genres et d’espèces chez les Cypriniformes

 

Les Cypriniformes sont largement distribués dans les eaux douces de l’hémisphère Nord et des régions tropicales. Ils sont présents en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique du Nord et dans une partie de l’Amérique centrale, mais absents d’Amérique du Sud et d’Australie. Leur diversité est maximale en Asie, notamment en Chine, en Asie du Sud‑Est et dans le bassin de l’Inde. L’Afrique abrite également de nombreuses espèces, surtout dans les bassins du Nil, du Congo et du Niger. En Europe, ils constituent le groupe dominant des poissons d’eau douce, avec les carpes, gardons, tanches et barbeaux. En Amérique du Nord, ils sont très répandus dans les rivières et lacs, notamment les Cyprinidés et les Catostomidés. Leur distribution reflète une longue histoire évolutive dans les milieux fluviaux de l’hémisphère Nord.

Les Cypriniformes constituent l’un des ordres majeurs des Ostariophysiens, aux côtés des Siluriformes, Characiformes, Gymnotiformes et Gonorynchiformes. Ils appartiennent au super‑ordre des Ostariophysi, caractérisé par l’appareil de Weber et la substance d’alarme. Parmi les Ostariophysiens, les Cypriniformes représentent la radiation la plus diversifiée de poissons strictement non prédateurs, dominée par les carpes, vairons, loches et espèces apparentées. Ils occupent une position évolutive importante, car ils constituent le groupe le plus riche en espèces au sein des Ostariophysiens et dominent les eaux douces de l’Eurasie.

Les Cypriniformes partagent plusieurs caractéristiques distinctives. Ils possèdent un appareil de Weber, améliorant l’audition et la perception des vibrations. Ils produisent une substance d’alarme libérée lorsque la peau est blessée, déclenchant une réaction de fuite chez les congénères. Ils sont dépourvus de dents dans la bouche, un trait unique parmi les Ostariophysiens, mais possèdent des dents pharyngiennes situées dans la gorge, utilisées pour broyer les aliments. Leur bouche est souvent protractile, adaptée à la capture de petites proies ou à la consommation de végétaux. Leur corps est généralement couvert d’écailles cycloïdes, et beaucoup d’espèces présentent des barbillons sensoriels autour de la bouche. Ils sont presque exclusivement dulçaquicoles, avec une grande capacité d’adaptation aux milieux fluviaux, lacustres et torrentiels.

Les Cypriniformes comptent environ 4 500 espèces, ce qui en fait l’un des plus grands ordres de poissons d’eau douce au monde. Ils sont répartis dans plus de 320 genres et environ 12 familles, dont les plus importantes sont les Cyprinidae (carpes, vairons, tanches, barbeaux), les Cobitidae (loches), les Botiidae, les Balitoridae (loches de ruisseaux) et les Catostomidae (meuniers nord‑américains). Les Cyprinidés représentent à eux seuls plus de 2 500 espèces, ce qui en fait la plus grande famille de poissons d’eau douce. Leur diversité exceptionnelle reflète une longue histoire évolutive dans les milieux fluviaux de l’Eurasie et de l’Amérique du Nord, où ils ont colonisé presque toutes les niches écologiques disponibles.

Siluriformes
(env 500 gen env 4.100 esp)

 

1. Distribution géographique
2. Place des Siluriformes au sein des Ostariophysiens
3. Points communs entre les Siluriformes
4. Diversité, nombre de genres et d’espèces chez les Siluriformes

 

 

Les Siluriformes sont présents sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique, et dominent largement les eaux douces tropicales. Leur diversité est maximale en Amérique du Sud, notamment dans les bassins de l’Amazone, de l’Orénoque et du Paraná, où vivent des milliers d’espèces. L’Afrique constitue un autre centre majeur, avec une forte diversité dans les bassins du Congo, du Nil et du Niger. En Asie, ils sont très répandus dans les fleuves de l’Inde, de l’Asie du Sud‑Est, de la Chine et de l’Indonésie. En Amérique du Nord, ils sont bien représentés, surtout dans les rivières et lacs de l’est et du centre du continent. En Europe, leur diversité naturelle est faible, mais plusieurs espèces ont été introduites. Quelques Siluriformes vivent en eaux saumâtres ou marines côtières, mais la grande majorité est strictement dulçaquicole.

Les Siluriformes constituent l’un des ordres majeurs des Ostariophysiens, aux côtés des Cypriniformes, Characiformes, Gymnotiformes et Gonorynchiformes. Ils appartiennent au super‑ordre des Ostariophysi, caractérisé par l’appareil de Weber et la substance d’alarme. Au sein de ce super‑ordre, les Siluriformes représentent la radiation la plus spécialisée des poissons‑chats, avec une grande diversité morphologique et écologique. Ils occupent une position évolutive avancée parmi les Ostariophysiens, ayant développé des adaptations uniques comme la réduction ou l’absence d’écailles, des barbillons sensoriels très développés et des armures osseuses chez certaines familles.

Les Siluriformes partagent plusieurs caractéristiques distinctives. Ils possèdent des barbillons sensoriels autour de la bouche, utilisés pour détecter les proies dans les eaux troubles. Leur corps est généralement dépourvu d’écailles, remplacées par une peau nue ou par des plaques osseuses chez certaines familles. Leur nageoire dorsale et leur nageoire pectorale portent souvent un rayon épineux robuste, parfois venimeux. Leur squelette crânien est fortement ossifié, et leur bouche est souvent large et infère. Comme tous les Ostariophysiens, ils possèdent un appareil de Weber, améliorant l’audition, et produisent une substance d’alarme libérée lorsque la peau est blessée. Leur comportement est souvent nocturne, et beaucoup d’espèces présentent des adaptations à la vie benthique. Leur diversité morphologique est grande, mais ces traits communs permettent de les reconnaître facilement.

Les Siluriformes comptent environ 4 000 espèces, ce qui en fait l’un des plus grands ordres de poissons d’eau douce au monde. Ils sont répartis dans plus de 500 genres et environ 40 familles. Les familles les plus riches sont les Loricariidae (poissons‑chats cuirassés), les Heptapteridae, les Pimelodidae, les Callichthyidae (corydoras), les Ictaluridae (poissons‑chats nord‑américains) et les Clariidae (poissons‑chats marcheurs). Leur diversité exceptionnelle reflète une longue histoire évolutive dans les milieux fluviaux tropicaux, où ils ont colonisé presque toutes les niches écologiques : benthiques, pélagiques, cavernicoles, électriques, cuirassées, venimeuses ou géantes comme le Silure glane.

 

Ordres

Espèces représentatives

Description

Clupeiformes
(env 50 gen, env 405 esp)

Clupea harengus — hareng de l’Atlantique
Clupea pallasii — hareng du Pacifique
Sardina pilchardus
— sardine européenne
Sardinops sagax
— sardinops du Pacifique
Engraulis encrasicolus — anchois européen
Engraulis ringens — anchois du Pérou
Alosa alosa
— alose vraie
 Alosa fallax — alose feinte

 

Gonorynchiformes
(env 7 gen, env 37 esp)

Chanos chanos – poisson‑lait
 Gonorynchus gonorynchus – poisson‑souris
 Cromeria nilotica – cromérie du Nil
 Phractolaemus ansorgii – phractolème d’Ansorgii 
Kneria wittei
– kneria de Witte
 Parakneria marmorata – parakneria marbrée

 

Gymnotiformes
(env 30 gen, env 134 esp)

1. Taille et poids
2. Distribution géographique et habitat
3. Mode de vie et reproduction
4. Particularité des Gymnotiformes

5.Dangerosité de certaines espèces
6. Diversité, nombre de genres et d’espèces chez les Gymnotiformes

 

 

 

 

Electrophorus electricus – anguille électrique
Electrophorus voltai – anguille électrique de Volta Electrophorus varii – anguille électrique de Vari
Apteronotus albifrons
– poisson‑couteau fantôme noir Apteronotus leptorhynchus – poisson‑couteau brun Eigenmannia virescens – poisson‑couteau de verre
 Gymnotus carapo – poisson‑couteau à bandes
Gymnotus pantherinus – poisson‑couteau panthère

                            

                            

 

 

Les Gymnotiformes présentent une grande variabilité morphologique, allant de petites espèces de moins de 10 cm pour certains Hypopomidae ou Rhamphichthyidae, jusqu’aux géants du genre Electrophorus, dont Electrophorus electricus et Electrophorus voltai, pouvant dépasser 2 m et atteindre 20 kg, ce qui en fait les plus grands poissons électriques d’eau douce.

Les Gymnotiformes sont strictement néotropicaux et se rencontrent uniquement en Amérique du Sud et marginalement en Amérique centrale, principalement dans les bassins de l’Amazone, de l’Orénoque, du Paraná–Paraguay, du Magdalena et dans les zones côtières atlantiques du Brésil, occupant des eaux douces tropicales lentes, turbides, marécageuses ou inondées, souvent pauvres en lumière et en oxygène.

Les Gymnotiformes sont majoritairement nocturnes, solitaires et benthiques, utilisant l’électrolocalisation pour se déplacer, chasser et communiquer dans des eaux sombres, leur reproduction étant variable selon les familles, certaines espèces comme Electrophorus construisant des nids de mousse surveillés par le mâle, tandis que d’autres, notamment les Apteronotidae, présentent des comportements reproducteurs plus discrets et mal documentés.

La particularité centrale des Gymnotiformes réside dans la présence d’organes électriques spécialisés permettant la production de champs électriques continus ou pulsés, utilisés pour la communication, la navigation, la détection des proies et parfois la défense, associés à un corps allongé dépourvu de nageoire dorsale, une longue nageoire anale assurant la propulsion, une vision réduite compensée par l’électrosensibilité et une adaptation extrême aux eaux turbides ou hypoxiques.

La majorité des Gymnotiformes sont inoffensifs, mais certaines espèces du genre Electrophorus (anguilles électriques) peuvent produire des décharges dépassant 600 volts, capables d’étourdir un humain, de provoquer une chute, une paralysie temporaire ou un arrêt respiratoire, tandis que les autres espèces ne génèrent que de faibles champs électriques non dangereux. L’électrisation chez les Gymnotiformes repose sur la présence d’organes électriques spécialisés capables de produire des décharges faibles ou fortes selon les espèces, la majorité générant seulement des champs électriques de faible intensité pour la communication et l’électrolocalisation, tandis que quelques espèces du genre Electrophorus (dont Electrophorus electricus, Electrophorus voltai et Electrophorus varii) sont capables de produire des décharges puissantes dépassant 600 volts, utilisées pour la prédation, la défense et la neutralisation de proies, faisant d’elles les seuls poissons d’eau douce réellement dangereux par électrisation, alors que les autres familles comme les Apteronotidae, Sternopygidae, Rhamphichthyidae ou Hypopomidae ne produisent que des impulsions électriques faibles, totalement inoffensives pour l’humain.

Les Gymnotiformes constituent un ordre très diversifié comprenant environ 6 familles, plus de 30 genres et plus de 250 espèces décrites, avec une diversité particulièrement élevée dans les familles Apteronotidae, Sternopygidae, Hypopomidae, Rhamphichthyidae, Gymnotidae et Electrophoridae, cette richesse taxonomique étant concentrée dans les bassins tropicaux de l’Amazone, de l’Orénoque et du Paraná–Paraguay, où de nouvelles espèces sont régulièrement découvertes grâce aux explorations en forêts inondées et aux analyses génétiques modernes, faisant des Gymnotiformes l’un des groupes de poissons d’eau douce les plus dynamiques sur le plan de la découverte et de la révision systématique.