Mammifères

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Classification  ((env 1.340 gen, env 6.760 esp)
Métazoaires-Triploblastiques-Cordés-Deutérostomiens-Vertébrés-Gnathostomes-Tétrapodes-Mammifères
(Vertébrés supérieurs)

Clade

Description

Métathèriens
(env 80 gen, env 330 esp)


1. Morphologie et description des Métathèriens
2. Classification des Métathèriens au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Métathèriens

Les Métathériens regroupent les marsupiaux et leurs proches parents fossiles. Ils se caractérisent par une morphologie intermédiaire entre les mammifères placentaires (Euthériens) et les mammifères ovipares (Protothériens). Leur squelette présente un angle mandibulaire recourbé, une dentition plus complète que celle des placentaires, souvent avec un nombre élevé d’incisives et de molaires, et une fenêtre palatine élargie. Leur système reproducteur est distinct : les femelles possèdent deux vagins latéraux et un canal médian pour la mise bas, tandis que les mâles ont un pénis bifide. Le développement embryonnaire est très court, donnant naissance à un nouveau‑né minuscule et immature qui grimpe jusqu’aux mamelles, souvent situées dans une poche marsupiale. Leur morphologie varie fortement selon les groupes : formes sauterelles chez les kangourous, fouisseuses chez les wombats, arboricoles chez les opossums, glisseuses

Les Métathériens constituent l’un des trois grands ensembles de mammifères vivants. Ils se situent entre les Protothériens (monotrèmes) et les Euthériens (placentaires). Ils appartiennent au clade Theria, qui regroupe tous les mammifères vivipares. Au sein de ce clade, ils forment la branche Metatheria, distincte de la branche Eutheria. Les Métathériens comprennent les marsupiaux actuels (Australie, Amériques) et de nombreuses lignées fossiles aujourd’hui éteintes. Leur origine remonte au Crétacé, probablement en Amérique du Nord, avant une dispersion vers l’Amérique du Sud puis l’Australie via l’Antarctique.

Les Métathériens actuels se répartissent en sept ordres vivants, regroupés en deux grandes régions biogéographiques : Amérique : • Didelphimorphia : opossums • Paucituberculata : caenolestes (opossums-rats andins) • Microbiotheria : monito del monte (unique espèce, lien évolutif avec les marsupiaux australiens) Australie et Nouvelle‑Guinée : • Dasyuromorphia : diables de Tasmanie, quolls, dunnarts • Peramelemorphia : bandicoots et bilbys • Diprotodontia : kangourous, koalas, wombats, possums, planeurs • Notoryctemorphia : taupes marsupiales Ces groupes montrent une diversité écologique remarquable, allant des prédateurs carnivores aux herbivores géants, des planeurs arboricoles aux fouisseurs spécialisés, ce qui fait des Métathériens un ensemble clé pour comprendre l’évolution des mammifères.

Afrotheriens
(env 45 gen, env 85 esp
)

 Morphologie et description des Afrothériens
2. Classification des Afrothériens au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Afrothériens

 

Les Afrothériens forment un clade très hétérogène de mammifères, mais ils partagent plusieurs traits anatomiques et génétiques qui témoignent d’une origine commune en Afrique. Leur morphologie varie énormément, allant des éléphants aux musaraignes‑éléphants, des lamantins aux oryctéropes, ce qui en fait l’un des groupes les plus disparates des mammifères. Malgré cette diversité, certains caractères sont récurrents : présence fréquente d’un os pénien (baculum), particularités dentaires comme des molaires à structure complexe, tendance à un placenta peu invasif, et caractéristiques du squelette axial et des membres suggérant une origine terrestre ancienne. Leur diversité morphologique reflète une longue histoire évolutive isolée sur le continent africain, avec des adaptations au fouissage, à la course rapide, à la vie aquatique ou à la grande taille.

Les Afrothériens constituent un grand clade de mammifères placentaires. Ils appartiennent au super‑ordre Afrotheria, l’une des quatre grandes lignées de mammifères placentaires modernes, aux côtés des Xénarthres, des Laurasiathériens et des Euarchontoglires. Leur unité n’a pas été reconnue par la morphologie classique, mais par les analyses moléculaires à partir des années 1990. Les Afrothériens sont donc un groupe monophylétique, issu d’une radiation évolutive ancienne sur le supercontinent Gondwana, principalement en Afrique, alors isolée des autres masses continentales. Ils regroupent des ordres autrefois considérés comme sans lien entre eux, mais désormais unifiés par la phylogénétique.

Les Afrothériens comprennent six ordres vivants, très différents les uns des autres, mais unis par leur origine africaine et leurs signatures génétiques. Proboscidea : éléphants, les plus grands mammifères terrestres actuels. Sirenia : lamantins et dugongs, mammifères aquatiques herbivores. Hyracoidea : damans, petits herbivores rappelant des rongeurs mais proches des éléphants. Tubulidentata : oryctérope du Cap, fouisseur insectivore unique en son genre. Macroscelidea : musaraignes‑éléphants, petits insectivores rapides et sauteurs. Afrosoricida : tenrecs de Madagascar et taupes dorées africaines, souvent convergents avec les insectivores classiques. Ces groupes montrent une diversité écologique exceptionnelle : fouisseurs, coureurs, grimpeurs, nageurs, herbivores géants, insectivores spécialisés. Leur répartition actuelle reste centrée sur l’Afrique et Madagascar, avec une extension secondaire des siréniens dans les eaux tropicales du globe.

Laurasiatheriens
(env 1.650 gen, env 3.050 esp)

1. Morphologie et description des Laurasiatheriens
2. Classification des Laurasiatheriens
au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Laurasiatheriens
 

 

Les Laurasiathériens forment un groupe extrêmement diversifié, comprenant des mammifères aussi différents que les chauves‑souris, les carnivores, les cétacés, les ongulés, les musaraignes ou les taupes. Leur morphologie est donc très variable, allant de formes volantes (chauves‑souris) à des formes aquatiques (baleines), fouisseuses (taupes), rapides et cursoriales (chevaux), ou prédatrices (félins, canidés). Malgré cette diversité, plusieurs traits généraux se retrouvent dans le groupe : un placenta chorioallantoïdien avancé, une dentition tribosphénique modifiée, une tendance à la réduction du nombre de doigts chez les ongulés, et des adaptations locomotrices très spécialisées. Leur diversité morphologique reflète une longue histoire évolutive sur le supercontinent Laurasia, dont ils tirent leur nom.

Les Laurasiathériens constituent l’un des quatre grands super‑ordres de mammifères placentaires, aux côtés des Afrothériens, des Xénarthres et des Euarchontoglires. Ils appartiennent au clade Boreoeutheria, qui regroupe les mammifères placentaires des régions tempérées de l’hémisphère Nord. Leur unité a été révélée par la phylogénétique moléculaire, car la morphologie seule ne permettait pas de les regrouper. Ils représentent aujourd’hui l’un des ensembles les plus riches en espèces, incluant des ordres majeurs comme les Carnivora, les Cetartiodactyla ou les Chiroptera.

Les Laurasiathériens comprennent six grands ordres vivants, couvrant une diversité écologique exceptionnelle. Carnivora : félins, canidés, mustélidés, ursidés, pinnipèdes. Perissodactyla : chevaux, zèbres, rhinocéros, tapirs. Cetartiodactyla : baleines, dauphins, ruminants, suidés, camélidés, hippopotames. Chiroptera : chauves‑souris, seul groupe de mammifères capables de vol actif. Eulipotyphla : musaraignes, taupes, hérissons, solenodons. Pholidota : pangolins, insectivores écailleux. Ces ordres couvrent des niches écologiques allant du vol nocturne à la vie marine profonde, de la prédation terrestre à l’herbivorie spécialisée, ce qui fait des Laurasiathériens l’un des groupes les plus écologiquement expansifs des mammifères.

Euarchontoglires
(env 630 gen, env 3.000 esp)


1. Morphologie et description des Euarchontoglires

2. Classification des Euarchontoglires
au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Euarchontoglires

 

Les Euarchontoglires regroupent un ensemble de mammifères très diversifiés comprenant les primates, les rongeurs, les lagomorphes, les tupayes et les colugos. Leur morphologie varie fortement, mais plusieurs traits généraux se retrouvent dans le groupe. Ils possèdent souvent une dentition adaptée à la mastication efficace, avec des incisives développées chez les rongeurs et lagomorphes, et des molaires complexes chez les primates. Leur cerveau est généralement bien développé, en particulier chez les primates, avec une tendance à l’augmentation du néocortex. Beaucoup présentent une agilité locomotrice élevée, qu’il s’agisse de la course, du saut, de l’escalade ou du vol plané. Les membres montrent une grande variabilité fonctionnelle, allant des mains préhensiles des primates aux pattes fouisseuses de certains rongeurs. Leur diversité morphologique reflète une longue histoire évolutive dans les forêts et milieux tempérés de l’hémisphère Nord.

Les Euarchontoglires constituent l’un des quatre grands super‑ordres de mammifères placentaires, aux côtés des Laurasiathériens, des Afrothériens et des Xénarthres. Ils appartiennent au clade Boreoeutheria, qui regroupe les mammifères placentaires de l’hémisphère Nord. Leur unité a été révélée par la phylogénétique moléculaire, qui a montré que les primates sont plus proches des rongeurs et lagomorphes qu’on ne le pensait. Le super‑ordre se divise en deux grands ensembles : Euarchonta (primates, colugos, tupayes) et Glires (rongeurs et lagomorphes). Cette classification reflète une origine commune probablement située en Eurasie au début du Paléocène.

Les Euarchontoglires comprennent cinq ordres vivants, regroupés en deux grands clades. Euarchonta : • Primates : lémuriens, tarsiers, singes, hominidés, caractérisés par une forte capacité cognitive et des mains préhensiles. • Dermoptera : colugos ou lémurs volants, spécialistes du vol plané arboricole. • Scandentia : tupayes, petits mammifères arboricoles ou terrestres d’Asie du Sud‑Est. Glires : • Rodentia : rongeurs, le plus grand ordre de mammifères, incluant souris, rats, écureuils, castors, capybaras. • Lagomorpha : lapins, lièvres et pikas, caractérisés par des incisives doublées et une digestion spécialisée. Ces groupes couvrent une diversité écologique immense, allant des primates arboricoles aux rongeurs fouisseurs, des colugos planeurs aux lagomorphes rapides, ce qui fait des Euarchontoglires l’un des super‑ordres les plus adaptatifs et les plus répandus des mammifères.

 

Ordre

Clade

Description

Monotrèmes
(2 gen, 5 esp)

1. Morphologie et description des Monotrèmes
2. Classification des Monotrèmes au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Monotrèmes

Protothèriens

Morphologie et description des Monotrèmes Les Monotrèmes sont des mammifères ovipares, caractérisés par une combinaison unique de traits reptiliens et mammaliens. Leur corps est recouvert de poils, ils possèdent des glandes mammaires mais dépourvues de mamelons : le lait suinte par des zones spécialisées de la peau. Leur crâne présente un bec corné chez l’ornithorynque et un museau tubulaire chez les échidnés. Leur système reproducteur est primitif, avec un cloaque unique pour les fonctions digestives, urinaires et reproductrices. Leur température corporelle est plus basse que celle des autres mammifères (environ 32 °C). Leur squelette montre des traits archaïques comme des os épipubiens. Les échidnés sont couverts de piquants, fouisseurs, avec une langue collante pour capturer les insectes ; l’ornithorynque possède un bec sensoriel, des pattes palmées, et les mâles portent un éperon venimeux. Leur taille varie de 30 à 60 cm selon les espèces. Ils pondent des œufs à coquille souple, incubés dans une poche (échidnés) ou dans un terrier (ornithorynque), et les jeunes sont nourris par léchage du lait.

Classification des Monotrèmes au sein des Mammifères Les Monotrèmes appartiennent au règne Animalia, au phylum Chordata, à la classe Mammalia. Au sein des mammifères, ils constituent le sous‑classe ou infra‑classe Prototheria, distinct des Marsupiaux (Metatheria) et des Placentaire (Eutheria). Ils représentent la lignée la plus ancienne des mammifères vivants, apparue il y a plus de 160 millions d’années, conservant des traits ancestraux tout en possédant les caractéristiques essentielles des mammifères (poils, lactation). Leur répartition est aujourd’hui limitée à l’Australie, la Tasmanie et la Nouvelle‑Guinée, témoignant d’une histoire évolutive isolée sur les continents du Gondwana.

Groupes principaux des Monotrèmes Les Monotrèmes actuels se répartissent en deux familles. Les Tachyglossidae regroupent les échidnés, comprenant l’échidné à nez court (Tachyglossus aculeatus) et les échidnés à nez long du genre Zaglossus, couverts de piquants, insectivores, fouisseurs, dotés d’une langue extensible. Les Ornithorhynchidae regroupent l’ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus), mammifère semi‑aquatique unique, à bec corné sensoriel, pattes palmées, queue aplatie, capable de détecter les champs électriques des proies. Ces deux familles illustrent la diversité restreinte mais remarquable des Monotrèmes, combinant des traits archaïques et des adaptations écologiques très spécialisées.

Cingulés
(9 gen, 21 esp)

1. Morphologie et description des Cingulés
2. Classification des Cingulés au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Cingulés

Xénarthres

Les Cingulés sont des mammifères placentaires caractérisés par une carapace dorsale composée d’ostéodermes, des plaques osseuses recouvertes d’écailles kératinisées formant des bandes rigides ou articulées selon les espèces. Ils possèdent un crâne allongé, des dents homodontes sans émail, un rostre étiré, et des vertèbres thoraciques et lombaires dotées d’articulations supplémentaires propres aux xénarthres. Leur queue et parfois leur tête sont également protégées par des plaques osseuses. Les espèces fossiles comme les glyptodontes présentaient une carapace rigide comparable à celle d’une tortue, tandis que les pampathères possédaient des bandes latérales mobiles. Les armadillos actuels sont de petite à moyenne taille, avec une morphologie adaptée au fouissage et à l’alimentation insectivore ou omnivore.

Les Cingulés appartiennent au super‑ordre Xenarthra, aux côtés des fourmiliers et des paresseux. Ils constituent l’ordre Cingulata, apparu en Amérique du Sud au Paléocène, entre 66 et 56 millions d’années. Leur évolution s’est déroulée longtemps en isolement sur ce continent, avant leur expansion vers l’Amérique du Nord lors du Grand Échange Interaméricain au Pliocène et au Pléistocène. Les seuls représentants actuels sont les armadillos, répartis dans deux familles vivantes : Dasypodidae et Chlamyphoridae. Les familles fossiles incluent notamment les Pampatheriidae et les Glyptodontidae, aujourd’hui éteintes.

Les Cingulés comprennent aujourd’hui uniquement les armadillos, mais historiquement plusieurs groupes majeurs ont existé. Familles actuelles : • Dasypodidae : armadillos à bandes, dont Dasypus novemcinctus, seule espèce ayant colonisé l’Amérique du Nord. • Chlamyphoridae : inclut les tatous fées (Chlamyphorus), les tatous velus (Euphractus), les tatous à trois bandes (Tolypeutes) et d’autres genres sud‑américains. Familles fossiles : • Pampatheriidae : grands tatous herbivores atteignant 200 kg, dotés de bandes latérales mobiles. • Glyptodontidae : gigantesques cingulés cuirassés pouvant dépasser 2 tonnes, avec une carapace rigide et parfois une queue en massue. Ces groupes montrent une diversité allant de petits insectivores fouisseurs à des herbivores cuirassés géants, aujourd’hui disparus.

Pilosa
(6 gen, 10 esp)

1. Morphologie et description des Pilosa
2. Classification des Pilosa au sein des Mammifères
3. Groupe principaux des Pilosa

 

Xénarthres

Les Pilosa regroupent les paresseux et les fourmiliers, deux groupes très différents mais partageant des caractéristiques propres aux xénarthres. Leur squelette présente des articulations vertébrales supplémentaires appelées xénarthries, renforçant la colonne. Les fourmiliers possèdent un crâne allongé, un rostre tubulaire, une langue extensible pouvant dépasser 60 cm, et sont dépourvus de dents. Leur musculature thoracique est puissante pour déchirer les termitières. Les paresseux ont un corps compact, des membres longs et recourbés, des griffes puissantes adaptées à la suspension arboricole, et un métabolisme extrêmement lent. Leur pelage peut abriter des algues et des insectes, formant un micro‑écosystème. Les Pilosa présentent un cerveau de petite taille, un métabolisme bas, et une physiologie adaptée à une dépense énergétique minimale.

Les Pilosa appartiennent au super‑ordre Xenarthra, aux côtés des Cingulés (tatous). Ils constituent l’ordre Pilosa, apparu en Amérique du Sud au Paléocène. Leur évolution s’est déroulée en isolement sur ce continent jusqu’au Grand Échange Interaméricain, lorsque l’isthme de Panama s’est formé. L’ordre Pilosa se divise en deux sous‑ordres : Vermilingua (fourmiliers) et Folivora (paresseux). Les Pilosa sont donc un groupe strictement américain, avec une histoire évolutive marquée par des formes fossiles géantes comme les mégathériums, paresseux terrestres pouvant dépasser 4 tonnes.

Les Pilosa comprennent deux grands ensembles vivants. Vermilingua (Fourmiliers) : • Myrmecophagidae : fourmilier géant (Myrmecophaga tridactyla) et tamanduas (Tamandua tetradactyla, T. mexicana). • Cyclopedidae : fourmilier nain (Cyclopes didactylus) et espèces proches, arboricoles et nocturnes. Folivora (Paresseux) : • Bradypodidae : paresseux à trois doigts (Bradypus), arboricoles stricts, à métabolisme très lent. • Choloepodidae : paresseux à deux doigts (Choloepus), plus actifs et omnivores. Les groupes fossiles incluent les Mégathériidés, Mylodontidés et Nothrothériidés, des paresseux terrestres géants aujourd’hui disparus.